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Un appel pour une réforme en Bretagne

Plusieurs organisations bretonnes, politiques, associatives et syndicales, lancent un appel pour une réforme structurelle en Bretagne. Une plate-forme commune pour quatre revendications : langues régionales, réunification,  télévision publique bilingue et une assemblée bretonne unique.

Par Krystell Veillard

L'appel de Pontivy commence par un titre :  Libérons les énergies en Bretagne. Le texte développe quatre revendications pour le changement et plus de démocratie en Bretagne, avec comme premiers signataires de cet appel : Ai’ta ! ; EELV (Europe Ecologie les Verts) ; La gauche indépendantiste (Breizhistance - I.S.) ; Kevre Breizh/Coordination des fédérations culturelles de Bretagne ; MBP (Mouvement Bretagne et Progrès) ;  Parti Breton ; UDB (Union Démocratique Bretonne) ; 44 = BZH ; Bretagne Réunie – Breizh Unvan
Quatre points y sont développés : la ratification de la Charte européenne des langues minoritaires, la réunification de la Bretagne, la création d’une télévision publique bilingue de plein exercice bretonne et enfin de doter la région d'une institution bretonne.


Le communiqué de l'appel de Pontivy

Ces organisations politiques, syndicales, associatives, conscientes de la dureté de la crise économique et sociale et de ses conséquences pour la population bretonne, tiennent à réaffirmer solennellement et vigoureusement l’urgence de réformes structurelles en Bretagne.
Réformes sur lesquelles le gouvernement a toute latitude aujourd’hui pour agir vite en apportant, sans attendre, des réponses positives et concrètes.
Soucieuses d’agir collectivement dans l’intérêt de la Bretagne et de sa population, les organisations signataires ont élaboré une plate-forme en quatre points dont la mise en œuvre est de nature à redonner plus de sens à la démocratie, à libérer les énergies et à mieux armer la Bretagne pour appréhender l’avenir.
Elles invitent, à l’exception de l’extrême-droite, les élus, les organisations politiques, associatives, économiques, syndicales, culturelles… et l’ensemble des forces vives de Bretagne à s’emparer de cette plate-forme commune, à la promouvoir et à se mobiliser pour exiger du gouvernement des réponses positives dans les semaines et les mois qui viennent. 
Des élus bretons, dont plusieurs députés et sénateurs, se sont mobilisés ces dernières semaines, en faveur du processus de réunification de la Bretagne ou de la ratification de la Charte européenne des langues minoritaires. Le Conseil régional de Bretagne administrative propose une contribution au débat sur la décentralisation. De toute évidence, ce n'est pas suffisant, il faut amplifier le mouvement.
En conséquence, les organisations signataires appellent les Bretonnes et les Bretons à agir pour obtenir la satisfaction de ces revendications fondamentales préconisées, pour certaines, par l’Europe.
Les organisations signataires demandent instamment au président de la République, François Hollande, au gouvernement et aux élus bretons :

Charte européenne des langues minoritaires
- De ratifier la Charte européenne des langues minoritaires, comme l’avait promis le président de la République, François Hollande, dans son engagement de campagne n° 56 et de faire voter une loi cadre donnant enfin un statut et une existence légale aux langues régionales, car ces mesures urgentes sont indispensables à la sauvegarde du breton et du gallo. L’Etat doit laisser toute latitude à la Bretagne pour assurer l’avenir de ses langues en assurant un statut de co-officialité à ces dernières sur l’ensemble du territoire breton.

Réunification de la Bretagne
- De prendre sans attendre les dispositions nécessaires permettant la réunification de la Bretagne. D’engager dans ce cadre nouveau, la création d’une collectivité unique, fusion des départements et de la région. Ce qui est possible en Alsace devrait l’être aussi en Bretagne !

Une télévision publique bilingue de plein exercice
- De permettre et de soutenir la création en Bretagne d’une télévision publique bilingue de plein exercice, sur l’exemple de Via Stella en Corse, s’appuyant sur le potentiel technique et humain existant, émettant sur les cinq départements bretons et proposant au minimum 30 heures de breton par semaine et prenant en compte le gallo. Ce nouveau pôle-média doit aussi intégrer une radio publique, émettant en français, breton et gallo, sur l’ensemble de la Bretagne.

Une assemblée bretonne
- De donner à la Bretagne, dans le cadre de la future loi de décentralisation, un statut particulier dotant l’institution bretonne d’une assemblée disposant - à l’instar des       « grandes régions » européennes (Ecosse, Pays de Galles, Catalogne… qui possèdent un véritable Parlement doté de pouvoirs importants) - de nouvelles compétences, d’un pouvoir législatif et réglementaire ainsi qu’un droit à l’expérimentation dans des domaines différents allant de l’eau, la culture… à la politique linguistique...
Ces nouvelles compétences doivent s’accompagner d’un budget et d’une fiscalité adaptés afin de répondre aux défis économiques, sociaux, environnementaux et culturels des années à venir. Si des statuts particuliers sont possibles pour les grandes métropoles de Paris, Lyon et Marseille pourquoi pas pour la Bretagne ?

Les organisations signataires s’engagent à promouvoir de la façon la plus large possible ces revendications auprès des Bretonnes et des Bretons, de ses représentants et appellent au rassemblement des forces vives de Bretagne : économiques, culturelles, sociales, politiques, syndicales, institutionnelles… pour porter ces revendications et pour faire que l’Etat respecte enfin nos droits démocratiques fondamentaux.

L'interview de Yannick Bigouin, (EELV) signataire de l'appel


Interview Yannick Bigouin EELV




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