Deuil périnatal : "l'accompagnement est essentiel", comment l’hôpital Nord Franche-Comté aide les parents

Le deuil périnatal désigne la perte d’un bébé in utero, lors de l’accouchement ou juste après. Pour venir en aide aux parents, l’Hôpital Nord Franche-Comté les accompagne tout au long de cette difficile épreuve et organise chaque année une cérémonie de commémoration.

Chaque année environ 7000 familles en France sont confrontées à la mort d’un bébé au cours de la grossesse ou de la naissance (image d'illustration).
Chaque année environ 7000 familles en France sont confrontées à la mort d’un bébé au cours de la grossesse ou de la naissance (image d'illustration). © Clive Einstein / Pixabay

Chaque année environ 7000 familles en France sont confrontées à la mort d’un bébé au cours de la grossesse ou de la naissance. Une épreuve douloureuse à surmonter et pouvant être traumatisante. Pour venir en aide aux parents endeuillés, l’Hôpital Nord Franche-Comté a mis en place un accompagnement spécifique. Catherine Augustoni, cadre du pôle Femme-Mère-Enfant est au cœur de celui-ci et œuvre quotidiennement à la prise en charge de ces couples.               

" L’accompagnement par l’équipe médicale est essentiel, explique-t-elle, nous donnons une grande attention à l’enfant et au couple par rapport à l’arrivée du bébé décédé ou qui va bientôt décéder. L’équipe médicale est présente tout du long".

Comment les couples sont-ils pris en charge ?

"Il y a plusieurs façons de perdre un bébé", continue Catherine Augustoni. Première chose, une échographie. "Celle-ci va diagnostiquer le fait que l’enfant a une maladie létale. À ce moment-là, il y a tout un processus anténatal (avant la naissance) et un suivi avec un gynécologue, une sage-femme, un psychologue et un pédiatre".

Ces professionnels préparent les parents à faire un choix douloureux : "Interrompre la grossesse ou la continuer sachant que l’enfant ne sera pas viable à la naissance". L’équipe médicale de l’hôpital Nord Franche-Comté accompagne aussi les parents qui souhaitent faire une IVG. Le décès se fera in utero ou juste à la naissance.      

un gynécologue, une sage-femme, un psychologue et un pédiatre accompagnent les parents (image d'illustration).
un gynécologue, une sage-femme, un psychologue et un pédiatre accompagnent les parents (image d'illustration). © Fernando Zhiminaicela / Pixabay

"Les parents sont bien sûr, accompagnés de la même façon, que l’enfant décède avant les 22 semaines ou qu’il soit à terme". À chaque fois, Catherine Augustoni rencontre les parents et les aide à prévoir les démarches suivantes.

Une fois de retour chez eux, les couples sont suivis par une sage-femme, "pour voir si tout se passe bien, si toutes les questions ont été posées". L’équipe de l’hôpital essaye ainsi de répondre à tous les besoins des couples, jusqu’à mouler des empreintes et des plâtres de l’enfant. "On fait tout ce que les parents souhaitent pour garder des traces mémorielles. Tout ce que les parents peuvent garder pour que cet enfant ait aussi une histoire de vie dans leur famille", continue Catherine Augustoni.

Une équipe formée au deuil prénatal

Si l’épreuve est douloureuse pour les familles, les équipes médicales peuvent aussi très mal vivre ces naissances. C’est pourquoi le personnel médical est régulièrement formé au deuil prénatal.

On va préparer l'équipe à recevoir un enfant malformé ou un enfant qui va décéder. Ce n’est pas facile. Ces personnes, qui vivent le deuil périnatal, sont déjà dans une grande détresse et il faut vraiment qu'on soit encore plus empathiques.

Catherine Augustoni, cadre du pôle Femme-Mère-Enfant

Un lien fort se crée ainsi entre les couples et l’équipe.

"Il y a 30 ans, les parents étaient vraiment en très grande difficulté"

Catherine Augustoni travaille au pôle Femme-Mère-Enfant de l’hôpital Nord Franche-Comté depuis 36 ans. À ses débuts, la prise en charge des deuils prénataux était bien différente.

Je peux vous dire qu’il y a 30 ans, les parents étaient vraiment en très grande difficulté. Ce que l’on voyait surtout, c’était de la sidération. Nous n’arrivions pas à communiquer avec eux.

Catherine Augustoni, cadre du pôle Femme-Mère-Enfant

À l’époque, les corps des enfants étaient cachés. Une façon de protéger les jeunes mères. "On pensait faire bien". Mais, depuis que l’hôpital procède différemment, Catherine Augustoni dit avoir constaté un changement radical chez les parents : "En tant que cadre, j’ai énormément de retours concernant la prise en charge et beaucoup de couples disent que grâce à nous, ça s’est passé au mieux".

Chaque année, une cérémonie de commémoration

En plus d’un groupe de parole qui se réunit trois fois par an, l’hôpital organise annuellement une cérémonie de commémoration "des tout-petits". Elle se déroule tous les 3e samedi du mois de juin à 10h30. Ainsi, la prochaine se déroulera le 19 juin 2021 à l’espace funéraire du Crématorium d’Héricourt (Haute-Saône).

"On se réunit avec les familles qui le souhaitent pour un temps de recueillement, bien sûr, areligieux", explique Catherine Augustoni, à l'origine du projet. Une commémoration très solennelle avec musique sur le thème du deuil périnatal, lecture de poèmes, lâcher de ballons. 

En fin de cérémonie, les parents sont invités à monter jusqu’au "jardin du souvenir des tout-petits", installé en 2010 par le Crématorium d’Héricourt. "C’est un endroit spécifique pour les enfants, des parents y déposent des objets, des pierres avec les prénoms, des doudous, des rubans… Ce jardin est accessible à l’année à n’importe quelle heure de la journée".

Lecture de poèmes et lâcher de ballons sont prévus lors de la commémoration (image d'illustration).
Lecture de poèmes et lâcher de ballons sont prévus lors de la commémoration (image d'illustration). © MAXPPP / Alexandre MARCHI

L’occasion pour les parents de rencontrer des personnes ayant vécu le même traumatisme. "C’est l’histoire de leur vie. Une histoire qui est présente en permanence", conclut Catherine Augustoni.

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