Chalon-sur-Saône : y a-t-il un malaise au commissariat de police ?

"Les policiers sont en souffrance. On a une problématique d’effectifs. En quelques années, on a perdu pas moins de 50 fonctionnaires au commissariat de Chalon-sur-Saône", dénonce Yves Lefebvre, secrétaire général du syndicat Unité SGP Police, de passage en Bourgogne.
Le commissariat de Chalon-sur-Saône
Le commissariat de Chalon-sur-Saône
Le métier de policier est difficile, dangereux, violent…Les vacations sont à rallonge, les congés accordés au compte-gouttes et les relations avec la chaîne hiérarchique sont souvent rugueuses… C’est le constat dressé par le responsable du syndicat Unité SGP Police à l’échelon national.


A Chalon-sur-Saône, la situation serait aggravée en raison du manque de moyens humains.
"C’est inacceptable, surtout que dans la perspective du prochain mouvement de mutation en septembre prochain, Chalon fait partie des 174 circonscriptions de police blacklistées. Ça signifie concrètement qu’il n’y aura aucun apport d’effectifs en septembre à Chalon."

Les enquêteurs et les officiers de police judiciaire sont particulièrement en souffrance, dit Yves Lefebvre : "300 dossiers en attente pour certains. Donc il y a à la fois des collègues en souffrance et des victimes en souffrance, et de là des justiciables qui ne peuvent pas être sanctionnés à cause de la surcharge de la procédure pénale."



Interview recueillie par Michel Gillot et Damien Boutillet

18 suicides dans la Police nationale depuis le début de l’année

Le patron d’Unité SGP Police regrette que si ses interlocuteurs partagent très souvent son diagnostic, en revanche "les solutions sont toujours trop coûteuses pour le budget".

"Malgré ce que dit Gérard Collomb, on a toujours l’épée de Damoclès de la politique du chiffre au-dessus de nous, avec des indicateurs qui permettent aux chefs de service de percevoir en fin d’année une indemnité de résultats et de performance particulièrement conséquente.

Tant qu’on n’aura pas mis à plat cette politique du chiffre, cette politique commerciale qui a été impulsée depuis Nicolas Sarkozy dans la police nationale, on n’arrivera pas réellement à mettre l’humain au cœur du débat."

Mais, rappelle le Secrétaire Général d’Unité SGP Police, "n’oublions pas qu’il y a déjà eu 18 suicides dans nos rangs depuis le 1er janvier".





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