Beaujolais nouveau : "on sent une fierté qui revient pour le beaujolais"

Le beaujolais nouveau sort ce jeudi 18 novembre. Après une année 2020 qui a vu les ventes chuter, cette nouvelle cuvée parviendra t-elle à remonter la barre ? Réponses avec David Bessenay, auteur de "Beaujolais, Gloire & Déboires".

Comme chaque année, le troisième jeudi de novembre marque l'arrivée du beaujolais nouveau. Le vignoble se trouve principalement dans le département du Rhône, mais la Saône-et-Loire en accueille une partie.

En 2020, seulement 18 millions de bouteilles de beaujolais ont été vendues, soit 3,5 millions de moins qu'en 2019. En cause : la crise sanitaire, qui a mené à la fermeture des bars et restaurants pendant une bonne partie de l'année. Résultat, une dégringolade de 28% pour les ventes dans les circuits traditionnels (cavistes, producteurs). Les exportations ont elles reculé de 20%, avec 8 millions de bouteilles vendues pour 10 millions en 2019. 

2021 sera-t-elle l'occasion pour le beaujolais de se relever après une année noire ? C'est en tout cas ce que semble penser David Bessenay, auteur de "Beaujolais, Gloire & Déboires", une enquête sur le vignoble éponyme. Nous sommes allés à sa rencontre.

Comment se présente 2021 pour le beaujolais nouveau ?

David Bessenay : L'année se présente bien. Les vignerons ont vécu une année difficile. Avec les aléas climatiques, ils ont perdu une bonne partie de leur récolte, ce qui fait qu'ils ont facilement écoulé ce qu'ils ont récolté. Pour ce qui est de la commercialisation des beaujolais nouveaux, c’est plutôt très positif. Ça repart à la hausse, ce qui est notamment lié au fait qu’on peut à nouveau célébrer le beaujolais nouveau dans les bars et restaurants. La demande est de nouveau forte, même si on est très loin des années de gloire du beaujolais nouveau.

La réputation de ce vin est parfois assez mauvaise. Elle va s'améliorer, selon vous ?

DB : L'image du beaujolais en France est en effet un peu écornée, plus qu'à l'étranger où des pays comme le Japon ou les États-Unis l'adorent et le plébiscitent. Cela dit, son image s'améliore aujourd'hui, notamment grâce à une meilleure qualité des vins. Quand je vais dans des bars à vins à Lyon, j'entends de plus en plus de commentaires positifs sur le beaujolais.

Auparavant, le rendement pour ces vins était très élevé, ce qui faisait qu'ils n'étaient pas toujours très bons. Mais après des années de standardisation, due en partie aux grands producteurs, on retrouve de plus en plus de diversité. Ce renouveau a par exemple lieu grâce à des nouveaux producteurs, notamment en bio.

Dans votre livre, vous évoquez un "sentiment d'appartenance à la Bourgogne" pour ce vignoble. L'avenir du beaujolais se trouve-t-il en Bourgogne ?

DB : Lors de la crise du beaujolais, certaines passerelles avec le bourgogne ont été utilisées pour écouler les stocks. Ces passerelles existent toujours, comme par exemple avec le crémant, mais il n'y en a plus forcément le besoin, avec le regain de bonne réputation du beaujolais. Il y a vraiment cette fierté du beaujolais qui revient. Il a engagé une mutation profonde dans la valorisation de ses meilleurs terroirs et sa montée en gamme.

Est-ce que vous avez eu l’occasion de goûter la cuvée 2021 déjà ?

DB : C’est une cuvée qui est portée sur la fraîcheur, contrairement aux années caniculaires où le vin est parfois plus solaire. On est vraiment sur des vins très faciles à boire, très gouleyants, très Beaujolais. C’est parfait pour l’apéritif ou une soirée entre amis.

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