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Marie-Jo Chombard, déportée et résistante pendant le D-Day

Les cérémonies du débarquement ont été lancées ce matin à Caen par le chef de l'Etat. Une journée pour célébrer la liberté retrouvée le 6 juin 44. Une journée aussi d'hommage aux victimes de la guerre et à celles et ceux qui ont résisté, à l'image de la Bretonne Marie-José Chombard de Lauwe. Elle raconte son D-Day.
Le débarquement de 1944, tout le monde ne l’a pas vécu de la même manière. Il y a ceux qui se souviennent d’un saut en parachute, d’autres de l’arrivée des Américains sur les terres normandes. Mais il y a aussi ceux qui étaient alors détenus des camps nazis.

Arrêtée à 19 ans pour son activité de résistante, Marie-Jo Chombard de Lauwe a été déportée dans celui de Ravensbrück. Le seul camp de concentration réservé aux femmes. La grande nouvelle a pourtant franchi les barbelés.

"Les SS laissaient traîner leurs journaux ou mettaient la radio. Grâce à certaines de nos camarades qui parlaient allemand, nous pouvions pointer l’avancée des alliés"

 
A 91 ans, la Bretonne se souvient encore de la "bouffée de joie énorme" qu’elle a ressentie à l’annonce de la nouvelle. Un soulagement de courte durée : "L’idée qui nous tenaillait, c’était : on ne repassera pas l’hiver.  Hélas, il a fallu repasser l’hiver".
 
L’avancement des troupes alliées parait bien lent à Marie-José, comme aux 80 000 autres prisonniers que détient le camp. Coups, tortures, exécutions au quotidien : le régime de Ravensbrück est celui en vigueur dans beaucoup d’autres. "Les alliés n’avançaient pas si vite et les batailles des Ardennes ont traîné… Ça a été le désespoir pour certaines d’entre nous", soupire la rescapée, qui avait été affectée au block 11, la nurserie, où elle est témoins des souffrances subies par les déportées enceintes et leurs nouveaux-nés.
Dans les derniers mois de la guerre, les SS craignent l’avance des forces soviétiques. Des milliers de femmes sont gazées.

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Marie-José Chombard, résistante et déportée

 
Pour Marie-Jo, le retour au pays n’arrive qu’un an plus tard, après le passage par un autre camp, celui de Mauthausen. Le 5 mai 1945, la 11e division blindée de la 3e armée américaine arrive enfin à leurs portes et libère le camp. La résistante met alors le cap sur Bréhat, où tout avait commencé.

Aujourd’hui, Marie-José Chombard de Lauwe est une des dernières grandes figures de la Résistance encore en vie. Présidente de la fondation pour la mémoire de la déportation, à 91 ans, elle continue inlassablement de raconter son histoire : celle d’une jeune fille qui, à l’âge de 17 ans, décide de dire non. 
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