Histoires 14-18 : Sadia Darmon, rabbin aumônier

© Collection privée Nadia Hofnung/Le Centre d’étude et de recherche sur les camps d'internement du Loiret/Pathé Gaumont
© Collection privée Nadia Hofnung/Le Centre d’étude et de recherche sur les camps d'internement du Loiret/Pathé Gaumont

Par France 3

Sadia Darmon, juif d’Algérie française est rabbin. En 1914, il s’engage avant même que sa classe ne soit appelée. Il sera soldat puis aumônier dans l’armée, pour les Israélites et les autres. Sadia Darmon est né en 1884 dans l’Oranie, en Algérie. Il est professeur d'hébreu mais vit principalement du métier de bottier à Béni-Saf, un petit port de pêche.

En 1914, il a trente ans et n’est donc pas mobilisé d’autant qu’il a charge de famille. Mais il s’engage volontairement. Arrivé en Avignon le 9 janvier 1915, il est incorporé au 2ème régiment de Zouaves (60° compagnie 1ère escouade). Il endosse l’uniforme comme 30 000 prêtres et séminaristes, 500 pasteurs et théologiens protestants et une centaine de rabbins. Depuis la loi de 1905, aucun n’est dispensé du service armé.

Histoires 14-18 : Sadia Darmon, rabbin aumônier
Source archives : - Collection privée Nadia Hofnung - Le Centre d’étude et de recherche sur les camps d'internement du Loiret - Pathé Gaumont  - France 3 - F. Cicolella

Après deux ans comme soldat, (et sa formation théologique d’Algérie enfin reconnue par le Consistoire central), Sadia Darmon devient aumônier des armées. Ils sont moins d’un millier en 1917. Au front, les aumôniers célèbrent les offices. Ils assurent les funérailles dans les moments de répit du champ de bataille et président des cérémonies à la mémoire des tués.

Ils accompagnent aussi blessés et mourants – d’où leur assimilation au personnel sanitaire et le port d’un brassard avec une croix rouge. Par leur proximité avec les combattants ils contribuent à entretenir leur moral. Mais non armés, agissant à découvert, souvent de manière héroïque, ils payent un lourd tribut.


Vu leur faible nombre, les aumôniers servent tous les soldats, toutes confessions confondues. Le 29 août 1914, le grand rabbin de Lyon, Abraham Bloch, est tué par un éclat d’obus dans les Vosges en portant un crucifix à un catholique qui l’avait pris pour un prêtre. Il deviendra un symbole du patriotisme et de l’Union sacrée.

Sadia Darmon, lui est blessé en 1918 et hospitalisé. Devenu invalide de guerre et  décoré de la Croix du combattant, il rentre en Algérie et reprend sa vie de cordonnier et rabbin, sa vie d’avant...

Remerciements chaleureux à Nadia Hofnung pour nous avoir raconté l'histoire de son grand-père et prêté les précieux documents familiaux.

 

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