Covid-19 : à Chalon-sur-Saône, bientôt la fin de l'obligation du port du masque dans certaines rues ?

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Écrit par Auberi Verne

Vendredi 14 janvier, le maire de Chalon-sur-Saône, Gilles Platret, a demandé au préfet de Saône-et-Loire de limiter l'obligation du port du masque en extérieur aux rues et horaires "où l'affluence est réelle". En réponse, le préfet lui a demandé de mieux définir les conditions dans lesquelles l'obligation pourrait être abrogée.

Bientôt la fin du port du masque dans certaines zones de Chalon-sur-Saône ? C'est en tout cas ce que souhaite le maire Gilles Platret. Dans une lettre adressée au préfet de Saône-et-Loire, diffusée sur les réseaux sociaux vendredi 14 janvier, il a exprimé son mécontentement vis-à-vis de l'obligation du port du masque en extérieur dans l'ensemble de sa commune.

"Pouvez-vous me préciser le degré de risque encouru en terme de contamination sur le quai Gambetta à 9 heures du matin ou bien encore dans la rue du Jeu-de-Paume à 21 heures ?", écrit-il. "Ces deux exemples, parmi tant d'autres, témoignent à eux seuls que la rigueur de votre arrêté est totalement disproportionnée."

Il appelle ainsi la préfecture à limiter "strictement l'obligation du port du masque aux rues, aux jours et aux heures où l'affluence est réelle". Si le préfet n'accède pas à sa demande, Gilles Platret menace de saisir le tribunal administratif de Dijon en début de semaine.

Une demande trop nébuleuse, selon le préfet

Dès le lendemain, le préfet Julien Charles a répondu au maire de Chalon, lui aussi via les réseaux sociaux. Il demande que "les lieux, dates et heures d'application" soient précisément définis. "Entièrement disposé à reprendre les termes de mon arrêté en tant qu'il s'applique au centre-ville de Chalon-sur-Saône, je vous invite donc de nouveau à me préciser les rues et places qui vous semblent donner lieu à des circulations importantes de piétons."

Et le préfet d'ajouter, acide : "Comme vous le rappelez vous-même, je n'ai pris mon arrêté du 3 décembre [...] qu'après vous avoir consulté. Cependant, je n'ai pu tirer aucun effet utile d'un avis formulé de manière générale".

Reste que la demande de Gilles Platret pourrait tout à fait aboutir dans les jours qui viennent. Mercredi 12 janvier, le tribunal administratif de Versailles a suspendu l'obligation du port du masque en extérieur dans les Yvelines. Le 13, c'était au tour de Paris de bénéficier de la même décision de justice.

Le juge des référés a en effet estimé que cette obligation portait "une atteinte excessive, disproportionnée et non appropriée aux circonstances de temps et de lieu à la liberté individuelle des personnes".

Que pensent les citoyens de l'obligation du port du masque en extérieur ?

C'est la question que les équipes de France 3 Bourgogne ont posé à des habitants de Joigny (Yonne), samedi 15 janvier sur le marché. 

"Ça pèse un peu mais bon, on s'y fait. On a pris l'habitude, quand on sort, quand on va marcher, on met le masque", indique un passant. "Et puis quand on est un peu plus loin, on le retire. Voilà, c'est pas gênant."

"On aimerait bien ne pas l'avoir, mais faut faire avec, alors on fait avec", souffle une promeneuse.

Je pense qu'il y a beaucoup de lassitude.

Nicolas Soret, maire de Joigny et vice-président de la région

"J'ai plus envie de le mettre, surtout quand il fait chaud, parce qu'on a du mal à respire !", lance une retraitée. "Ça pèse quand même", abonde un badaud. "Ça va faire deux ans !"

Pour Nicolas Soret, maire (PS) de Joigny et vice-président de la région Bourgogne-Franche-Comté, beaucoup de ses administrés sont lassés par la restriction.

"Je pense qu'il y a beaucoup de lassitude", admet-il. "Dès que les chiffres le permettront, et qu'on pourra se passer de ces masques et de ces gestes barrières - ce n'est pas encore pour tout de suite - tout le monde se sentira allégé."

Les habitants de l'Yonne ne semblent en effet pas prêts de se débarrasser du masque. Selon les derniers chiffres de l'ARS, le taux d'incidence y était de 2362 pour 100 000 habitants pour la semaine du 4 au 10 janvier.