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Saint-Brieuc, capitale du pinceau

© F. Leroy - France 3 Bretagne
© F. Leroy - France 3 Bretagne

Raphaël et Léonard, ce sont bien évidemment deux grands peintres de la Renaissance. Mais aussi deux fabricants de pinceaux installés depuis plusieurs décennies à Saint-Brieuc. Les deux entreprises viennent d’unir leur destinée pour le meilleur.
 

Par Fabrice Leroy

C’est ce qui s’appelle un mariage de raison. Celui que viennent de conclure le groupe Sauer, déjà propriétaire des pinceaux Raphaël et Isabey, et la société Bullier, à la tête des pinceaux Léonard.

Les deux entreprises familiales sont toutes les deux nées au XVIII ème siècle à Paris. Bullier s’est implantée à Saint-Brieuc en 1866. Sauer l’a suivie en 1925. A l’époque, dans la cité briochine, d’autres entreprises oeuvraient également dans le pinceau. Aujourd’hui, il ne reste qu'eux, derniers fabricants de pinceaux pour les Beaux-Arts et la cosmétique en France. Un savoir-faire que les deux anciens rivaux entendent bien renforcer grâce à leur union, notamment au regard de la concurrence asiatique.
 

Se mêler les pinceaux 


Stéphanie Bullier représente la septième génération à la tête de l’entreprise. Après un premier mariage raté avec le groupe lyonnais Médicos en avril 2017, elle a finalement décidé de se rapprocher de son voisin. "Difficile de se l’imaginer… et une fois que c’est fait, on se demande pourquoi on ne l’a pas fait plus tôt" explique-t-elle dans un grand éclat de rire.
 
Saint-Brieuc : capitale du pinceau
Un reportage de F. Leroy, N. Rossignol, D. Mérieux / avec Stéphanie Bullier, Directrice de Léonard-Bullier - Eric Sauer, PDG de Max Sauer

Avec un chiffre d’affaire dix fois supérieur, le groupe Max Sauer s’est déjà diversifié en rachetant les couleurs Sennelier en 1994. Avant cela, en 1976, il avait déjà ouvert une usine à l’Ile Maurice pour anticiper la montée en puissance des produits asiatiques. Ce mariage permet donc aux deux partenaires de peser davantage dans un marché mondial de plus en plus concentré. C’est la conviction d’Eric Sauer, le PDG du groupe, cinquième génération à ce poste, qui met en avant le "coté offensif et non pas défensif de ce rapprochement". La volonté est bel et bien de renforcer les deux entreprises.

Aujourd’hui 25 personnes sont employées dans l’atelier de Léonard, labellisé entreprise du patrimoine vivant. Chez Sauer, ils sont 150 à Saint-Brieuc et 500 à l’Île Maurice. En travaillant sous la même bannière, tout en préservant chacune des marques, ils offrent désormais un catalogue riche de plus de 5000 références. De quoi faire ou plutôt refaire de Saint-Brieuc une capitale française du pinceau.




 

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