En direct Affaire Christelle Maillery

Revivez le procès de Jean-Pierre Mura, condamné en appel à Dijon pour le meurtre de Christelle Maillery

30 ans après le meurtre de Christelle Maillery, le procès en appel de Jean-Pierre Mura s'ouvre ce jeudi 16 juin 2016 à Dijon. Il devrait durer sept jours. Cette adolescente, âgée de 16 ans, a été tuée de 32 coups de couteau dans la cave d'un immeuble au Creusot, le 18 décembre 1986. Cette affaire non élucidée fait partie de la série de dossiers plus connus sous le nom des "disparues de Saône-et-Loire". France 3 Bourgogne vous propose de suivre en direct le procès de Jean-Pierre Mura, 49 ans, arrêté en 2011 suite à plusieurs témoignages évoquant ses aveux. En première instance, l'an dernier, l'homme, atteint de schizophrénie, avait été reconnu coupable et condamné à 20 ans de prison.

11:04

LES DERNIÈRES INFOS - Mis à jour le 25/06/2016 à 00:58

    22h15, c'est la fin de ce direct. Merci de l'avoir suivi depuis 7 jours.

    Le soulagement de Marie Pichon, la maman de Christelle Maillery, après l'annonce du verdict

    La réaction au verdict de Me Audrey Bittard, l'avocate de Jean-Pierre Mura

    La défense a 5 jours pour étudier un éventuel pourvoi en cassation.

    Jean-Pierre Mura est condamné à une peine de 20 ans de réclusion criminelle

    La cour et le jury ont répondu "oui" aux deux questions qui leur étaient posées, à une majorité de 8 voix au moins. Jean-Pierre Mura a donc été reconnu coupable du meurtre de Christelle Maillery, le 18 décembre 1986 dans une cave du Creusot. Et la cour et le jury ont également considéré que son discernement était altéré au moment des faits. En conséquence, la cour et le jury condamnent Jean-Pierre Mura a une peine de 20 ans de réclusion criminelle.

    Jean-Pierre Mura n'a eu aucune réaction à l'annonce de ce verdict.
    Le verdict est donc identique à celui rendu il y a un an en première instance, à Chalon-sur-Saône. 

    L'audience pénale est levée.

    Jean-Pierre Mura, le 24 juin 2016 à Dijon
    Jean-Pierre Mura, le 24 juin 2016 à Dijon. - Christophe Gaillard - France 3 Bourgogne

    21h30 : la salle d'audience se remplit, le verdict va être annoncé après une délibération de 8h !

    Attente verdict Mura
    France 3 Bourgogne

    VIDEO : au dernier jour du procès en appel de Jean-Pierre Mura, voici un point de la situation en début de soirée.

    Les jurés sont toujours en train de délibérer.

    Cela fait désormais 6 heures que l'audience est suspendue

    Les jurés ont bien sûr mangé avant de délibérer, pour obtenir une majorité absolue. L'an passé à Chalon-sur-Saône, en première instance, le verdict était tombé après 3h30 de délibération. A Dijon, l'attente se poursuit. Aucun signe de l'annonce d'un verdict pour le moment...

    Attente verdict Mura
    France 3 Bourgogne

    Toujours pas de verdict à Dijon... L'attente est longue.

    Cela fait 4h30 que l'audience est suspendue. La cour est encore en train de délibérer.

    13h30 : l'audience est suspendue, la cour se retire pour délibérer

    “Mon avocate a tout dit. Juste, je risque 20 ans de prison, alors je demande aux jurés de bien réfléchir aux sept jours qu'on a passés. Je n'aurais pas eu le courage de dire à la maman de Christelle Maillery que je n'ai pas tué sa fille, si je l'avais fait. Je pense qu'une personne qui aurait tué sa fille, n'aurait pas eu le courage de lui dire ça.”

    Jean-Pierre Mura, s'adressant une dernière fois à la cour

    “Vous allez juger face au doute. Il y a trop d'interrogations. Il y a quelque part une envie que celui-là, M. Mura, soit déclaré coupable. C'est le sentiment que j'ai. Bien sûr, acquitter, ce n'est pas sans danger. M. Mura, il n'a personne derrière lui dans la salle. A l'inverse il y a cette famille (celle de Christelle) qui m'a aussi touchée. On a envie qu'elle ait enfin ses réponses. Mais vous n'êtes pas là pour faire plaisir. Un seul doute et vous devez l'acquitter. Juger, c'est aussi douter.”

    Me Audrey Bittard, avocate de la défense, terminant sa plaidoirie

    “Ce n'est pas un puzzle, ce dossier. C'est une énigme. On peut tout imaginer. Les suppositions sur le secret de famille, par exemple. On ne peut rien affirmer. Alors tout dépend dans quelle logique vous serez. Vous pouvez tout interpréter contre M. Mura. Mais il y a eu beaucoup de noms dans cette affaire, de personnes inquiétées par l'enquête. Des personnes sans alibi, aux déclarations incohérentes, mais auxquelles on ne s'intéresse pas.”

    Me Audrey Bittard, avocate de la défense, lors de sa plaidoirie

    “M. Mura n'a jamais parlé d'un mode opératoire. Il a toujours été imprécis, dénonçant telle ou telle personne. Alors on vous dira qu'il a déjà été agressif. Oui, mais quand il passe à l'acte, il n'a pas l'attitude de quelqu'un qui fuit. Il contacte la police. Quand Christophe Grosjean vous dit que ce n'est pas quelqu'un de méchant, il a raison. Il assume, il ne fuit pas. Et quand il se montre agressif, c'est quand il arrête son traitement. C'était quelqu'un de sympa, en décembre 1986, et c'est ça qui nous intéresse. Dernière grande question : M. Mura connaissait-il Christelle ? Oui, il vient dans le quartier pour voir ses copains. Tout le monde suppose qu'il devait la connaître, mais personne ne les a vus ensemble. Soit ce meurtre a été commis par un détraqué (et M. Mura n'était pas malade à cette époque), soit par quelqu'un qui connaissait bien la victime. Ce n'était pas le cas de M. Mura.”

    Me Audrey Bittard, avocate de la défense, lors de sa plaidoirie

    Me Audrey Bittard (avocate de la défense) poursuit sa plaidoirie, en parlant vite, et sans notes. Elle évoque le couteau retrouvé en 1987

    "Concernant le couteau retrouvé le 4 février 1987, là encore, il faut faire beaucoup de suppositions. Moi je n'ai pas la certitude qu'il ait pu rester au pied de ce buisson pendant 48 jours. Reste l'expertise : le couteau peut être compatible avec le crime, mais il n'y a pas de certitude ! Et sur l'arme on ne retrouve pas de sang. Il n'y a rien à tirer non plus des comparaisons avec les couteaux de M. Mura, qui n'est pas le seul à posséder un couteau de ce type à l'époque. Et c'est extrêmement rare de faire une expertise sur la base d'une photographie" poursuit l'avocate de Jean-Pierre Mura. 

    "Venons-en aux aveux qu'auraient fait Jean-Pierre Mura à Michel Bartolo", en 1991. "Pourquoi Michel Bartolo n'écrit pas lui-même son courrier ? Pourquoi il laisse l'enquêteur privé s'en charger ? Est-ce que c'est parce qu'il n'assume pas ? Et les versions des deux témoins sont pour le moins divergentes. Et puis, personne n'accordera de crédit à ses propos, parce que tout le monde sait que Jean-Pierre Mura n'est pas bien à ce moment-là. Personne ne contacte la police. Tous diront qu'il est cinglé, Jean-Pierre. Aucune importance n'a été donnée à ces aveux à l'époque, pourquoi on en donnerait aujourd'hui ?"

    "Alors oui, M. Mura évoque le meurtre à plusieurs reprises. Mais ce qui m'intéresse, c'est à quelles périodes il l'évoque. A chaque fois, c'est pendant ses troubles psychiatriques. Les carnets qu'il tenait étaient incompréhensibles." Me Bittard évoque ensuite la visite dans la cave du meurtre, 10 ans après les faits. "Imaginer qu'il ait pu uriner dans la cave pour expliquer qu'on y retrouve éventuellement son ADN, c'est prêter à M. Mura des capacités intellectuelles qu'il n'a pas."

    "Pourquoi il fait une fixation sur ce meurtre ? Il a dit que ça l'avait choqué, parce qu'il connaît bien ce quartier de la Charmille. Il est fréquent qu'un schizophrène puisse se fixer sur un élément réel mais qu'il n'a pas vécu" poursuit Me Bittard. 

    Me Audrey Bittard
    Me Audrey Bittard, avocate de la défense, à Dijon le 20 juin 2016. - France 3 Bourgogne

    “Il faut se méfier des apparences. Que faisait M. Mura le 18 décembre 1986 ? On ne sait pas. Les déclarations divergent. Peut-être qu'il n'avait pas d'alibi ce jour-là. Cela fait-il de lui un meurtrier ? On ne peut rien affirmer. Beaucoup de gens ont été entendus dans ce dossier, beaucoup. Mais personne n'a dit avoir aperçu Jean-Pierre Mura dans les parages le jour du meurtre, personne !”

    Me Audrey Bittard, avocate de la défense, lors de sa plaidoirie

    Me Audrey Bittard (avocate de la défense) commence sa plaidoirie

    "Avant que vous ne vous retiriez pour sceller le sort de cet homme, la défense a encore quelque chose à dire" débute Me Bittard. "Mon rôle n'est pas facile, mais le votre non plus, parce que nous ne sommes pas dans un dossier dans lequel l'accusé reconnaît les faits. Cet homme a vu sa vue basculer vers l'âge de 23 ans, avec cette schizophrénie qui va bouleverser sa vie. J'ai eu le sentiment qu'on a voulu vous faire croire qu'en 1986, Jean-Pierre Mura présentait déjà les symptômes de sa maladie. Sauf que rien ne vous permet de le penser !"

    "La réalité de ce dossier c'est que l'homme que vous avez à juger n'est plus le même qu'en 1986. Le temps a passé, et on l'interroge en 2007, quand la maladie est déjà déclaré, et que le traitement n'est pas pris correctement. Est-ce qu'on peut déduire du fait que cet homme soit sous traitement, qu'il est toujours lucide ? Ce traitement, par exemple, n'a pas toujours résisté au long de cette procédure. Parfois le stress est trop grand, et la pathologie se révèle. M. Mura a vécu cette procédure comme une persécution. Je sais qu'à ce procès, vous vous attendiez à autre chose, à ce qu'il vous rassure. Mais difficile pour lui, de se défendre, quand on a sa pathologie" poursuit, véhémente, Me Audrey Bittard. 

    "Et la lettre récente de M. Mura ? Il n'y a rien à en tirer ! Alors oui, ça permet à la presse de crier au "coup de théâtre", au "rebondissement". C'est un courrier dans la lignée des autres, incohérent. Alors oui, l'attitude de Jean-Pierre Mura n'est pas bonne, mais elle est révélatrice de son comportement, de sa maladie" poursuit l'avocate de Jean-Pierre Mura. "Qui se trouve en face de vous ? Je sais qu'il renvoie une image négative, mais elle ne reflète pas celui qu'il était en décembre 1986. Et c'est cette personne-là qui devra être la base de votre décision. Oui les jurés de Saône-et-Loire l'ont condamné, mais ce premier procès n'est pas un élément de culpabilité."

    Me Audrey Bittard
    Me Audrey Bittard, avocate de Jean-Pierre Mura, le 22 juin 2016 à Dijon. - Christophe Gaillard - France 3 Bourgogne

    Les précisions de notre journaliste Pauline Ringenbach, à midi, en direct de la cour d'appel à Dijon

    L'audience est suspendue pour dix minutes, avant la plaidoirie de la défense

  • Afficher les messages précédents

Le reste de l'actualité