Agression raciste à Dole dans le Jura : le septuagénaire condamné en appel à un an de prison ferme

Publié le Mis à jour le
Écrit par Sophie Courageot avec Dominique Malige
Adil Sefrioui , père de famille de Dole a été agressé devant son domicile.
Adil Sefrioui , père de famille de Dole a été agressé devant son domicile. © David Martin - France Télévisions

Un homme de 72 ans avait agressé et blessé un père de famille en avril 2021 devant son domicile à Dole. La cour d’appel de Besançon a rendu son jugement ce 18 novembre.

La cour d’appel de Besançon a condamné l’homme à trois ans de prison dont deux avec sursis et deux ans de mise à l'épreuve pour violences volontaires et injures à caractères racistes. Le septuagénaire devrait purger une peine d'un an ferme qu’il devra exécuter chez lui sous bracelet électronique. Avant le procès en appel, le prévenu a tenté de suicider, et a été pris en charge en psychiatrie a détaillé son avocat.

La victime, Adil Sefrioui était poursuivie pour des faits de violences légères, injures publiques et dégradation du bien d'autrui, il a été relaxé.

L'avocat de la victime s'est dit satisfait de la décision : "Mon client n'est coupable de rien. L'accusé a été reconnu lui coupable des faits qui lui étaient reprochés. Chacun était à sa place. Il y a bien une victime est un coupable". "C'est une peine significative qui marque la gravité des faits", a souligné l'avocat de la victime, Me Jérôme Pichoff

Une peine conforme aux réquisitions de l'avocat général

L’avocat général avait requis lors de l’audience en appel, une peine de trois ans d'emprisonnement, dont deux ans avec sursis à l'encontre de cet automobiliste accusé d'avoir violemment percuté un père de famille qu'il avait traité de "sale bicot".

Un premier procès en juillet à Lons-le-Saunier dans le Jura. Un autre en appel début octobre. La justice a par deux fois jugé les protagonistes de cette agression, dont les images violentes ont été relayées sur les réseaux sociaux. Le septuagénaire n’est jamais venu aux audiences, se faisant représenter par son avocat.

"Approche sale bicot, (...) tiens amène-toi devant la bagnole"

Le 21 avril, les époux Sefrioui étaient à leur domicile lorsqu'ils ont aperçu un homme qui semblait prendre des photos de leurs enfants dans le jardin. Suspicieux, le couple cherche alors à obtenir des explications. Une altercation s'ensuit.

Mme Sefrioui filme une partie de la scène glaçante qu'elle diffuse sur les réseaux sociaux.

"Approche sale bicot, (...) tiens amène-toi devant la bagnole", y lance le retraité qui remonte ensuite dans sa voiture et semble s'en aller. Mais il fait demi-tour et fonce sur Adil Sefrioui, projeté sur le capot alors que le véhicule s'arrête en défonçant la palissade du jardin de la famille où se trouvent les enfants. Les cris de la famille sont terribles. Le père de famille est blessé, choqué. Il souffre de plusieurs fractures.

"S'il n'est pas mort, c'est parce qu'il a eu le réflexe de sauter sur le capot", avait souligné à l’audience Me Jérôme Pichoff, avocat d’Adil Sefrioui.

L’avocat du septuagénaire a expliqué devant la cour d’appel que son client, homme âgé, avait subi ce jour-là des insultes, il avait selon lui été frappé, il s'est senti agressé et empêché de partir". L’avocat Me Damien Varlet, avait appelé la Cour à "ne pas partir en croisade contre le racisme".

En première instance, l’homme de 72 ans avait déjà été reconnu coupable de "violences volontaires avec arme et injures racistes". Le tribunal de Lons-le-Saunier l'avait condamné à cinq ans d'emprisonnement, dont deux ans avec sursis. 

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