• FAITS DIVERS
  • SOCIÉTÉ
  • ÉCONOMIE
  • DÉCOUVERTE
  • JUSTICE
  • SPORT

Vesoul : l'assassin de Stéphane Dieterich condamné à 20 ans de réclusion criminelle, 25 ans après les faits

La famille de la victime disait "ne plus rien attendre de ce procès". / © France 3 / Emmanuel Rivallain
La famille de la victime disait "ne plus rien attendre de ce procès". / © France 3 / Emmanuel Rivallain

Le corps de Stéphane Dieterich, étudiant belfortain de 24 ans, avait été retrouvé dans un bois près de Belfort, en 1994. Plus de deux décennies après les faits, Christophe Blind a été jugé coupable de son assassinat et condamné à 20 ans de réclusion criminelle, conformémément aux réquisitions.

Par France 3 avec AFP

Christophe Blind, 49 ans, a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de Vesoul pour l'assassinat, un quart de siècle plus tôt, de Stéphane Dieterich, un étudiant belfortain. Un verdict qui valide la préméditation, l'objet des débats pendant cinq jours.

"Pendant 20 ans, [Christophe Blind] a vécu sa vie. Il a bénéficié d'une forme d'impunité totale alors qu'il a assassiné un homme. C'est cette impunité que je vous demande de briser", a lancé Frédéric Lutz, l'avocat général, à l'adresse des jurés de la cour d'assises de la Haute-Saône et du Territoire de Belfort, qui siège à Vesoul. Ces derniers ont suivi le magistrat qui avait requis 20 ans de prison.
 
L'assassin de Stéphane Dieterich condamné à 20 ans de réclusion criminelle, 25 ans après les faits
>> Emmanuel Rivallain et Denis Colle

Dénonçant "l'absence de sincérité de l'accusé", Claire Doubliez l'avocate de la mère et du frère de la victime, parties civiles, a regretté que Christophe Blind n'ait "pas eu un mot (...) à [leur] endroit" tout au long de ce procès qui s'est ouvert lundi. Ce que le frère de la victime déplorait sur notre antenne ce midi.

"Il faut être un animal à sang froid pour tuer le soir à 22h et se rendre au commissariat le lendemain matin avec la mère de Stéphane Dieterich", a ajouté l'avocate des parties civiles.

L'avocat de l'accusé, Julien Dami Le Coz, a contesté la préméditation retenue par le ministère public. "De 1990 au 4 juillet 1994, jusqu'à quelques secondes avant les faits, Sylvain Dieterich a imposé à Christophe Blind des actes à caractère sexuel", a-t-il soutenu, affirmant que la victime exerçait une "ascendance" sur son meurtrier ce qui est faux, d'après la famille de la victime.
 

Regrettant une peine "assez lourde" à l'énoncé du verdict, l'avocat de la défense s'est réservé la possibilité d'interjeter appel. Selon Le frère et la mère de Stéphane Dieterich, il s'agit d'un crime crapuleux à l'encontre d'un étudiant brillant. Ils disaient pourtant ne rien attendre de ce procès.

"Avec ma mère, nous avons deux sensations : la première c'est que de toutes façons, Stéphane ne reviendra plus et que pour une maman, c'est pas le nombre d'années [de prison] qui change la donne. De mon côté, j'estime qu'après le combat qui a été mené avec tous les anonymes, les personnalités, c'est une grande victoire pour rendre justice à Stéphane. Il le méritait", confie le frère de la victime dont le corps a été découvert, criblé de coups de couteaux, en juillet 1994 dans un bois de Cravanche, près de Belfort.

 

Des aveux à la limite de la prescription


Stéphane Dieterich, âgé de 24 ans au moment des faits, avait été tué dans la nuit du 4 au 5 juillet 1994. Son corps, lardé de onze coups de couteau, avait été retrouvé dans un bois, à Essert, une commune voisine de Belfort.

A l'époque, Christophe Blind avait été placé en garde de vue, figurant parmi les nombreuses pistes explorées par les enquêteurs. Le jeune homme, qui apparaissait comme l'une des dernières personnes à avoir vu la victime vivante, avait toutefois été mis hors de cause par une ordonnance de non-lieu rendue en octobre 2001. La famille avait fait appel de cette décision, qui avait été définitivement confirmée en 2003 par la Cour de cassation.

Mais en 2013, l'affaire connaît un rebondissement : des scellés non exploités sont analysés grâce aux avancées techniques. Un rapport d'expertise a entraîné la saisine d'un juge d'instruction en février et l'enquête a été relancée, quelques mois avant que les faits soient prescrits.

Deux émissions de télévision consacrées à ce meurtre non élucidé, ainsi que l'activité de la famille pour faire vivre la mémoire de Stéphane Dieterich, ont suscité aussi de nouveaux témoignages.

En décembre 2015, Christophe Blind a de nouveau été placé en garde à vue et a fini par avouer être l'auteur de cet homicide avant d'être mis en examen pour meurtre et écroué. La chambre de l'instruction a ensuite requalifié les poursuites en assassinat, comme l'avait requis le parquet.

 

Sur le même sujet

Vacances studieuses sur les traces du patrimoine bisontin

Les + Lus