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Accident mortel au passage à niveau de Jonches : la visibilité réduite et l'appel téléphonique pointés par l'enquête

L'accident en janvier 2018 entre une voiture et un TER avait fait deux morts à Jonches. / © France 3 Bourgogne
L'accident en janvier 2018 entre une voiture et un TER avait fait deux morts à Jonches. / © France 3 Bourgogne

En janvier 2018, deux personnes sont mortes dans un accident entre leur voiture et un train régional au passage à niveau de Jonches (Yonne). Le rapport d'enquête pointe notamment la visibilité réduite mais aussi l'appel téléphonique tenu par la conductrice au moment de l'accident.

Par M. F.

Le 14 janvier 2018, une mère et son fils sont morts dans la collision de leur voiture avec un TER au passage à niveau de Jonches, à Auxerre (Yonne).

Le bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT), un service du ministère des transports, a rendu public ce mardi 2 avril son rapport final sur cet accident.

Selon ce document, "deux facteurs ont probablement contribué à la survenue de l’accident :
  • la conversation téléphonique tenue par la conductrice, qui a pu perturber sa perception des événements et sa prise de décision ;
  • la visibilité réduite sur la voie ferrée depuis l’espace sur lequel était arrêté le véhicule."


Que s'est-il passé ?

Le rapport rappelle les circonstances précises de l'accident : "À l’approche du passage à niveau n°19, les occupants du véhicule sont en conversation téléphonique avec un proche. Vers 17 h 33, le véhicule s’engage sur le passage à niveau à vitesse réduite puis s’arrête pour une raison indéterminée. Aucun élément disponible ne permet de déterminer si les feux rouges clignotants et la sonnerie sont déjà activés à cet instant ou s’ils se déclenchent après l’arrêt du véhicule.

La demi-barrière du passage équipant le sens de circulation du véhicule se referme derrière lui. À partir de ce moment, il reste une vingtaine de secondes avant l’arrivée du train sur le passage à niveau. Le véhicule fait marche arrière et vient percuter la demi-barrière abaissée, qui pivote sur son support sans se rompre. Les phares du véhicule s’éteignent, ce qui laisse penser que son moteur est coupé, puis ils se rallument. Le véhicule reste immobilisé pendant quelques secondes.

Le TER, qui a quitté la gare d’Auxerre Saint-Gervais trois minutes plus tôt, roule à une vitesse de l’ordre de 110 km/h à l’approche du passage à niveau. Après avoir consulté sa fiche train, le conducteur levant les yeux voit, du côté droit de la voie, le véhicule arrêté entre la barrière et la voie ferrée. Il déclenche un freinage d’urgence environ 50 m avant l’arrivée sur le passage à niveau.

Simultanément le véhicule léger redémarre en marche avant et traverse la voie ferrée au moment de l’arrivée du train, qui le percute au niveau de la portière avant gauche. Le TER s’arrête environ 500 m après le lieu de la collision."

 
Figure extraite du rapport du bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre. / © BEA-TT
Figure extraite du rapport du bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre. / © BEA-TT
Figure extraite du rapport du bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre. / © BEA-TT
Figure extraite du rapport du bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre. / © BEA-TT

Le rapport précise : "Depuis l’accident, de nouveaux aménagements du passage à niveau ont été décidés en septembre 2018 à titre expérimental :
  • un marquage au sol matérialisant une zone où l’arrêt est interdit
  • la pose de diodes clignotantes sur les barrières
  • l’installation de caméras permettant notamment de vérifier le bon fonctionnement des équipements."

Ce passage à niveau n°19 de ligne entre Auxerre et Laroche-Migennes avait déjà connu un autre accident entre 2006 et 2017, rappelle le rapport du BEA-TT. Le 14 décembre 2010, un car scolaire et un train s'étaient percutés. L'accident avait fait 17 blessés, dont un grave, tous passagers de l'autocar.

Ce passage à niveau figure depuis plusieurs années sur la liste des ouvrages les plus dangereux de France, dont la suppression est programmée.
 

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