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Vaccination en Bretagne : une piqûre de rappel

L'agence régionale de santé souligne l'insuffisance de la couverture vaccinale et la Bretagne n'y déroge pas. Les autorités sanitaires estiment que pour éradiquer une maladie, 95% de la population doit être vaccinée. Or pour la rougeole, par exemple, le taux n'est que de 84%.

Par Catherine Deunf

En 2014, notre région a connu des cas de décès par méningite foudroyante. En juin dernier, un garçon de 6 ans est mort de diphtérie en Espagne, une maladie absente des radars du pays depuis 1987. Ces tristes épisodes sont venus rappeler que la vaccination peut sauver des vies. Le docteur Thierry Labarthe, médecin généraliste, membre de l'union régionale des professionnels de santé (URPS) était l'invité de Bretagne Matin. Il nous livre quelques clés.

Bretagne Matin : Le carnet de vaccination a été simplifié ?
Dr Labarthe : Oui, certains rappels ont été supprimés car on a remarqué que les anticorps étaient suffisamment nombreux dans l'organisme avec moins d'injection. Par exemple, les nourrissons qui devaient être vaccinés à 2, 3 et 4 mois ne le sont plus à 3 mois. Les adolescents qui devaient avoir des rappels à 16-17 ans n’en ont plus. Ça passe de 11 à 25 ans maintenant. Pour les adultes, 3 chiffres : 25, 45 et 65 ans c'est-à-dire une vaccination tous les 20 ans. A partir de 65 ans, à cause du déficit immunitaire lié à l’âge, il faut se vacciner tous les 10 ans, pour le tétanos en l’occurrence.

Bretagne Matin : L’agence régionale de santé (ARS) insiste sur l’insuffisance de la couverture vaccinale de nos adolescents ?
Dr Labarthe : Oui, c'est le cas pour la rougeole, la méningite et les cancers du col de l’utérus qui touchent 3000 jeunes femmes par an en France avec 1000 décès. Un vaccin existe, mais seulement un tiers des jeunes filles en âge d’être vaccinées le sont. C’est une catastrophe. En Bretagne, on a eu une épidémie de méningite sur le Finistère et une épidémie de rougeole avec une forte virulence en Ille-et-Vilaine. Il y a 20 ans, on voyait encore des enfants polyhandicapés voire des décès à cause de ces maladies rougeoleuses. La couverture vaccinale n’est pas suffisante, il faut que toutes les personnes nées après 1980 reçoivent cette deuxième dose du vaccin ROR (rougeole, oreillons, rubéole).

Bretagne Matin : 2 collégiens sur 3 ne sont pas protégés contre l’hépatite B ?
Dr Labarthe : C'est exact. A noter que cette vaccination est obligatoire pour tous les professionnels de santé. Le vaccin contre l'hépatite B  est compris dans l’hexa-valence, c'est-à-dire diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, haemophilus et hépatite B.

Bretagne Matin : Et pour la grippe, on se fait vacciner ?
Dr Labarthe : La grippe a entraîné une surmortalité de 18 000 décès l’an dernier. Il faut se faire vacciner. Le vaccin de l’année dernière n’a pas bien couvert la population. Le virus grippal change chaque année et l’an dernier, il a muté entre la fabrication du vaccin et la mise en service. Se faire vacciner évite des complications, des hospitalisations et des morts en grand nombre.

Réaction de Laurence Maillart-Méhaignerie, signataire de la tribune. Députée LREM de la 2e circonscription d'Ille-et-Vilaine