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Tro Breiz : un guide pour fêter ses 20 ans

Chaque année, au printemps et en été des milliers de personnes arpentent les anciens chemins du Tro Breiz, cet antique pèlerinage aux saints fondateurs de la Bretagne. Relancé en 1994, à l'occasion des 20 ans de son renouveau, un guide vient d'être publié aux éditions Coop Breizh.
Depuis vingt ans, l’Association des Chemins du Tro Breiz organise chaque été une marche annuelle suivie par plusieurs milliers de personnes. Cet antique pèlerinage sur les traces des sept saints fondateurs de la Bretagne, chacun pourra désormais le faire tout au long de l'année seul, avec des amis ou en famille grâce au "guide du Tro Breiz". Dans cet ouvrage, écrit par l'association les Chemins du Tro-Breiz et Bernard Rio (spécialiste du patrimoine et de l’environnement)  mille kilomètres de chemins balisés ont été référencés ainsi que les hébergements, les restaurants, points d’alimentation et sites patrimoniaux.  Le tout agrémenté d'une riche cartographie.



Un peu d’histoire

« Le pèlerinage aux sept saints » plus communément appelé Tro Breiz a retrouvé la ferveur des foules depuis une vingtaine d’années même s’il n’a jamais cessé d’attirer les pèlerins ainsi que l’attestent les carnets de route tenus par les marcheurs bretons.
Ce pèlerinage au long cours s’enracine depuis le haut Moyen Âge en Bretagne. En faisant le Tro Breiz, le pèlerin honore sept évêques du vie siècle considérés comme fondateurs de la Bretagne armoricaine chrétienne   : Pol Aurélien à Saint-Pol-de-Léon, Tugdual à Tréguier, Brieuc à Saint-Brieuc, Malo à Saint-Malo, Samson à Dol-de-Bretagne, Patern à Vannes et Corentin à Quimper.
Ce pèlerinage aux sept saints fondateurs de la Bretagne relie donc les sept cités épiscopales de la Bretagne qui sont Saint-Brieuc, Saint-Malo, Dol-de-Bretagne, Vannes, Quimper, Saint-Pol-de-Léon et Tréguier.

Jadis, le Tro Breiz se déroulait à quatre périodes de l’année, les temporaux, afin de gagner des indulgences ou pour réaliser un voeu. Le temporal de Pâques ouvrait l’année pérégrine suivi par le temporal de la Pentecôte. Le temporal de la Saint-Michel (29 septembre) devait drainer les foules les plus importantes lorsque les travaux des champs étaient terminés. Enfin le temporal de Noël achevait l’année.

Ce tour des sept évêchés correspond à la zone géographique où la langue bretonne s’est répandue au vie siècle, c’est-à-dire la partie la plus occidentale de Bretagne. Avant le Xe siècle, il devait exister des chemins de pèlerinage vers Dol-de-Bretagne depuis Saint-Pol-de-Léon, Quimper et Vannes. En revanche, on ne peut pas affirmer qu’il existait alors un circuit autour de la Bretagne. Une origine préchrétienne du Tro Breiz n’est pas non plus impossible à l’instar de la troménie de Locronan. L’étude des voies anciennes fournira peut-être un jour la réponse ! Toutefois, un "pèlerinage des sept Saints de Bretagne" est attesté au Moyen Âge. C’est le terme qui figure d’ailleurs dans les textes anciens, notamment au XIVe siècle dans le procès de canonisation de saint Yves. Dom Lobineau parle également du pèlerinage des sept saints de Bretagne en 1707 : « Ce voyage était une dévotion si en usage autrefois qu’il y avait un chemin tout au travers de la Bretagne, fait exprès, que l’on appelait, pour ce sujet, "le chemin des sept saints". 

 

L’itinéraire : mille kilomètres en 47 étapes

Le chemin par la côte nord, de Saint-Pol-de-Léon à Dol-de-Bretagne par Tréguier, Saint-Brieuc et Saint- Malo, est peut-être le plus intéressant par la variété des sites qu’il traverse, notamment la baie de Morlaix, la baie de Lannion, la vallée du Trieux, la côte de Goëlo, la baie de Saint-Brieuc, la vallée du Gouessant, la forêt de la Hunaudaye, la vallée de l’Arguenon, la vallée de la Rance, la baie du Mont-Saint-Michel. Cet itinéraire est également jalonné d’une série de sanctuaires, de chapelles, de châteaux et de hauts lieux parmi lesquels Saint-Pol-de-Léon, l’île Callot à Carantec, Locquénolé, Morlaix, Lanmeur, la chapelle des Joies de Guimaëc, Trédrez, le site du Yaudet, Loguivy-lès-Lannion, Brélévenez à Lannion, Langoat, Tréguier, la Roche- Jagu, l’abbaye de Beauport à Paimpol, la chapelle de Kermaria-an-Isquit à Plouha, la chapelle Notre-Dame-dela- Cour à Lantic, Saint-Brieuc, Morieux, Lamballe, le château de la Hunaudaye, le temple de Mars à Corseul, Saint-Suliac, la citadelle d’Alet, Saint-Malo, les rochers sculptés de Rothéneuf, le mont Dol et Dol-Bretagne.

Entre Dol-de-Bretagne et Vannes, l’itinéraire est très différent. C’est une très longue traversée nord-sud de plus de 200 km, essentiellement en pays gallo, ponctuée par des hauts-lieux tels que Dinan, Saint-Méenle- Grand, Tréhorenteuc, Josselin, Saint-Bily à Plaudren, Notre-Dame-du-Loc à Saint-Avé.

Entre Vannes et Quimper, l’itinéraire direct du Tro Breiz se confond pratiquement avec celui de Saint-Jacques. Les itinéraires se séparent à Bannalec, peu avant Quimper. Cependant, comme entre Sainte-Anne-d’Auray et Hennebont, cet itinéraire emprunte très peu les chemins de randonnée, ce guide propose de suivre un itinéraire riche en sanctuaires passant un peu plus au sud par Auray, Ploërmel, Erdeven, Belz et Merlevenez. Après Hennebont, on rejoint le chemin direct par Pont-Scorff, Quimperlé et Le Trévoux. Après Bannalec, la liaison avec Quimper passe dans trois chapelles de pèlerinage qui jalonnaient l’itinéraire antique : le Moustoir à Rosporden, la Trinité à Melgven et Locmaria-an-Hent à Saint-Yvi.

Entre Quimper et Saint-Pol-de-Léon, faute de chemins de randonnée entre Quimper et Brasparts, le guide privilégie un détour par Locronan, le Menez Hom et Le Faou. Après Brasparts, le pèlerin traverse les Monts d’Arrée avant d’entrer dans le pays des enclos et de passer par Commana, Guimiliau et Saint-Thégonnec.

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