Insalubrité : dans la cité du Stade à Chalon-sur-Saône, les habitants se sentent abandonnés

Chauffage collectif régulièrement en panne, condensation et moisissures du sol au plafond, extérieurs peu entretenus... Face à la vétusté de certains logements, les habitants de la cité du Stade à Chalon-sur-Saône n'en peuvent plus. Ils se sentent abandonnés par leur bailleur social, l'Opac.

Un sentiment d’abandon. Des logements insalubres. A Chalon-sur-Saône, beaucoup d'habitants de la cité du Stade sont inquiets pour l'avenir de leur quartier. Ils redoutent, à terme, la démolition des immeubles. "On vit très mal ici et dans de mauvaises conditions", explique Sofiane, locataire de la cité du Stade.

Plusieurs semaines sans se chauffer

L'un des problèmes principaux, c'est le chauffage. “Tous les ans nous avons des soucis”, s’insurge Samira, ancienne résidente du quartier du Stade, dont les proches vivent toujours dans la cité du nord de Chalon. D'après elle, chaque hiver, les locataires de l'Opac sont obligés de réclamer les réparations du chauffage collectif. Ils restent parfois plusieurs semaines sans se chauffer. "Ces problèmes d'isolation, de chauffage et d'entretien du quartier durent depuis deux ans", complète Sofiane. 

L’an passé c’est pendant un mois que le chauffage serait resté en panne. Cette année déjà, une semaine entière s’est écoulée avant qu’il ne soit rétabli.

Des pétitions pour rétablir le chauffage

Selon cette ancienne résidente, les services de l’Opac ne sont pas toujours réactifs lorsqu’il s’agit de rétablir le chauffage dans l’immeuble. “Il faut que tous les habitants aillent réclamer pour que l’Opac se bouge pour rétablir le chauffage, sinon ils laissent les personnes comme ça”, s’insurge la jeune femme.

Les résidents doivent réagir collectivement pour que les réparations soient faites. "L'année dernière nous avons couru chez eux je ne sais combien de fois pour rétablir le chauffage. J’ai même fait une pétition signée par tous les habitants, je l’ai envoyée et ils n’ont jamais donné suite”, déplore Samira.

13 degrés relevés en intérieur

Cette année, rebelote. Les habitants se plaignent déjà des premières pannes de chauffage. L'Opac vient les jours où il fait chaud à l’extérieur. Ils nous disent vous voyez il fait 19 degrés, on ne peut rien faire”.

Pourtant, Sofiane nous montre le relevé de température effectué par l’Opac. La température descend jusqu’à 13 degrés en cours de journée. Le chauffage n’est pas régulier. 

 

Pour pallier les pannes de chauffage collectif, certains habitants utilisent des radiateurs d’appoint à bain d’huile, très énergivores.

 

Des intérieurs et extérieurs négligés

Plusieurs logements, mal isolés et mal chauffés, se dégradent au fil des mois. “Il y a beaucoup d’habitants qui ont des problèmes de moisissures sur les murs des cuisines et des douches”, précise Sofiane. Sur les bords des fenêtres, la condensation est présente. Les plafonds sont craquelés et la peinture ne tient pas.

 

 

 

Chez une voisine de palier rencontrée ce jeudi matin, c'est la même chose : l'humidité a décollé les carreaux et les lavabos et les papiers peints se décollent. Peu de choses ont changé depuis le premier confinement en mars 2021. Une insalubrité qui a un impact sur la santé de certains résidents selon Sofiane : "l'humidité provoque énormément d'allergies et c'est devenu invivable."

 

 

 

 

Aux abords des immeubles, les pelouses ne sont pas tondues régulièrement et la végétation s’accumule au pied des bâtiments. “Il attendent la fin de l’été pour tondre les pelouses”, regrette Samira. C’est pire, sur un chemin alentour. “Il y a un arbre qui menace de tomber sur le chemin qui mène à l’école et ils ne l’enlèvent pas. La mairie nous a dit qu’il s’agissait d’un terrain appartenant à l’Opac et que c’était de leur responsabilité”.

Un sentiment d’abandon

L'agence Opac du quartier a fermé. Et certains sont de plus en plus inquiets pour l'avenir de la cité, d'autant "qu'ils ont déjà vidé le quartier de la Fontaine-au-Loup qui était à côté du nôtre". A terme, c'est la destruction des immeubles qui est redoutée. “Le quartier du Stade est de moins en moins habité et ils n’y relogent personne, explique Samira. Il y a deux immeubles ou il n'y a pas beaucoup plus que dix personnes, alors qu’il y a beaucoup plus de logements habitables”.

Des actes de vandalisme selon l'Opac

Concernant les pannes de chauffage, l'Opac, qui nous a répondu dans un communiqué, explique que tout est aujourd'hui revenu à la normale. "Une dizaine de nos locataires ont subi des dysfonctionnements de chauffage ces dernières semaines sur le secteur Marcel Pagnol dans le quartier du Stade à Chalon-sur-Saône. Des désordres techniques résultant d’actes de vandalisme ont été constatés sur la sous-station de chauffage urbain qui transmet la chaleur vers les immeubles puis les appartements. Aujourd’hui tout est rentré dans l’ordre et nous avons demandé à notre prestataire en charge de la maintenance du système de rester particulièrement vigilants", précise l'agence immobilière.

L'Opac précise que "le programme de travaux ne prévoit pas de réhabilitation sur cet ensemble".

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