En direct Affaire Christelle Maillery

Revivez le procès de Jean-Pierre Mura à Chalon-sur-Saône, jugé pour le meurtre de Christelle Maillery

29 ans après le meurtre de Christelle Maillery, le procès de Jean-Pierre Mura (47 ans) s'ouvre ce mercredi 10 juin 2015 à 14 heures devant la cour d'assises de Saône-et-Loire, il devrait durer 10 jours. Cette adolescente, âgée de 16 ans, a été tuée de 32 coups de couteau dans la cave d'un immeuble au Creusot, le 18 décembre 1986. Cette affaire non élucidée fait partie de la série de dossiers plus connus sous le nom des "disparues de Saône-et-Loire". France 3 Bourgogne vous propose de suivre en direct le procès de Jean-Pierre Mura, arrêté en 2011 suite à plusieurs témoignages évoquant ses aveux. L'accusé, lui, nie avoir commis ce meurtre, et nie aussi l'avoir avoué. Il est diagnostiqué schizophrène depuis 1989. #AffaireMaillery

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LES DERNIÈRES INFOS - Mis à jour le 19/06/2015 à 10:45

    Vidéo : le verdict est tombé, Jean-Pierre Mura est condamné à 20 ans de prison

    Reportage de Pauline Ringenbach et Christophe Gaillard, avec les interviews de Marie Pichon (maman de Christelle Maillery), Pascale Maillery (soeur de Christelle Maillery), Marie-Rose Blétry (association "Christelle") et Me Didier Seban (avocat de la partie civile).

    C'est la fin de ce procès, merci de l'avoir suivi en direct sur le site de France 3 Bourgogne !

    Jean-Pierre Mura a donc été condamné à 20 ans de réclusion criminelle, au terme de son procès qui a duré sept jours devant la cour d'assises de Saône-et-Loire, à Chalon-sur-Saône. Jean-Pierre Mura a toujours nié les faits, s'est emporté à deux reprises en insultant un témoin et l'avocat de la partie civile. Il a ensuite refusé de répondre à la cour. Puis, il est resté impassible, à l'annonce de sa condamnation. Son avocat, Me Michel Grebot, a d'ores et déjà précisé qu'il ferait appel, dès demain matin (vendredi 19 juin). 

    Merci d'avoir suivi ce procès "hors norme" sur notre site internet, 28 ans après le meurtre de Christelle Maillery au Creusot.

    (Rédaction du direct : Théo Souman)

    Marie Pichon, la maman de Christelle Maillery, répond à la presse après le verdict.
    Marie Pichon, la maman de Christelle Maillery, répond à la presse après le verdict. - Théo Souman - France 3 Bourgogne

    Page spéciale à 19 heures dans le journal de France 3 Bourgogne !

    Pauline Ringenbach (France 3 Bourgogne)

    Vidéo : Me Michel Grebot annonce qu'il fera appel dès demain matin

    Vidéo : la réaction de Marie-Rose Blétry, de l'association "Christelle"

    Vidéo : la réaction de Me Didier Seban, avocat de la partie civile

    L'audience est levée

    L'audience civile est ouverte, pour établir les dédommagements des parties civiles

    La cour déclare recevables les demandes des parties civile, en évaluant à 70.000 euros pour Marie Pichon, et 35.000 euros pour Yves Pichon. L'ensemble des parties civiles seront dédommagées. M. Mura est responsable intégralement des préjudices subis, la cour le condamne à verser l'intégralité de ces sommes. Des sommes ont également été retenues au titre du préjudice moral. 

    Jean-Pierre Mura est condamné à une peine de 20 ans de réclusion criminelle

    La cour et le jury ont répondu "oui" aux deux questions qui leur étaient posées, à une majorité de 6 voix au moins. Jean-Pierre Mura a donc été reconnu coupable du meurtre de Christelle Maillery, le 18 décembre 1986 dans une cave du Creusot. Et la cour et le jury ont également considéré que son discernement était altéré au moment des faits. En conséquence, la cour et le jury condamnent Jean-Pierre Mura a une peine de 20 ans de réclusion criminelle. Jean-Pierre Mura a 10 jours pour interjeter appel. 

    A l'annonce du verdict, le frère de Jean-Pierre Mura, Joseph, a applaudi de dépit. Le condamné, lui, n'a pas eu de réaction. Il reste impassible, et calme, dans son box.

    Jean-Pierre Mura au 7ème et dernier jour de son procès à Chalon-sur-Saône, le 18 juin 2015.
    Jean-Pierre Mura au 7ème et dernier jour de son procès à Chalon-sur-Saône, le 18 juin 2015. - France 3 Bourgogne

    Après 3h30 de délibération, le jury va rendre son verdict. Jean-Pierre Mura vient d'entrer dans son box

    Jean-Pierre Mura, lors de son procès devant la cour d'assises de Saône-et-Loire, le 18 juin 2015.
    Jean-Pierre Mura, lors de son procès devant la cour d'assises de Saône-et-Loire, le 18 juin 2015. - Christophe Gaillard - France 3 Bourgogne

    La salle d'audience se remplit, le verdict pourrait être annoncé rapidement

    16h48 : cela fait désormais 3 heures que le jury s'est retiré pour délibérer...

    Palais de justice de Chalon-sur-Saône (intérieur)

    Sur les marches du palais de justice de Chalon-sur-Saône, la famille de Christelle Maillery attend le verdict de la cour d'assises

    La délibération du jury vient de commencer. 

    L'attente du verdict commence pour les  proches de Christelle Maillery.
    L'attente du verdict commence pour les proches de Christelle Maillery. - France 3 Bourgogne

    Après 3 minutes, l'audience est suspendue pour la délibération du jury

    13h45 : l'audience reprend, et la parole est donnée à l'accusé pour la dernière fois

    "-Est-ce que vous avez quelque chose à ajouter pour votre défense, M. Mura ?" demande M. Brugère.
    "-Ça fait 4 ans que je suis enfermé alors que je n'ai tué personne, j'en ai profité pour me soigner, ça fait 5 ans que je n'ai pas bu une goutte d'alcool, je crois que je suis stabilisé", déclare Jean-Pierre Mura.
    "-C'est tout ?" demande le président.
    "-Oui." 

    L'accusé a parlé sur un ton posé. La cour se retire, le jury va à présent délibérer. Le verdict est attendu en fin d'après-midi.

    Jean-Pierre Mura au 7ème et dernier jour de son procès à Chalon-sur-Saône, le 18 juin 2015.
    Jean-Pierre Mura au 7ème et dernier jour de son procès à Chalon-sur-Saône, le 18 juin 2015. - Christophe Gaillard - France 3 Bourgogne

    L'audience est suspendue, elle reprendra à 13h45

    “Vous allez rendre la justice, vous devez examiner les charges, les preuves. Et à partir de cet examen, la seule obligation, c'est d'avoir une intime conviction. La conviction c'est vous qui devez vous la forger. Vous allez acquitter Jean-Pierre Mura parce que vous n'avez pas la preuve de sa culpabilité. Si dans ce box, se trouvait votre père, votre mari ou votre fils, et qu'on l'accuse sur la base des éléments qui vous sont donnés, quelle serait votre réaction ? Je crois que votre réaction serait de vous rebeller, de dire c'est pas juste. Et bien c'est le moment de vous rebeller. Même si c'est Jean-Pierre Mura, un homme simple, dans ce box. N'ajoutez pas à ce drame une injustice.”

    Me Michel Grebot, conclut sa plaidoirie

    “On nous dit que le couteau retrouvé en 1987, qui n'existe plus, est l'arme du crime. Parce qu'un expert a comparé une photo, de mauvaise qualité, de ce couteau, avec ceux saisis chez le père de Jean-Pierre Mura. Qu'est-ce qui prouve que ces couteaux appartenaient à Jean-Pierre, et pas à son père ? Imaginons même que ce couteau soit passé entre ses mains : qu'est-ce qui permet de le relier au crime ? Aucune trace de sang n'est révélée, pourtant ce couteau était fermé, sa lame, protégée de la neige. Voilà. A partir de ce moment-là, vous n'avez aucune certitude.”

    Me Michel Grebot, pendant sa plaidoirie

    Me Michel Grebot, avocat de la défense, poursuit sa plaidoirie

    "On nous parle ensuite des aveux que Jean-Pierre Mura aurait fait à Michel Bartolo, Corinne Joly et Eric Benzoni. C'est un enquêteur privé qui apporte cet élément, que Jean-Pierre Mura conteste. Michel Bartolo était amoureux de Christelle Maillery. Et parce qu'il aurait subi une garde-à-vue un peu rude, il ne répond rien à quelqu'un qui vient lui avouer ce meurtre ? A sa place, d'abord je m'inquiéterais, et puis j'alerterais, parce que c'est mon devoir. Non seulement personne n'alerte, mais les dépositions qui sont faites par Corinne Joly et Eric Benzoni sont contradictoires ! Benzoni dit même avoir oublié cet épisode..." 

    "L'image de la cave, où Christelle a été tuée, tout le monde l'a vue dans la presse !", poursuit Me Grebot, faisant référence au transport sur place de l'accusé. "Le nom de Jean-Pierre Mura n'apparait dans la procédure qu'en 2003, on nous dit que Jean-Pierre Mura vient uriner dans la cave par peur de traces ADN ! Mais quand il y va il n'est suspecté de rien, par personne !"

    "Il est vrai que lorsque l'ex-compagne de son frère est venue déposer, Jean-Pierre Mura l'a insultée, comme il a insulté mon confrère, et je m'en excuse en mon nom. Mais il a explosé, parce qu'il sait bien ce qu'elle va dire ! Et il ne le supporte pas. Il n'a jamais agressé sa maman avec une hache pour lui prendre 5 000 francs. C'est tout de même facile de venir en 2011 puis 2015, pour rapporter des faits qui remontent à une conversation téléphonique de 2003 avec la mère de Jean-Pierre Mura, décédée depuis. Doit-on retenir un témoignage invérifiable, qui peut s'expliquer par la douleur d'une maman ?" 

    "Personne n'a vu Jean-Pierre Mura dans le quartier le jour du meurtre ! Pourtant on vous l'a dit, il a grandi ici." L'avocat de la défense revient ensuite sur le témoignage du facteur, bousculé le matin du meurtre à proximité de la cave. "Il nous dit que l'homme avait des cheveux clairs ! Cet élément permet d'exclure Jean-Pierre Mura." 

    Me Michel Grebot (avocat de la défense)
    Me Michel Grebot (avocat de la défense). - France 3 Bourgogne

    “Jean-Pierre Mura n'a pas d'obsession pour Christelle, il a l'obsession du meurtre ! Il est choqué par le meurtre de celle qu'il appelle, une petite fille.”

    Me Michel Grebot, pendant sa plaidoirie
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