Nevers : regain de mobilisation contre la réforme des retraites

Près de 3000 personnes ont défilé mardi 17 décembre 2019 dans les rues de Nevers contre la réforme des retraites. / © RC / France 3 Bourgogne
Près de 3000 personnes ont défilé mardi 17 décembre 2019 dans les rues de Nevers contre la réforme des retraites. / © RC / France 3 Bourgogne

Près de 3000 personnes ont défilé ce mardi 17 décembre 2019 dans les rues de Nevers contre le projet de réforme des retraites. Une mobilisation qui retrouve les niveaux de la première journée du 5 décembre. Les annonces du Premier ministre la semaine dernière n'ont pas apaisé les colères.

Par RC

La mobilisation contre le projet de réforme des retraites a été suivie ce mardi 17 décembre dans les rues de Nevers. Près de 3000 personnes ont défilé dans le calme dans les rues du centre-ville, en une boucle partie de la préfecture.

Au treizième jour du mouvement, la participation à cette manifestation interprofessionnelle retrouve les niveaux du premier rassemblement, le jeudi 5 décembre. Un regain, après deux rendez-vous ayant rassemblé autour de 1500 personnes mardi dernier, puis près de 500 personnes jeudi.
 
Les manifestants se sont rassemblés devant la préfecture avant de défiler dans le centre-ville. / © RC / France 3 Bourgogne
Les manifestants se sont rassemblés devant la préfecture avant de défiler dans le centre-ville. / © RC / France 3 Bourgogne


Ce sursaut peut en partie s'expliquer par l'appel à rejoindre le mouvement partagé par l'ensemble des syndicats. Pour la première fois, les gilets orange de la CFDT cotoyaient ce mardi la CGT, FO, l'UNSA, Sud-Solidaires et les autres organisations. Les annonces du Premier ministre, Edouard Philippe, la semaine dernière, ont cristallisé les oppositions, alors que le principe même de la réforme n'est pas dénoncé par tous les manifestants.

"Je ne suis pas opposé à la retraite par points, à partir du moment où ça diminue les injustices, même si ça ne les éliminera pas toutes, estime Robert Janowicz, retraité de la SNCF et militant CFDT. Mais amener à un âge-pivot à 64 ans, c'est décevant, notamment pour les travailleurs qui ont des métiers pénibles."
 
Robert, militant CFDT : "Un âge-pivot à 64 ans, c'est décevant"
Réaction de Robert Janowicz, retraité de la SNCF et militant CFDT, lors de la manifestation contre le projet de réforme des retraites, le mardi 17 décembre 2019 à Nevers. - France 3 Bourgogne - Rémy Chidaine / Tania Gomes

Corine Augendre, salariée de l'Education nationale et militante UNSA regrette, elle, le manque de concertation. "Pourquoi pas une réforme, mais là on change les règles du jeu en cours de carrière, ce n'est pas logique. Je pense qu'il ne faut pas lâcher. J'ai connu 1995, j'ai connu 2003, on est dans la même mouvance."

Revoir la copie ou retirer le projet ?


Pour autant certains souhaitent toujours un abandon total du projet de réforme. Laurent Fongaro, salarié dans le privé et militant CGT craint que le nouveau système par points ne soit moins avantageux que la prise en compte de ses 25 meilleures années. "Le gouvernement reste sourd, nous nous sommes déterminés. Comme dans tout rapport de force, il faut persévérer et abroger cette réforme."
 
Laurent, militant CGT : "Il faut persévérer et abroger cette réforme"
Réaction de Laurent Fongaro, salarié dans le privé et militant CGT, lors de la manifestation contre le projet de réforme des retraites, le mardi 17 décembre 2019 à Nevers. - France 3 Bourgogne - Rémy Chidaine / Tania Gomes

Pas question non plus d'abandonner la lutte pour Karen Gauchot, militante SNUipp-FSU58. Si le gouvernement a tenté de rassurer les enseignants la semaine dernière, pour cette professeure des écoles, le compte n'y est pas. "Cela fait dix ans que je suis enseignante, j'ai un salaire très inférieur à 2000 euros par mois, précise-t-elle. Je n'ai pas de primes, je vais avoir une retraite de misère. Nous on va avoir une baisse de 800 euros environ sur nos retraites, moi je n'y arriverai pas !"

Pas de trêve de Noël envisagée


Face à ce constat, la possibilité d'une trêve de Noël n'est pas une option qu'elle envisage. "Le gouvernement veut nous faire pleurer avec leur trêve en parlant de la SNCF. Il faut arrêter d'halluciner, c'est peut-être à eux de reculer et d'entendre ce qu'il se passe dans la rue actuellement."
 
Karen, militante SNUipp-FSU : "Il n'y aura pas de trêve"
Réaction de Karen Gauchot, professeure des écoles et militante SNUipp-FSU, lors de la manifestation contre le projet de réforme des retraites, le mardi 17 décembre 2019 à Nevers. - France 3 Bourgogne - Rémy Chidaine / Tania Gomes


La tonalité est la même du côté des cheminots. Pour Cédric Langlois, militant Sud-Solidaires, la poursuite du mouvement dépend avant tout de la réaction du gouvernement. "Tout va dépendre de ce qu'il va se passer demain, il y a encore une réunion avec les syndicats. La balle est dans leur camp. Jusqu'à maintenant ils ont campé sur leurs positions. Mais il y a encore trop de paramètres qui ne sont pas pris en compte et pour lesquels on n'a pas d'explications."

En attendant la reprise des négociations et d'éventuelles avancées, les syndicats ont appelé à reconduire le mouvement.
 
Militants syndicaux ou simples salariés, les manifestants ont défilé dans le calme dans le centre-ville de Nevers. / © RC / France 3 Bourgogne
Militants syndicaux ou simples salariés, les manifestants ont défilé dans le calme dans le centre-ville de Nevers. / © RC / France 3 Bourgogne

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