Jura : Ludivine Gerardin travaille le feutre et veut relancer la filière laine

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C'est à Offlanges, dans le Jura, que Ludivine Gerardin a eu l'idée de se reconvertir. Après de nombreuses formations, elle décide de devenir feutrière. Un projet qui s'inscrit dans une filière "verte", éthique et sociale.

Par Fatima Larbi

L'histoire d’amour avec la laine de Ludivine Gerardin, feutrière, s’est nouée dans la commune où elle vit, à Offlanges, dans le Jura.

Jusqu’en 2013, Ludivine était paysagiste, conceptrice, elle travaillait avec des petites communes pour les aider dans l’aménagement de leurs espaces publics.

C’est en marchant sur les chemins autour de sa commune et en observant des pentes délaissées par l'agriculture, qu'elle a eu l’envie de construire ce qu'elle appelle "une utopie".
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A cette époque, elle rencontre aussi une chevrière, Jeanne, qui elle, n’a pas de terres. D’un côté des terres en friches, de l’autre des agriculteurs sans terre, une contradiction qui la fait réfléchir et avancer dans sa démarche.

L’idée m’est venue que l’on pouvait réinvestir ces friches et relancer les vergers anciens. Et pour les entretenir, quoi de mieux que des petits troupeaux, notamment de brebis, dont on pourrait exploiter la laine ? 

Pour Ludivine, ce projet devait obligatoirement s’inscrire dans une filière verte, éthique et sociale et lui permettre de continuer à vivre à la campagne.

Elle va à la rencontre de professionnels pour voir si son "utopie" est réalisable et comment.

Dans un premier temps, elle va au devant des éleveurs. Elle se rend vite compte qu’il est difficile de vivre de l’élevage de brebis avec un petit troupeau, c'est-à-dire moins de cent bêtes.

Je me suis alors demandé comment faire quelque chose pour leur enlever la charge de la tonte.

Elle rencontre également une figure de la fabrication de maille haute-couture, Carmen Colle, installée en Haute-Saône, à Lure, avec la marque World-tricot.

Elle m’a invitée à mettre les mains dans la laine, à évaluer la qualité des laines de chez nous qui ne permettaient pas de faire du fil.

Ecoutant ce conseil, Virginie part à la découverte de la filière laine. En 2015 elle va apprendre la tonte en Belgique avec l’association "les tondeurs de mouton".
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A l’occasion d’une fête de la laine, dans la Creuse, Ludivine Gerardin fait une nouvelle rencontre, Jules Kister, tondeur et lainier, qui l’incite à continuer à se former.  

Elle suit son conseil et fait des stages auprès de l’association Lainamac, à Felletin dans la Creuse,  à deux pas  des Tapisseries d’Aubusson. C’est au cours de ces apprentissages qu’elle découvre le feutre. Un matériau qui ne nécessite pas la même qualité que les laines  qui servent à faire du fil  et correspond à celle qu’elle peut trouver autour de chez elle.

Pour Ludivine, travailler la laine c’est valoriser deux filières : celle des éleveurs et bergers, mais également celle de tous ces artisans qui travaillent la laine. 

Pour cela, elle tisse des liens avec les différents acteurs de cette filière. Elle se rend sur les chantiers de tonte pour récolter la laine. Elle veut faire en sorte que cette matière ne soit plus un déchet en la transformant.
 Pour certains produits, Ludivine travaille avec de la laine brute. Pour d’autres, elle doit lui faire subit plusieurs transformations.
Il faut d’abord la trier, puis la faire laver (dans la Nièvre ou en Saône-et-Loire) et enfin la faire carder (dans la Creuse ou dans les Alpes). Au final, tout ce que réalise Ludivine est entiérement "made in France".

Pour le moment Ludivine teste, expérimente et réalise de nombreuses œuvres qu’elle dévoile sur le plateau de l’émission Ensemble c’est mieux du lundi 25 novembre 2019.
© Ludivine Gerardin
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Ludivine Gerardin espère  vivre de son activité de feutrière au cours de l'année 2020. En attendant ce moment, comme le travail de la laine prenait trop de place dans son salon, elle a investi une grange de son village, à Offlanges, où elle espère rapidement pouvoir également transmettre son savoir faire.


 

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