Tenue jugée trop provocante à Belfort : "Ma fille est rentrée humiliée", un père de famille dénonce les propos d'un prof

Sa fille a été priée par son professeur de mathématiques de venir habillée avec une tenue moins provocante, à cause d'un haut jugé "trop décolleté". La scène s'est produite dans un collège de Belfort. Détails. 

David, un parent d'élève d'une jeune fille de 14 ans scolarisée au collège Arthur Rimbaud à Belfort, ne décolère pas. "Arrivée en cours de mathématiques, elle n’a pas eu le temps d’enlever sa veste que son professeur lui a fait remarquer, devant toute sa classe, que son décolleté était trop voyant et que sa tenue était donc vulgaire selon ses mots. Il ne comprenait d’ailleurs pas comme on avait pu la laisser entrer dans le collège" écrit-il sur les réseaux sociaux mardi 22 septembre, dans une publication devenue virale et partagée des milliers de fois sur la toile. Ce dernier publie également la photo de sa fille et de la tenue pointée du doigt. Un jean noir et un haut, somme toute basiques.

"Par sa réflexion stupide, il a mis une cible sur ma fille. Cette cible, c’est celle qui justifiera les propos des plus tordus (puisqu’il y’en a quelques-uns dans ce collège) à l’égard des filles. Et quand on sait comment sont traités ces comportements... J’entends déjà les « tu t’habilles comme une pute, même le prof l’a dit ». Sa réflexion est l’expression du même mécanisme qui consiste à justifier un viol par la tenue vestimentaire de la victime" s'indigne le père de famille.

Ma fille est rentrée humiliée. Choquée.

David, parent d'élève

Ce n'est pas le premier cas de ce genre. À Besançon, des élèves de classes préparatoires aux grandes écoles au lycée Victor-Hugo à Besançon ont été la cible de remontrances de la part de leur professeur de mathématiques, comme le rapportent nos confrères de l'Est Républicain. Jugeant leurs tenues vestimentaires inappropriées, ce dernier a établi une charte de bonne conduite et entend bannir de son cours "décolletés, shorts, minijupes, et de façon générale toute tenue vestimentaire non adaptée dans une salle de classe."

Depuis quelques semaines, la tenue vestimentaire des collégiens et lycéens est scrutée. À vrai dire, il s'agit surtout de la tenue des jeunes filles qui est en question.

Le ministre Jean-Michel Blanquer a déclaré : "L’école n’est pas un lieu comme les autres, ce n’est pas comme si vous allez à la plage ou en boîte de nuit (...) Chacun peut comprendre qu'on vient à l'école habillé d'une façon républicaine". Ce dernier a préconnisé le short uniquement "pour faire de l’éducation physique et sportive". Ces propos ont été largement critiqués, notamment par les associations spécialisées dans les droits des femmes. La ministre déléguée à l'Égalité Femmes-Hommes, Elisabeth Moreno, s'est d'ailleurs inscrite en faux contre les propos de son collègue de l'Éducation nationale.

Des règles discriminatoires

Dans les établissements scolaires, les différences de traitement entre les filles et les garçons concernant le port des shorts sont de plus en plus courants, ou en tout cas dénoncés.

Certains parents ne cachent pas leur exaspération quant à ces injustices. Dans le collège Yves Montand d'Allauch dans les Bouches-du-Rhône, filles et garçons ne seraient pas logés à la même enseigne. Les filles portant des jupes courtes et des shorts ne sont pas tolérées, comme le rapportent nos confrères de France 3 Côte d'Azur. Ces derniers donnent la parole au père d'Anouck, une collégienne menacée d'heures de colle en raison d'un short. Le père d'Anouck a exprimé sa colère et son incompréhension face à cette discrimination.

"Partout sur notre territoire, à Nîmes en août, à Reims il y a quelques jours et encore plus récemment à Strasbourg, des jeunes filles ont été agressées et frappées dans la rue pour leur tenue, ou pour avoir refusé des avances" dénonce David, le père de famille franc-comtois, dont la fille a été reprise par son professeur à Belfort. Ce dernier souligne qu'en aucun cas il ne s'agit d'une vendetta de sa part. Le professeur a présenté des excuses à sa fille, après avoir été convoqué par la direction. Néanmoins, pour David et sa fille, le mal est fait.

"Il a fait une bêtise"

"Moi je n'ai aucune exigence. Je ne vais pas demander la tête de quelqu'un ou encore qu'il soit viré. Pour moi l'éducation nationale a un rôle, c'est de gérer l'éducation de nos enfants mais aussi de gérer l'attitude de leurs professeurs. En l'occurrence il a fait une bêtise, il doit etre sanctionné mais c'est à la direction de l'école de placer le curseur de la sanction" nous explique-t-il, tout en précisant que l'inspection académique est prévenue.

Le papa s'est entretenu avec le principal du collège. Il conclut : "Il faudrait que les gens se rebiffent contre cet état d'esprit puritain. Ma gamine je ne vais pas l'élever comme dans la petite maison dans la prairie. J'ai une fibre très républicaine. Mes gamines baignent là dedans. L'attitude de ce prof est en totale opposition avec ces valeurs-là. Il faut que ça ressorte".

Nous avons tenté de joindre à plusieurs reprises ce mercredi la direction de l'établissement scolaire belfortain, en vain. 
 
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