Vesoul : une information judiciaire ouverte après la noyade d'un jeune migrant au lac de Bonnal

Le jeune camerounais était venu à Besançon (Doubs) pour retrouver un cousin. / © IP3 PRESS/MAXPPP
Le jeune camerounais était venu à Besançon (Doubs) pour retrouver un cousin. / © IP3 PRESS/MAXPPP

Le procureur de Vesoul, Emmanuel Dupic, a ouvert, ce vendredi 2 août, une information judiciaire suite à la noyade d'un jeune migrant de 14 ans au lac de Bonnal (Haute-Saône), le 25 juillet dernier. En errance à Besançon (Doubs) depuis son arrivée, il devait être placé en famille d'accueil.

Par Avec AFP

Le procureur de la République de Vesoul a ouvert, ce vendredi 2 août, une information judiciaire pour homicide involontaire après la noyade, le 25 juillet dernier, au lac de Bonnal (Haute-Saône), d'un jeune migrant camerounais de 14 ans, au terme d'un exil chaotique et douloureux.
 
Zachée Otto Koutama participait à une colonie de vacances avec une dizaine d'autres adolescents, pour la plupart de jeunes migrants, quand il s'est noyé dans une zone de baignade surveillée, a indiqué lors d'une conférence de presse le procureur de la République à Vesoul, Emmanuel Dupic.

La surveillance inquiétante des maîtres-nageurs

 
Le magistrat a ouvert une information judiciaire contre X pour "homicide involontaire par violation manifestement délibérée d'une obligation de sécurité ou de prudence" et "non assistance à personne en danger".

Deux maîtres-nageurs employés par le gérant du site, sur le lac de Bonnal, et cinq animateurs de la colonies devaient assurer la surveillance de la baignade du groupe, a-t-il précisé. Selon Emmanuel Dupic, des "interrogations" pèsent sur cette surveillance, l'enquête ayant déjà démontré que les maîtres-nageurs ne possédaient pas les diplômes requis.

Le 25 juillet, Zachée Otto Koutama avait été déclaré disparu à 15 heures 15. Mais "les secours n'ont été appelés qu'à 18H35", a souligné le procureur. "Les pompiers plongeurs ont retrouvé le corps à 19 heures 35, à 10 mètres d'un poste de surveillance".

Un parcours entre le Cameroun, l'Algérie et la Lybie


Les gendarmes de la brigade de Rioz (Haute-Saône) ont reconstitué le parcours chaotique de l'adolescent grâce à son téléphone portable et à son carnet intime.

"Je m'appelle Zachée, je suis né à Douala au Cameroun le 10 octobre 2004, de père inconnu et abandonné par ma mère à ma grand-mère", avait écrit l'adolescent. Confié par sa mère à sa grand-mère, Zachée vivait des revenus d'un oncle. Au décès de ce dernier, en décembre 2016, l'enfant avait rejoint une tante en Algérie avant d'être confié à un passeur libyen. Il restera un mois en Libye, dans des conditions d'extrême précarité.

Son corps retrournea au Cameroun


En juin 2018, le jeune Camerounais avait finalement traversé la Méditerranée sur un bateau pneumatique intercepté par les autorités italiennes. Après avoir passé huit mois dans un centre de migrants à Naples, il était parti pour la France.

A son arrivée, il espérait contacter un cousin à Besançon (Doubs) mais ne l'avait pas retrouvé. "Sans-domicile fixe, en errance à Besançon, il est aidé par une association avant d'être pris en charge par l'Aide sociale à l'enfance. Il devait prochainement rejoindre une famille d'accueil", a expliqué le procureur. 

"Son corps va être remis à sa mère et à sa grand-mère au Cameroun", a-t-il précisé.
 

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