L'ardoise extrêmement lourde des travaux du Mont Saint-Michel

Publié le Mis à jour le
Écrit par S.Salliou (avec AFP)

Deux ans après la fin des travaux destinés à le désensabler, le Mont-Saint-Michel redevient bien une île lors de certaines grandes marées, mais le lourd budget indispensable à la poursuite de ce combat, reste à trouver.

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Grâce à l'élégant barrage, construit sur le Couesnon à 2 km du rocher, "les fonds s'érodent très notablement dans un rayon d'un km autour du Mont", assure Franck Levoy, l'universitaire caennais chargé de suivre le projet de maintien du caractère maritime du rocher, dans une baie qui s'ensable au fil des siècles. Mis en service en 2009, le barrage lâche, à cette fin, doucement, deux fois par jour, environ 1 million de m3 d'eau de part et d'autre de la "Merveille" pour y chasser les sédiments.



Autre point clé, la digue-route qui menait au mont et le parking de 4.100 places qui enlaidissait le pied du rocher ne sont plus que mauvais souvenirs. Ils ont été détruits en 2015. Après 10 ans d'études, 10 ans de travaux et 230 millions d'euros d'investissement (dont 185 millions HT d'argent public), on accède désormais au mont par une passerelle. 



Mais pour que le spectacle demeure, de lourds investissements s'annoncent.





Ardoise très lourde à venir





"Noeud du problème", le nouveau parking, construit sur la côte à 2,5 km du mont, et les navettes gratuites, mises en place pour acheminer les touristes, sont très déficitaires.



Certes le déficit, de 2,8 millions en 2015, revient à Transdev, qui gère le parking et les navettes en délégation de service public (DSP). Mais la société, détenue à 70% par la Caisse des dépôts, et à 30% par Véolia qui s'en retire progressivement, réclame 4,5 millions d'euros au syndicat mixte, en plus des 13,5 millions de subventions déjà perçues, en raison de modifications du projet, selon le rapport.



D'autres dépenses, "extrêmement importantes" sont à venir: la DSP prévoit qu'à la fin du contrat en 2022, Transdev se voie rembourser 13 millions d'euros. Une rupture avant 2022 coûterait encore plus cher. En outre, la question se pose déjà du remplacement des navettes, "estimé à au moins 8 millions supplémentaires", selon le rapport.





Recherche d'équilibre





Il faudra investir plus de 6 millions d'euros par an dans l'entretien des infrastructures, la sécurité et la promotion du site. Le barrage pèsera 1,15 million d'euros par an, selon le rapport, en incluant les curages du Couesnon nécessaires pour que les volumes d'eau lâchés ne diminuent pas.

L'ancien préfet de la Manche Adolphe Colrat vient d'être chargé par l'Etat de trouver un "modèle économique qui devra reposer sur les recettes issues de la fréquentation

du site et ne pas donner lieu à des contribution publiques d'équilibre
".



"Un parking avec 2,3 millions de visiteurs par an ne peut être déficitaire", estimait récemment Hervé Morin président UDI de Normandie. Il a bien une idée de financement:

"L'abbaye (gérée par l'Etat) est très bénéficiaire. C'est un des monuments nationaux qui gagne le plus d'argent".



Aucune piste n'est exclue, a indiqué M. Colrat, y compris une augmentation des tarifs du parking, actuellement à 11,70 euros la journée, contre 8,50 euros début 2013.
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