Croisières de luxe en Arctique : le chef d'expédition répond aux associations environnementales

Ponant Icebreaker : le brise glace de luxe de la Compagnie Ponant / © Ponant /Stirling Design International
Ponant Icebreaker : le brise glace de luxe de la Compagnie Ponant / © Ponant /Stirling Design International

Des associations environnementales, Robin des Bois et Greenpeace, ont réagi cette semaine à l'annonce de la construction pour la Compagnie Ponant, appartenant à la famille Pinault, d'un brise glace de luxe, pour des croisières polaires. Le chef d'expédition, Nicolas Dubreuil répond aux attaques.

Par Krystell Veillard

Après l'annonce fin décembre du lancement du premier navire polaire, hybride électrique et propulsé au GNL (gaz naturel liquéfié), les associations Robin des Bois et Greenpeace avaient exprimé leurs craintes quant au développement de croisières dans ces endroits extrêmes et encore préservés du tourisme. Pour eux l'urgence était de mener des actions pour les protéger, plutôt que d'y emmener des touristes. Avec les risques d'accidents potentiels, et le danger d'y transporter des matières dangereuses, du fioul, du gaz, des batteries au lithium... Ce que les associations redoutaient enfin avec ce projet de brise-glace géant, pour croisières de luxe, c'était surtout d'ouvrir une brèche et que d'autres opérateurs touristiques s'y engouffrent.

La réponse du chef d'expédition de la Compagnie Ponant


Le chef d'expédition de la Compagnie Ponant, Nicolas Dubreuil, trouve d'abord "plutôt sain que ces associations réagissent à ce genre de projets et qu'elles remplissent tout à fait leur mission de garde-fou" en faisant cela, même s'il regrette qu'elles ne l'aient pas contacté. "On a besoin de leur expliquer les choses et moi qui me suis occupé du projet, je me suis dit Mince ! Plutôt que de faire ça Aidez-nous !" Le brise glace en question, à la pointe de l'innovation, pour la technologie, et pour le respect de l'environnement, naviguera à partir de 2021. Un navire qui se positionne clairement sur le secteur du luxe, pour des croisières très haut de gamme, dans le but "d'atteindre l'inaccessible" détaille la brochure.
 

"On a mis tout en oeuvre pour faire le plus propre possible"


Nicolas Dubreuil assure que "le bateau a été conçu avec le maximum de précautions. En construisant ce genre de bateau, bien sûr, on pollue, mais on a mis tout en oeuvre pour faire le plus propre possible". Les expéditions dans ces régions sont très encadrées, insiste t-il encore, et on ne peut pas aller partout. "Nous on aimerait devenir les référents en la matière, montrer l'exemple", ce brise-glace géant propulsé au gaz naturel liquéfié (GNL), est doté d'un moteur hybride, avec les derniers équipements technologiques en matière de préservation de l'environnement, "un bateau extrêmement renforcé pour éviter les accidents" et spécialement conçu pour ce type d'expéditions. "Notre but est quand même de préserver ce milieu, pour pouvoir continuer à y aller et à y travailler".
 

© Ponant / Stirling Design International
© Ponant / Stirling Design International

 

"Méconnaissance de ce milieu"


Pour lui, qui mène depuis 27 ans des expéditions en Arctique, il y a une grande méconnaissance du milieu : "Il faut savoir qu'en ce moment en Arctique et en Antarctique, il y a une petite centaine de brise-glaces, pour des expéditions scientifiques, des missions militaires ou pour du ravitaillement. Ils ne nous ont pas attendu pour aller là-bas !"
 

Des croisières de luxe en Arctique


Ces croisières sont prévues pour emmener 270 personnes au maximum, accompagnées de tout un panel de naturalistes, de scientifiques, pour les guider et veiller à leur sécurité, détaille encore le chef d'expédition, pour répondre aux attaques sur le luxe encadrant ces expéditions. "Ce qu'on souhaite, c'est transformer le passager, en quelqu'un qui soit réellement acteur de son voyage" se défend Nicolas Dubreuil "Le luxe il est plus là, dans l'équipage et l'encadrement scientifique de l'expédition, que dans l'équipement et le confort à bord."
 

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