Guerre en Ukraine : une habitante d'Avallon accueille 17 réfugiés chez elle

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Écrit par Gaël Simon avec Baziz Djaouti

Olena Gontcharova, une Ukrainienne qui vit à Avallon (Yonne) depuis 5 ans, a mis tout en œuvre pour protéger sa famille. Ce mardi 8 mars, elle accueille chez elle 17 réfugiés qui fuient la guerre en Ukraine.

La fin de deux semaines de fuite. Le 24 février dernier, au moment où les forces russes lancent leurs attaques militaires en Ukraine, la belle-famille d’Olena Gontcharova quitte la ville de Kharkov avec comme objectif de rejoindre la France.

Pendant 10 jours, ils voyagent en voiture afin de rallier la frontière roumaine. Une fois arrivés, ils obtiennent des billets d’avion. Direction Avallon (Yonne) où Olena vit depuis 5 ans.

La jeune femme d’origine ukrainienne reçoit ce mardi 8 mars chez elle les membres de sa famille et leurs amis qui ont quitté leur pays le cœur lourd. Au total, elle et son mari Yevgen accueillent 17 personnes. "Je suis contente qu’ils soient-là. C’est essentiel. On essaye d’aider comme on peut mais c’est très compliqué. C’est très difficile à imaginer. Ils viennent dans des conditions pareilles, c’est horrible".

"On remercie la France"

Cela fait 2 ans et demi qu’Olena n’avait pas vu sa belle-famille, depuis une soirée du jour de l’an. Parmi les 17 réfugiés, beaucoup étaient déjà venus à Avallon et apprécient la Bourgogne. "Je me sens reconnaissant envers la France. Elle nous a super bien accueilli. On remercie tout le peuple français. Dans mon cœur, mon pays c’est la France. Mon fils y habite. On a été bien reçus", confie Vladimir, professeur à l’université polytechnique de Kharkov qui a tout quitté après les offensives russes du 24 février.

"Nous nous sommes réveillés avec des bombardements à 5 heures du matin. On est parti le jour-même. On s’est dit qu’il fallait quitter le pays sinon ce serait très difficile. J’ai tout laissé, mon appartement, mon travail, tout. Je ne sais pas si je vais retourner là-bas. Mon idée est de revenir dans mon pays", détaille-t-il tout en expliquant que dans sa ville, les habitants encore sur place sont privés de nourriture, de gaz et d’électricité et attendent l’aide de l’Union européenne.

Olena a d’ailleurs encore de la famille en Ukraine, son frère, sa femme et leurs deux filles.

"On doit leur ouvrir les bras"

Pour permettre l’accueil de ses 17 réfugiés ukrainiens, Olena peut compter sur l’appui de la Croix-Rouge. Des denrées alimentaires de première nécessité et des produits hygiéniques ont déjà été livrés. Dans les prochains jours, Olena recevra 300 kg de pommes de terre, des jouets pour les enfants et des livres.

"Il y a beaucoup de dons et de promesses. Samedi et dimanche on sera ouvert pour réceptionner tout ça. Il y a beaucoup de solidarité, on peut remercier les gens pour ça", salue un membre de la structure.

Toujours à Avallon, à quelques mètres de la femme qui vit en France depuis 28 ans, une autre famille ukrainienne a trouvé refuge. Un couple et leurs jumelles sont hébergés par Gérard, investi depuis 20 ans dans l’accueil de réfugiés.

"On a une petite vie de famille avec ces gens-là qui sont adorables mais traumatisés. J’ai une maison, des lits, une retraite confortable, c’est normal d’aider. Ce sont des gens qui fuient la guerre, on doit leur ouvrir les bras. Et c’est valable pour tout le monde. Il n’y a pas de bons et de mauvais migrants !", lance-t-il.

Dans les prochains jours, 5 nouveaux réfugiés ukrainiens feront leur arrivée chez Olena.