Verallia à Chalon-sur-Saône : de l'amiante détectée par de nouvelles analyses

Deux prélèvements de poussières dans l'usine Verallia de Chalon-sur-Saône sont revenus positifs à l'amiante. Mais la direction se veut rassurante, les tests faits dans l'air de l'usine, eux, n'ont jusqu'ici pas mis en évidence la présence de fibres d'amiante.

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Archives. © France 3 Bourgogne
Deux nouveaux échantillons positifs à l'amiante chez Verallia. Ce 23 janvier, nous avons pu consulter des résultats d'analyses réalisées quelques jours avant, le 14, par un laboratoire indépendant au sein de l'usine de Chalon-sur-Saône.

Il s'agit de tests supervisés par trois syndicats, la direction et l'inspection du travail. Et sur les dix échantillons de poussières prélevés avec des lingettes dans plusieurs endroits de l'usine, sur le sol ou sur des équipements, deux ont mis en évidence la présence de fibres d'amiante.

Depuis plusieurs semaines, la direction de Verallia et la CGT s'affrontent au sujet de la présence ou non d'amiante dans l'usine qui fabrique des bouteilles et des pots en verre. Tout cela fait suite à un incendie, le 16 juillet 2019, qui avait partiellement endommagé la toiture en fibrociment.

"Ce rapport nous confirme la présence d'amiante dans deux endroits du four 1 [où a eu lieu l'incendie, ndlr] sur des poussières. Là où travaillent pas mal de salariés du four", expose Patrick Girard, élu CGT au conseil social et économique (CSE) de Verallia.

Mais "la teneur en fibres d'amiante détectée est proche de la limite de détection", prend soin de préciser le rapport. Le document que nous avons consulté ne donne cependant pas de chiffres précis sur le nombre de fibres détectées.
 
Un extrait du rapport.
Un extrait du rapport.


Pas d'amiante dans l'air, selon la direction

Selon le président de l'association CAPER Bourgogne (Comité Amiante Prévenir et Réparer), la présence d'amiante dans les locaux est bien avérée – même s'il n'y a que quelques fibres – et cela impose un principe de précaution.

"On n'a pas la quantité, mais on sait que quelques fibres d'amiante peuvent rendre quelqu'un malade si cette fibre va jusqu'au fond des alvéoles des poumons, indique Jean-François Borde. Bien sûr, si on est exposé très longtemps il y a toujours plus de risques. Mais on a des personnes qui ont été exposées à l'amiante pendant deux mois et qui sont décédées d'un cancer de l'amiante."

Malgré ces deux tests positifs, l'entreprise réaffirme qu'il n'y a pas de danger pour les salariés ou les riverains. "Il est important de rappeler que les résultats de ces deux tests 'lingettes' ne sont absolument pas considérés comme dangereux au regard du Code de la santé publique, puisque selon ce dernier, une exposition potentielle à l’amiante s'évalue avec des mesures réalisées dans l'air ce qui n’est pas le cas du prélèvement ‘lingettes’", nous indique-t-elle ce 23 janvier.

C'est sa ligne de défense depuis le début de l'affaire. Depuis le 7 janvier 2020, et le droit d'alerte lancé par des représentants CGT, la direction répète à l'envi que seules les mesures effectuées dans l'air font foi.
 
Verallia à Chalon-sur-Saône : de l'amiante détectée par de nouvelles analyses

Au début de l'année 2020, les élus CGT de Verallia Chalon-sur-Saône ont communiqué à la presse les résultats d'analyses réalisées à leur initiative sur des morceaux tombés du toit. Sur les quatre prélèvements, trois contenaient de l'amiante.

Ces représentants syndicaux ont depuis été mis à pied par l'entreprise qui leur reproche d'avoir introduit deux personnes étrangères sur le site de l'entreprise Verallia le 7 janvier.

En fait, les syndicalistes ont permis à une équipe de reportage de France 3 Bourgogne d'accéder au local syndical pour une conférence de presse. Elle affirme également qu'un tract diffusé le 7 janvier est "diffamatoire" car la société y est accusée de "meurtre avec préméditation."

Ce 23 janvier, la direction de Verallia réitère ses propos rassurants en indiquant que "près de cinquante mesures ont confirmé l’absence de fibre d’amiante dans l'air à l'intérieur et à l'extérieur de la halle de production".

De nouvelles mesures dans l'air de l'usine sont en cours et vont durer "jusqu'à la fin du mois de janvier". L'entreprise attend cette date pour en communiquer les résultats.
 
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