Législatives 2022 . Candidatures dissidentes. La majorité présidentielle tape du poing sur la table

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En Bretagne trois circonscriptions sont concernées par un communiqué de la majorité présidentielle qui qualifie les candidatures dissidentes d'usurpations. A Brest, comme à Lorient et Saint-Brieuc, ces candidats non-investis affichent fièrement leur appartenance à la majorité présidentielle et provoquent la colère des patrons d'Ensemble !

Si d’autres candidats se revendiquent comme appartenant à la majorité présidentielle, il s’agit alors d’une usurpation.

communiqué d'Ensemble ! (majorité présidentielle)

Comme une menace de purge, Ensemble ! a adressé ce lundi 23 mai à l'ensemble des candidats non-investis se réclamant tout de même de la majorité présidentielle un communiqué précisant : "Des procédures seront engagées à leur encontre car cette confusion ne peut persister."

Un communiqué co-signé par Richard Ferrand, Président d'Ensemble ! (Majorité Présidentielle), François Bayrou et Edouard Philippe vices-présidents, et Stanislas Guérini secrétaire général.

Pour les dissidents, ça ressemble avant tout à une tentative d'affirmer un soutien à des candidats en difficulté.

Trois candidats à Saint-Brieuc

Dans la 1ère circonscription de Saint-Brieuc, c'est le maire d'Hillion Mickaël Cosson qui a été officiellement investi par Ensemble ! le samedi 7 mai, selon les voeux du député sortant Modem Bruno Joncour qui ne se représente pas.

Mais la majorité présidentielle sera représentée par trois candidats aux élections législatives de juin 2022. Thierry Simelière ( membre du parti d'Edouard Philippe Horizons) et Romain Faligot (non encarté) maintiennent leur candidature.


Le maire de Saint-Quay-Portrieux Thierry Simelière, qui arbore "avec vous au coeur de la majorité présidentielle" sur son affiche de campagne, dénonce un communiqué "indigne".

Ce sont des menaces de l'ancien monde.

Ronan Loas, candidat dissident


Dans la cinquième circonscription du Morbihan où le député sortant LREM Gwendal Rouillard ne se représente pas, c'est Lysiane Metayer, universitaire membre du parti de Jean-Yves Le Drian Territoires de Progrès qui a été investie par Ensemble !

Mais le maire de Ploemeur Ronan Loas maintient sa candidature, s'affichant aux côtés d'Edouard Philippe sur ses documents de campagne et mentionnant l'étiquette majorité présidentielle sur son affiche officielle.

Pour lui, le communiqué de la majorité présidentielle constitue " des menaces dignes de l'ancien monde" et démontre " de la fébrilité, des doutes sur le choix de leur candidate et ses capacités à gagner".

Il a reçu le soutien "enthousiaste" du sénateur centriste Jacques le Nay, ancien maire de Plouay.

Le soutien du Président

Pour asseoir son appartenance à cette majorité présidentielle, Ronan Loas publie aujourd'hui sur son compte Twitter, comme l'a fait aussi Thierry Simelière, le courrier d'Emmanuel Macron, reçu le 17 mars dernier en remerciement pour leur parrainage aux élections présidentielles.

Drôle de Renaissance ...

A Brest, le député sortant de la 2ème circonscription du Finistère Jean-Charles Larsonneur a appris par la presse que l’investiture officielle était accordée à Marc Coatanéa. Dénonçant des pratiques relevant plus du Moyen-Age que de la Renaissance, il maintient lui aussi sa candidature, et revendique lui aussi son appartenance à la majorité présidentielle sur ses documents de campagne.

Au sein de la Nupes, la guéguerre des investitures, des dissidences et des exclusions n'est pas plus simple. Les partis politiques se réclament tous de nouvelles pratiques démocratiques, mais ont bien du mal à se défaire de leurs vieilles habitudes.