Histoires 14-18 : Le caporal Peugeot

A Joncherey, un instituteur de 21 ans est entré dans les livres d’histoire. Il s’appelait Jules André Peugeot. Il est le premier mort de la guerre, trente heures avant qu’elle ne soit déclenchée.

Par Aline Bilinski

Le 1er août 1914, le président Raymond Poincaré croit encore à une issue pacifique.

Il maintient les troupes à dix kilomètres à l’intérieur de la frontière allemande de 1871 pour éviter tout incident.
Les villages proches sont évacués. Et ici, à Joncherey, le caporal Peugeot, et quatre hommes dans la maison alors isolée de la famille Docourt.


Et le dimanche 2 août, vers dix heures, une patrouille de sept cavaliers allemands, venus de Mulhouse, franchit la frontière et se dirige vers Joncherey…
L’alerte est donnée.
Le caporal Jules André Peugeot sort précipitamment, se met en position de tir sur le pas de la porte.
Le lieutenant allemand Albert Mayer, charge au galop, tire trois coups de revolver sur le caporal français, qui s’effondre, mort….non sans avoir riposté.
L’Allemand, touché de deux balles, tombe de cheval un peu plus loin, mort à son tour…


Le lieutenant Mayer est enterré ici dans le cimetière de Joncherey, avec les honneurs militaires. Il sera transféré après guerre à Illfurth dans le Haut-Rhin.
Le Caporal Peugeot est enterré à Etupes, son village natal, le 4 août ….alors que l’Allemagne déclare la guerre à la France.

Il deviendra un symbole, un élément de propagande, comme le premier mort de la grande guerre…deux jours avant même qu’elle n’ait commencé.


Histoires 14-18 : Le caporal Peugeot
Source archives : Archives ville de Joncherey - France 3 - F. Cicolella


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