La Loire-Atlantique ne pourra pas rejoindre la Bretagne (sauf si...)

André Vallini / © AFP
André Vallini / © AFP

Les départements ne pourront pas changer de région, comme ils le souhaitent, "parce que ça aurait ouvert des débats sans fin", a expliqué André Vallini. La Loire-Atlantique ne pourra donc pas rejoindre la Bretagne, si la réforme est votée lors du débat parlementaire.

Par Sylvaine Salliou et Stéphane Grammont

Le gouvernement n'autorisera pas des départements à changer de région dans le cadre de la nouvelle carte régionale, a confirmé mercredi le secrétaire d'Etat à la Réforme territoriale, André Vallini, à la sortie d'une réunion sur la réforme territoriale à Matignon. Ce qui veut dire que la réunification de la Bretagne est renvoyée aux calendes grecques. Si cette disposition est votée lors du débat parlementaire, il n'y aura donc plus de possibilité pour un département de quitter une région pour une autre. La Loire-Atlantique ne pourra donc pas rejoindre la Bretagne.

Pas de vente des départements au détail

Des voix s'élèvent en Bretagne du côté de Nantes, alors que le projet du gouvernement prévoit de préserver la région Pays-de-la-Loire dans son périmètre actuel. Mardi, Jean-Jacques Urvoas, député PS du Finistère et président de la commission des Lois de l'Assemblée, avait déclaré devant des journalistes qu'avec certains de ses collègues il défendrait "l'idée d'un droit d'option pour les départements" lors de la discussion du projet de loi "sur les compétences des régions". "Les +Bonnets rouges+ sont impatients et n'ont pas compris notre démarche en deux temps" consistant d'abord à "travailler à région à périmètre constant", et ensuite seulement à "défendre un droit d'option".


Une carte qui pourrait évoluer...

L'entourage du Premier ministre, Manuel Valls, avait déjà fermé la porte mardi à ce "droit d'option" permettant de basculer un ou plusieurs départements dans le cadre de la mise en place de la baisse du nombre de régions de 22 à 14. Le Premier ministre avait par ailleurs indiqué plus tôt qu'il "pourrait y avoir des évolutions" sur le découpage entre régions. Concernant l'évolution du projet de loi, Manuel Valls a précisé sa pensée : "Ça ne peut pas être plus de 14 régions, mais si on trouve des solutions dans le débat parlementaire pour moins, c'est ouvert." "Cette carte est soumise au débat, a confirmé A.Vallini, si telle ou telle région parce que les parlementaires le souhaitent très majoritairement, doit changer de rattachement, pourquoi ne pas l'envisager?".

Manifestations à venir

Les partisans de la réunification sont vent debout. Ils ont déjà manifesté hier, ils vont remettre ça très vite. Le comité 44=Breizh appelle à un rassemblement pour la réunification le samedi 28 juin à 14 h devant la préfecture de Nantes. Les Bonnets rouges de St Malo appellent aussi à une manifestation samedi de 10 h à 18 h, sur le barrage de la Rance.

Seule possibilité: un front de députés bretons

Pour le politologue Romain Pasquier, "si effectivement la gouvernement n'offre pas cette possibilité lors de la réforme territoriale, la question du rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne devient très problématique". Mais les chances ne sont pas nulles. "Il faudrait une mobilisation politique très forte, comme une délibération du Conseil Général de Loire-Atlantique, ou un référendum d'initiative locale, qui puissent faire plier le gouvernement". Mais le Président du Conseil Général de Loire-Atlantique, Philippe Grosvalet, ne semble pas disposé à cette issue.

Reste la question législative. L'amendement Molac-De Rugy - le Fur aurait pu offrir la possibilité à un département de quitter une région pour en rejoindre une autre, ce qui aujourd'hui n'existe pas dans la loi. "La seule possibilité aujourd'hui c'est de faire changer la loi, et la seule pression politique suffisante c'est la création d'un "groupe parlementaire" breton à l'Assemblée nationale" explique Romain Pasquier.
 

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Réaction


Christian Troadec ne s'y est pas trompé, "Après le temps de l'enfumage et de  l'humiliation  vient donc désormais celui du cynisme et de la provocation" a-t-il déclaré par voie de communiqué. "Le gouvernement et le PS ne veulent pas simplement fermer la porte à une légitime revendication: ils y rajoutent des cadenas et des chaines  pour s'assurer qu'aucun retour en arrière ne soit envisageable".

 



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