Débats sur les masques à l'Assemblée nationale : Paul Molac défend la régionalisation, Olivier Véran le recadre

Dans le cadre d’un débat sur la gestion des masques avant et pendant l'épidémie de Covid-19, la prise de parole de Paul Molac à l’Assemblée nationale n’a pas plu au ministre de la Santé Olivier Véran. Le député morbihannais voit dans la crise une faillite du centralisme français.

Paul Molac estime que les régions, notamment, la Bretagne, ont pallié les manquements de l'Etat central face au Coronavirus.
Paul Molac estime que les régions, notamment, la Bretagne, ont pallié les manquements de l'Etat central face au Coronavirus. © Thomas Padilla/MAXPPP

"La Région Bretagne a fait des commandes de masques, mi-mars, semble-t-il avant l’Etat, et les a largement distribués à l’ARS (l’Agence Régionale de Santé), aux établissements publics, aux écoles, etc. Donc finalement, la puissance publique régionale se substitue à la puissance publique nationale qui faillit".

Ces phrases, extraites d’un propos plus large de Paul Molac, lundi à l’Assemblée nationale, ont fait bondir le ministre de la Santé, Olivier Véran, présent dans l’hémicycle.

"On n’est pas sur Twitter, Monsieur Molac, on est ici dans l’hémicycle", lui a répondu le ministre qui n’a remplacé que le 16 février Agnès Buzin, partie mener campagne pour la mairie de Paris.

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Réponse d'Olivier Véran à Paul Molac ©Assemblée Nationale


C’est d’ailleurs sur Twitter qu’est venue la réponse de Paul Molac, qui n’a pas eu de temps de parole dans l’hémicycle après Olivier Véran.

Mais pour le député,  la polémique sur les dates n’est pas l’essentiel. "Cette attaque du ministre est une manière de ne pas répondre sur le fond. Ce qui est clair c’est qu’aujourd’hui encore, la Région Bretagne distribue gratuitement, alors que ce n’est pas son rôle, des masques à l’ARS, ce qui signifie qu’il en manque pour le secteur de la santé. Pour moi l’Etat n’a pas vu la crise qui arrivait et n’a pas su réagir rapidement. Et le problème c’est l’organisation administrative de la France, avec des institutions lourdes et coûteuses."


L'exemple des Lander allemands


Le député du Morbihan, par ailleurs conseiller régional, plaide depuis longtemps pour un large transfert des compétences vers les régions, sur le modèle des Lander allemands. "Tous les journaux sérieux comparent la gestion de la crise dans les deux pays et montrent que la gestion décentralisée est plus efficace", ajoute le député.

Des propos qui font écho à ceux de Didier le Gac, député LREM du Finistère, il y a quelques semaines, au moment du débat sur la réouverture des plages et des activités nautiques : "Quand la crise sera derrière nous, il va falloir s’interroger sur la décentralisation, et sur la différenciation d’une région à l’autre pour que les choses ne soient plus gérées comme l’a été le problème de l’accès au littoral." Le député était alors confiant pour qu’une nouvelle étape de la décentralisation soit débattue dans les prochains mois.

Une hypothèse à laquelle ne croit pas Paul Molac. "L’exécutif veut donner plus de pouvoirs aux préfets, renforcer l’administration départementale et régionale. C’est tout le contraire la décentralisation que je souhaite et c’est un vrai problème démocratique", conclut le député morbihannais qui craint un retour en arrière en guise de "monde d’après".

 

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