Réintroduction des néonicotinoïdes pour la betterave : qu’ont voté les députés de Bourgogne ?

Le vote sur le projet de loi réintroduisant les néonicotinoïdes pour traiter les betteraves s'est traduit par une contestation record au sein du groupe LREM, mardi 6 octobre. En Bourgogne, les députés ont majoritairement voté pour.  

Les questions au gouvernement, le 6 octobre 2020
Les questions au gouvernement, le 6 octobre 2020 © Alexis Sciard / MAXPPP
L'Assemblée nationale a adopté mardi 6 octobre le projet de loi controversé permettant la réintroduction temporaire des néonicotinoïdes tueurs d'abeilles pour sauver la filière betterave. Au total, le texte a recueilli 313 voix pour, 158 contre et 56 abstentions. Il doit désormais être examiné au Sénat en première lecture. En Bourgogne, les députés ont essentiellement voté pour. Sur les 15 députés que compte la région, quatre ont voté contre et un n'a pas participé au scrutin.  
 

Le groupe LREM a enregistré une contestation record dans ses rangs. Au sein du groupe, 32 députés ont voté contre et 36 se sont abstenus, un record inattendu, tandis que seuls 175 du groupe macroniste dirigé depuis septembre par Christophe Castaner ont voté en faveur de ce texte prévoyant la réintroduction de ces insecticides tueurs d'abeilles. 

Cette contestation est le signe que ce "texte difficile, important", n'a pas pu réconcilier tous les tenants de l'écologie et de l'économie, y compris et surtout chez les "marcheurs", comme l'espérait pourtant Julien Denormandie, le ministre de l'Agriculture. Le précédent record de "fronde" avait été atteint en juillet 2019 sur un sujet également agroécologique, la ratification du traité de libre-échange entre l'UE et le Canada (Ceta): 9 députés LREM avaient voté contre et 52 s'étaient abstenus. 
 

Une "régression écologique majeure" pour Greepeace

L'ensemble de la gauche a voté contre le projet de loi sur les néonicotinoïdes, une majorité des LR et MoDem pour, mais la plupart des groupes se sont partagés. "Il y a des votes qui échappent à la logique partisane car ils participent à des choix éthiques", avait fait valoir l'ex-ministre de l'Environnement Delphine Batho (EDS), farouche opposante au retour des néonicotinoïdes. 

La réintroduction de semences enrobées avec des néonicotinoïdes doit permettre de protéger les rendements sucriers. Le hic est que ce type de pesticides a été interdit en 2018. Et voilà le gouvernement obligé de rétro-pédaler, en s'appuyant sur le règlement européen sur les phytosanitaires qui permet de déroger à l'interdiction, potentiellement jusqu'en 2023. 

Les réactions à ce vote ont été aussitôt nombreuses: la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB) salue le "courage" et l'"ambition" du gouvernement. Une "décision responsable", également applaudie par le producteur de sucre Cristal Union. À l'inverse, Greenpeace a fustigé une "régression écologique majeure". Une "insulte" à "la protection du vivant", s'alarme l'association nationale de l'apiculture française. 
 

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