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Belfort : Karl Lagerfeld, un couturier “exigeant“ et ”surprenant” raconte l'une de ses collaboratrices

Alors qu'elle travaillait pour le plumassier parisien Lemarié, Jeanne Arsenault a côtoyé le créateur Karl Lagerfeld. / © Viviane Dauphoud-Eddos / France 3 Bourgogne-Franche-Comté ; Britta Pedersen / AFP
Alors qu'elle travaillait pour le plumassier parisien Lemarié, Jeanne Arsenault a côtoyé le créateur Karl Lagerfeld. / © Viviane Dauphoud-Eddos / France 3 Bourgogne-Franche-Comté ; Britta Pedersen / AFP

Depuis mardi, les hommages se multiplient  après la disparition du légendaire Karl Lagerfeld, mardi 19 février. À Belfort, Jeanne Arsenault, l'une des petites mains du couturier et responsable de la confection d'accessoires pour Chanel, se souvient de ses années de travail avec le génie de la mode.

Par V.P. avec Viviane Dauphoud-Eddos

Dans son appartement de Belfort, Jeanne Arsenault fait de grands gestes avec les bras. "En vrac, il sort, comme ça et puis il me dit : mais madame Jeanne, ce n'est pas une collection, c'est une rétrospective ! Et il envoie voler les plumes," raconte-t-elle. Son pire souvenir laissé par Karl Lagerfeld, décédé le 19 février 2019, est devenu une joyeuse anecdote.

Superviseure chez le plumassier parisien Lemarié, Jeanne Arsenault était chargée de superviser la confection des accessoires de grands couturiers. Lui était le directeur artistique des collections Chanel. "Ceci, c'est le plus petit des camélia Chanel qui est posé sur un nœud en ruban de soie comme celui-ci, que j'ai là, autour du cou. Et le camélia, c'était l'emblème de Chanel."
 

Des plumes et des fleurs

Jeune, la Québécoise a quitté son Canada natal pour Paris, avant d'être engagée chez Lemarié. Entre 1986 et 1993, elle fournit des fleurs et des plumes au créateur, un homme exigeant, créatif et surprenant. Comme ce jour où ses collaborateurs se demandent, lors d'un défile, où est passé le bouquet réalisé par leurs soins. "Au moment où la mariée se retourne pour repartir du podium, eh bien je vois que le bouquet est sur les fesses !" confie-t-elle.

 

Il lui fallait toujours des crayons bien taillés, tous à la même hauteur.

Jeanne Arsenault



Aujourd'hui, elle se remémore ses séances de travail avec l'un des génies de la mode. "Il lui fallait toujours des crayons bien taillés. Donc, il avait un pot avec des crayons taillés, tous, à la même hauteur," affirme-t-elle, avant d'ajouter : "il y avait un silence dans le studio. Les seules à lui adresser la parole, c'était les membres de son équipe rapprochée. Pour moi, tout ça, la haute couture, le show biz, c'était irréel." Une expérience merveilleuse à l'image de ce personnage hors du commun.

 
Belfort : une collaboratrice de Karl Lagerfeld se souvient d'un couturier "suprenant" et "exigeant"
Intervenants : Jeanne Arseneault, ancienne superviseure des ateliers plumes et fleurs à la Maison Lemarié. - France 3 Bourgogne-Franche-Comté -  Reportage : Viviane Dauphoud-Eddos et Fabien Dupont. Montage : Sophie Réthoré.

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