Hausse des prix de l'énergie : les collectivités qui ont investi dans le renouvelable se félicitent de leur choix

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Écrit par Auberi Verne avec Valentin Casanova

Il y a plus de quinze ans, la commune de Tramayes (Saône-et-Loire) se dotait d'une chaufferie municipale qui fonctionne avec des déchets de bois plutôt qu'au fioul. À Savigny-le-Sec (Côte-d'Or), une salle des fêtes "bioclimatique" a vu le jour à la même époque. À l'heure de la hausse généralisée des prix de l'énergie, ces équipements prouvent leur utilité.

Comment faire des économies sur l'énergie alors que les prix du pétrole et du gaz augmentent ? À Tramayes, en Saône-et-Loire, on a trouvé une solution : utiliser d'autres matières pour se chauffer.

Une chaufferie au bois 20 fois moins polluante

C'est en 2006 que Michel Maya, le maire (EELV) de la commune, inaugure une chaufferie flambant neuve. L'ancienne, qui fonctionnait au fioul, laisse place à un nouvel équipement qui consomme du bois. 

Le meilleur exemple, c'est l'hôpital : grâce à notre chaufferie, il ne dépense que 60 000 litres de fioul par an, au lieu de 80 000.

Michel Maya, maire de Tramayes

Au total, la chaufferie s'avère 20 fois moins polluante que la précédente. Même le combustible qu'elle utilise s'inscrit dans une démarche écologique : le bois en question provient des déchets d'une scierie située à moins de 4 km.

"Grâce à ces déchets, on économise 200 000 litres de fioul par an", affirme d'ailleurs le maire.

Vers la création de bâtiments à énergie positive

Les énergies renouvelables sont presque une obsession pour cet ancien ingénieur devenu premier édile. Sur tous les bâtiments municipaux, ont été installés des panneaux photovoltaïques, ainsi qu'une isolation intérieur/extérieur.

L'objectif : créer des bâtiments à énergie positive. Dans le cas de l'école, c'est déjà chose faite. La consommation des bâtiments est en effet compensée par la production des panneaux photovoltaïques de la salle des fêtes.

Des investissements qui ont un coût pour la commune... mais aucun impact sur le portefeuille des habitants, grâce à un système d'auto-financement. 

Dans le cadre de la chaufferie, on a nos recettes avec la revente de chaleur. Ces recettes viennent compenser le déficit constaté sur le budget chaufferie.

Michel Maya

A terme, la commune devrait même rentabiliser et tirer un bénéfice de ses infrastructures, en revendant une partie de ses productions énergétiques. Date annoncée : 2040.

En Côte-d'Or, une salle des fêtes "bioclimatique" 

À Savigny-le-Sec, en Côte-d'Or, une chaudière à bois a également été installée pour les bâtiments municipaux. Gaz et fioul ont presque totalement été remplacés par des plaquettes de bois, achetées au sein de la communauté de communes.

Grâce à cet investissement, le village est moins impacté par la hausse des prix de l'énergie... même si le budget a quand même été réadapté pour l'année 2022.

"L'année dernière, la dépense exacte était de 15 440 euros", note Jean-Michel Staiger, maire (SE). "Cette année, on a inscrit 24 000 au budget primitif."

Autre infrastructure développée à Savigny-le-Sec : une salle des fêtes bioclimatique. Un bâtiment de 750 m², construit en 2007, qui bénéficie d'une exposition plein sud, d'un bardage en bois et d'un toit végétalisé.

Là encore, le chauffage se fait exclusivement au bois. "La consommation est très faible", défend Jean-Michel Staiger. "Pour chauffer la salle tout l'hiver, la facture est de l'ordre de 1 000 euros, soit l'achat des copeaux."