Yonne : Les jardins familiaux fermés, une sortie et surtout une source d'alimentation qui s'en va pour les plus modestes

C'est l'une des conséquences du confinement pour lutter contre l'épidémie de Coronavirus Covid-19. Les jardins sont fermés, les sorties interdites. Les jardins familiaux ou ouvriers deviennent donc inaccessibles. Dans l'Yonne, à Migennes, des familles modestes se retrouvent privées de garde-manger.
A Migennes, des jardins familiaux en friche
A Migennes, des jardins familiaux en friche © Claude Heudes / France Télévisions
On les appelle jardins ouvriers, familiaux ou partagés. Des familles, souvent de milieu modeste, y font habituellement pousser leurs propres fruits et légumes sur un petit lopin de terre. Mais dans l'Yonne, à Auxerre, Sens, Joigny ou Migennes, ces jardins sont désormais fermés et les potagers sont abandonnés aux mauvaises herbes. 

Depuis le début du confinement, c'est donc au pied de sa maison, à Brion dans l'Yonne, que George Nolot tente de semer et repiquer salades et carottes. Il est le président des Jardins ouvriers de Migennes, Treize parcelles situées dans la commune voisine, à quelques kilomètres, mais trop loin pour entrer dans le cadre des déplacements autorisés ! 

"Les jardiniers ne peuvent pas travailler." se lamente le retraité. "On ne peut pas aller dans les jardins familiaux puisqu'on ne peut pas se déplacer à plus de 1 kilomètre sans autorisation de la préfecture."

Selon lui, après un hiver humide, le temps presse pour les jardiniers qui doivent travailler la terre. "Rien n’a été fait avec un hiver pluveux. Si la terre n'est pas préparée actuellement, ce sera trop tard. C’est du vrai béton. C'est la période où il faut planter, repiquer, semer !" Si l'interdiction se prolonge, impossible de planter des tomates en juillet ou en août, période à laquelles elles sont normalement récoltées.
 
© Claude Heudes / France Télévisions
 

Un loisir, mais surtout un besoin économique !

Pour les jardiniers, ces potagers représentent un loisir. Mais ils sont surtout une source essentielle d'alimentation gratuite à disposition. Les jardins sont pour la plupart entretenus par des familles modestes et qui n'ont pas forcément les moyens d'acheter les mêmes produits dans le commerce.

George Nolot a donc écrit au préfet de l'Yonne pour que les jardins familiaux, ouvriers ou partagés restent accessibles. "Si chacun reste dans sa parcelle, respecte la distance de 2 mètres, je ne vois pas trop en quoi cela peut géner. Il n’y a que 13 jardins ! Les gens sont respectueux du règlement."

Les jardins resteront fermés au moins jusqu'à la fin de la semaine répond la préfecture pour qui la priorité est au respect des consignes de confinement. Les services de l'Etat doivent cependant s'exprimer jeudi 9 avril sur l'évolution des mesures de confinement dans le département. 

En Picardie, dans le département du Nord ou en Indre-et-Loire, certaines préfectures ont déjà rendu à nouveau accessibles ces jardins familiaux. 

Le reportage dans l'Yonne de Baziz Djaouti et Claude Heudes
 
 
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