Dans l'Yonne, l'activité de l'Ehpad de Saint-Agnan suspendue en urgence pour "graves dysfonctionnements"

Publié le
Écrit par Lisa Guyenne

Les pouvoirs publics ont relevé un ensemble de problèmes qui "mettent gravement et immédiatement en danger la santé, la sécurité et le bien-être des personnes accueillies", indique l'ARS de Bourgogne-Franche-Comté.

L'Agence régionale de santé vient de le faire savoir dans un communiqué : dans l'Yonne, l'ARS et le conseil départemental suspendent "en urgence" l'activité de l'EHPAD Flore situé à Saint-Agnan, au nord du département, près de Villeneuve-la-Guyard. 

Manque de soins et de prise en charge, défauts en matière de sécurité

L'ARS liste de nombreux problèmes relevés lors de l'inspection réalisée les 11 et 12 mai par les services de l'ARS et du conseil départemental :

  • "L'absence de continuité de soins médicaux et paramédicaux mettent en particulier gravement en danger la santé et la sécurité des résidents"
  • "Un défaut de prise en charge et d'accompagnement individualisés adaptés à l'âge et aux besoins des résidents et favorisant leur autonomie, compromet leur santé et leur bien-être"
  • "D'autres manquements relatifs au circuit du médicament ou à la sécurisation des locaux ont été relevés"

"L'ensemble de ces dysfonctionnements met gravement et immédiatement en danger la santé, la sécurité et le bien-être des personnes accueillies", conclut l'ARS.

Le groupe Bridge déjà accusé de maltraitances

Prononcée ce mercredi 18 mai, la suspension de l'activité de l'EHPAD vaut pour six mois. Trois administrateurs provisoires viennent d'être nommés "pour assurer la continuité de la prise en charge de la quarantaine de résidents de cet établissement", exploité par le groupe Bridge. 

Ce n'est pas la première fois que ce groupe est mis en cause dans des affaires de maltraitance de résidents : des témoignages sont apparus récemment en Seine-Maritime et en Alsace. Fin avril dernier, quelques mois après les révélations du scandale Orpea, France Inter consacrait une enquête aux "méthodes contestées" de Bridge, évoquant des résidents "pas douchés pendant plus d'une semaine", des "seringues périmées pour piquer les patients", des méthodes de management qui "ont fait fuir les salariés", des Ehpad "qui accueillent plus de résidents que les ARS ne l'autorisent". 

À la suite de la décision de l'ARS et du conseil départemental de l'Yonne, France 3 Bourgogne a tenté de joindre le groupe Bridge, sans succès.