Territoire de Belfort : Bavilliers épinglé par Anticor, l’association anticorruption

L’association Anticor a épinglé ce lundi 18 novembre la mairie de Bavilliers / © PHOTOPQR/BERRY REPUBLICAIN/MAXPPP
L’association Anticor a épinglé ce lundi 18 novembre la mairie de Bavilliers / © PHOTOPQR/BERRY REPUBLICAIN/MAXPPP

Anticor, collectif contre la corruption, a révélé ce matin la liste des bons et des mauvais élèves parmi les maires qui avaient signés en 2014 la charte éthique de l'association. Dans le Territoire de Belfort, Bavilliers écope d'un feu rouge. 

Par Johanna Albrecht

Ils avaient signé la charte éthique d'Anticor en 2014, mais pourtant, aujourd'hui l'association estime qu'ils n'ont pas suivi ses principes. Ce matin, le secrétaire général d'Anticor, Grégoire Turlotte a révélé la liste des mauvais élèves de leur charte municipales 2014. Parmi les communes qui se sont vues attribuer un "feu rouge" : Bavilliers dans le Territoire de Belfort.

Pendant la campagne municipale, près de 500 listes électorales avaient signé cette charte. En échange, les candidats pouvaient afficher le logo de l'association sur leurs affiches et leurs programmes. Ils s'engageaient notamment à ne pas cumuler plusieurs mandats politiques, à créer une commission éthique ou encore à favoriser le rôle de l'opposition. Quarante des signataires avaient été élus maires à l'issue du scrutin. Aujourd'hui, 16 d'entre eux sont épinglés.

C'est un engagement signé, et quand on ne le respecte pas, c'est dommage
- Didier Melmoux, coordinateur des groupes locaux d'Anticor 

 

Des engagements remis en question 


Pour les représentants d'Anticor, il y a peu de place pour le doute. Eric Korberlé ne s'est pas vraiment tenu à la charte. "En fin de compte, il a suivi peu d'engagements" constate Didier Melmoux "il s'est engagé pour avoir une position éthique et bon bah, il ne l'a pas réellement fait, c'est de la promesse électorale qui n'a pas été suivie". L'association reproche notamment à Eric Koberlé de ne pas avoir répondu à ses sollicitations pour tirer un bilan de son mandat. Une accusation qu'il réfute entièrement "je n'ai pas du tout été contacté par Anticor, depuis des années" explique-t-il. "Qu'ils appellent sur mon portable, je les prendrai en direct" ajoute-t-il "ou à la mairie aux heures de bureau, je leur répondrai". Anticor nous a répondus l'avoir contacté par mail le 8 juin 2017. "On ne relance pas systématiquement" concède Didier Melmoux, avant d'ajouter "mais on est quand même allés voir sur les sites de la ville et tout ce qui s’en suit, voir ce qu'il en était".
 

Le feu rouge, je m'en fous 
- Eric Koberlé, maire de Bavilliers


Pour l'association, le maire n'a pas suivi ses principes sur cinq points en particulier. La première, l'absence de publicationdes indemnités des élus sur le site internet de la commune. "Ils n'ont pas pu les trouver, mais c'est transparent, il y a des délibérations, et elles sont publiées" rétorque Eric Koberlé. "Bien sûr, on peut toujours aller voir dans les délibérés, ça sera toujours marqué" rétorque Didier Melmoux "mais s'il faut remonter à six ans en arrière, je ne vous raconte pas le bazard, niveau transparence, il y a mieux". Par ailleurs, sur ce fameux site internet, nous n'avons pas pu accéder aux délibérés antérieurs au 19 décembre 2017. Or, c'est souvent lors du premier Conseil municipal que les indemnités des élus sont décidées.

Autre reproche fait à l'édile : l'absence de mise en place d'une commission éthique. "Ça, je ne sais plus" reconnait Eric Koberlé "on a mis ça en place, à priori elle ne s'est pas réunie car il n'y avait pas besoin". La présidence de la commission des finances, détenue par le maire, poserait également problème : "il est écrit qu'il faut la proposer à l'opposition" se défend le maire "je l'avais proposée, mais ils ont refusé". Si Didier Melmoux concède qu'il ne s'agit peut-être pas du problème le plus saillant, il ajoute "il aurait pu mettre un adjoint, ou un conseiller plutôt que lui". Plus grave pour Anticor, les listes des marchés publics et d'attributions des subventions ne sont pas publiées sur le site internet. Par ailleurs, la participation citoyenne ne semblerait pas au coeur du projet de la municipalité. Sur ces deux derniers points, le maire ne s'est pas exprimé. 

L'édile voit dans ce feu rouge une décision politique : "c’est quand même devenu une officine de gauchiste". Le maire d'ajouter : "ils peuvent venir voir la situation des finances et comparer, on a diminué la dette, on a fait des investissements intéressants, malgré la diminution de la participation de l'Etat". Quant à l'association, elle réfute l'accusation "on n'a pas de vision partisane quelqu'elle soit" explique Didier Malmoux "on a des gens de gauche, comme de droite et on travaille ensemble". Pour le coordinateur des groupes locaux, il s'agit plutôt d'un "raccourci un peu facile et d'une sorte d'excuse".
 

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