Accident de Saint-Médard : des victimes déplorent la mise hors de cause de la SNCF

Le 12 octobre 2011 à Saint-Médard-sur-Ille, un train TER a percuté un camion à un passage à niveau. Bilan : trois morts et 61 blessés. / © JEROME FOUQUET/EPA/MaxPPP
Le 12 octobre 2011 à Saint-Médard-sur-Ille, un train TER a percuté un camion à un passage à niveau. Bilan : trois morts et 61 blessés. / © JEROME FOUQUET/EPA/MaxPPP

Une association regroupant des victimes et leurs familles d'une collision survenue au passage à niveau de Saint-Médard en 2011 en Bretagne s'est interrogée mardi sur la responsabilité pénale de la SNCF qui a été exonérée de peine lors d'un récent procès de Rennes.

Par France 3 Bretagne avec AFP

"Contrairement aux drames d'Allinges et de Millas, les juges d'instruction n'ont pas demandé de reconstitution de l'accident", regrette Solidarité Saint-Médard PN11 dans un communiqué transmis à l'AFP mardi.

L'association "reste persuadée que la configuration et l'encombrement de la chaussée étroite ont contribué à l'hésitation du chauffeur du poids lourd dans ses manoeuvres". L'accident était survenu le 12 octobre 2011, quand un camion, équipé d'une grue de levage, avait été percuté par un TER au passage à niveau de Saint-Médard-sur-Ille, sur la ligne Rennes-Saint-Malo. Trois passagers avaient été tués dans l'accident et 61 personnes blessées.

Cinq ans de prison dont 18 mois ferme ont été requis le 20 avril dernier contre le chauffeur de poids lourd, mais aucune peine à l'encontre de la SNCF. Le tribunal correctionnel a mis sa décision en délibéré au 2 juillet.


Les victimes ont regretté que le directeur du bureau d'enquête sur les accidents de transport terrestre (BEA- TT) n'ait pas témoigné à la barre et s'interrogent "sur la conformité du passage à niveau".

La procureure-adjointe Delphine Dewailly avait estimé qu'il pouvait être envisagé une condamnation à l'encontre de la SNCF, mais pour une "faute minime" par rapport à la "faute écrasante" du chauffeur.


La magistrate, qui n'a pas requis de peine à l'encontre de la compagnie ferroviaire, a jugé qu'on pouvait lui reprocher de ne pas avoir ralenti la circulation des trains sur ce tronçon pour donner plus de temps aux poids lourds pour traverser le passage à niveau.

Elle a en revanche balayé les arguments tirés de la dangerosité supposée de ce passage à niveau en raison de la configuration des lieux et notamment de l'étroitesse de la chaussée.


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