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Callac : à 93 ans, le médecin prend sa retraite à contrecoeur

François Le Men en consultation en 2013
François Le Men en consultation en 2013

François Le Men 93 ans, établi à Callac, était l'un des doyens des médecins généralistes, toujours aux petits soins pour ses patients. Fin décembre, c'est à contrecoeur qu'il a du se mettre en retraite, pour raisons de santé. Un remplaçant devait prendre la relève mais s'est finalement désisté. 

Par Emilie Colin

Cela faisait 60 ans qu'il parcourait les routes de la campagne bretonne, à bord de sa très reconnaissable décapotable rouge, à la rencontre de ses patients. François Le Men, âgé de 93 ans continuait d'exercer son métier, car disait-il "l'âge n'a rien à voir avec la valeur de quelqu'un".  Ce médecin généraliste a commencé sa carrière le 14 mars 1949 à Maël-Pestivien avant de s'établir à Callac. "Pendant la guerre, je me suis inscrit d'abord au PCB (physique chimie biologie), qui correspond à la première année de sciences et après j'ai commencé médecine. Pour faire ce métier-là il faut du coeur, j'aimais les gens, j'étais plutôt un matheux." En 2013, l'une de nos équipes l'avait suivi pendant sa tournée. 

Portrait de François Le Men, doyen des médecins généralistes
Reportage du 23 mai 2013 de F. Bouquillat, R. Duroselle, C. Forget


"C'était ma vie"

​Le 30 décembre dernier, il a du se résoudre à effectuer sa dernière consultation, lui qui travaillait tous les jours même le dimanche : "je n'ai jamais refusé de consultations". Son corps fatigué ne le porte plus : "j'étais obligé de marcher avec des béquilles et j'ai eu des complications cardiaques". Autre coup dur, alors qu'un remplaçant devait prendre sa suite, il s'est désisté sans donner d'explications. "Au dernier moment il n'est pas venu" explique François Le Men qui eu du coup l'impression d'abandonner un peu plus ses patients. 

Son meilleur souvenir ? "C'était l'amitié que j'avais avec les patients, certains que je connaissais depuis le début de mon installation et dont je m'occupais de toute la famille." "Une dame m'a écrit pour me dire qu'on allait beaucoup me regretter et qu'elle se sentait perdue, elle trouvait dure de ne plus être suivi par le même médecin."  saluant dans le même courrier sa disponibilité et son écoute. Joint par téléphone, l'émotion de l'ancien médecin est palpable, lui qui a vécu toute l'évolution de son métier : "A l'époque on faisait tout, les accouchements, les radios à domicile, au lit des malades, de la chirurgie. Une fois j'ai du recoudre la tête d'un homme qui s'était scalpé tout le crâne en tombant de bicyclette... On n'avait pas autant de médicaments, on n'avait rien. Il n'y avait pas de spécialistes, d'assurance. On travaillait nuit et jour. On soulageait la population." Contraint, le docteur doit maintenant se reposer, ce qu'il n'avait pas prévu de faire de sitôt.



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