Ploufragan (22) : le laboratoire de l'Anses traque le virus de la grippe aviaire

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Écrit par S.Salliou

Le virus H5N8 a déjà tué des centaines de milliers de canards. Les scientifiques de l'Anses à Ploufragan sont les seuls en France, habilités à confirmer la présence du virus dans les élevages. Depuis le début de l'épizootie, ils reçoivent plusieurs dizaines d'échantillons par jour.

Impossible de rentrer dans les laboratoires de l'Anses à Ploufragan (22), sans montrer patte blanche. Tous les échantillons des élevages touchés par le virus de l'Influenza aviaire arrivent ici. Selon le degré de dangerosité de ces prélèvements, les scientifiques qui les analysent, portent un masque, des lunettes de protection et doivent se changer avant et après de pénétrer dans le laboratoire... Une quinzaine de personnes, travaillent d'arrache-pied, depuis le début de la crise.

Après abattage des animaux contaminés ou suceptibles de l'être, des prélèvements sont envoyés dans les laboratoires départementaux, les plus proches des élevages concernés. Ensuite, quelle que soit leur origine, ils sont analysés à Ploufragan pour confirmation.

Plusieurs dizaines d'échantillons arrivent à l'Anses, chaque jour

Depuis le début de la crise, le nombre de livraisons d'échantillons n'a pas diminué. D'habitude, les scientifiques de l'Anses analysent 1300 échantillons par an, ils en sont à plusieurs milliers depuis le mois de novembre. Ces prélèvements sont analysés et les résultats constituent une banque de données qui permet d’étudier le matériel génétique du virus. Ces données sont transmises au ministère de l’Agriculture, qui décide de la politique à mener pour endiguer l'épizootie.


La traque du virus de l'Influenza aviaire par le laboratoire de l'Anses à Ploufragan

Aucun cas décel​é en Bretagne

Pour le moment, aucun cas n’a été décelé en Bretagne. La région compte plusieurs milliers d'élevages de poulets. Une première chance, le virus H5N8 préfère les canards. Une deuxième chance, les élevages bretons sont pour la plupart confinés dans les bâtiments et risquent moins la contamination par les airs, via un oiseau migrateur par exemple.

Mais rien ne dit qu'il n'y aura pas de contamination en Bretagne, quand on sait que les cas les plus proches ont été repérés sur des canards sauvages dans la Manche et sur un cygne en Loire-Atlantique.

D'où vient ce virus?
Le virus H5N8 a fait parler de lui, en France, en juillet, dans le Sud-Ouest, en novembre, chez des canards utilisés par des chasseurs dans le Pas-de-Calais et en décembre 2016, de nouveau dans le Sud-Ouest. Il vient d'Asie et aurait été transmis par un oiseau migrateur. Il est aujourd’hui, signalé dans 19 pays européens, de la Bulgarie à l’Irlande et de la Finlande à la Grèce. Ainsi qu’en Russie, Ukraine, Israël, Égypte et Tunisie. Il est sans danger pour l'homme, mais très pathogène pour les volatiles. Le virus H5N8 si virulent, induit des taux de mortalité pouvant atteindre jusqu’à 50 % dans les 72 heures. 

Pas de danger immédiat pour l'homme

Pour tenter de limiter la propagation du virus, plusieurs mesures de prévention ont été prises en France, parmi lesquelles l'abattage systématique. Car si ce virus H5N8 n'est pas dangereux pour l'homme, les scientifiques et les politiques restent très vigilants, car ils craignent qu’à moyen terme, en cas de propagation plus importante de la maladie ou d’exposition à d’autres espèces, le virus porté par les animaux ne mute en une forme de "super-grippe" extrêmement agressive et transmissible entre humains.