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Un village sans dimanche, un documentaire à voir samedi 2 novembre

Ce film raconte une histoire incroyable, celle de Lanvénégen, village du Morbihan. Ce dernier fut frappé d’interdit par l’évêché de Vannes en 1949 et une quinzaine de ses habitants excommuniés trois ans plus tard. Un film à voir samedi 2 novembre à 15H20.

Par Emilie Colin

Samedi 2 novembre à 15h20, le film "Un village sans dimanche" revient sur un pan de l'histoire bretonne et sur les luttes entre Clergé et la République, qui ont agité la région dans les années 50. Nous sommes après-guerre, le maire socialiste de Lanvénégen est en conflit avec les autorités ecclésiastiques. Les différents entre les deux parties s’enveniment et débouchent sur une succession d’actes exceptionnels dont la fermeture de l’église.
 

Un film sur l'époque où les églises étaient pleines et les villages bretons divisés entre « blancs » et « rouges ».

Si dans l’immédiat après-guerre les trois-quarts des enfants de Lanvénégen vont à l’école « libre », la petite commune du Morbihan « est toujours animée par un esprit voltairien », comme l’écrit le recteur dans le registre de la paroisse. Les élections municipales de 1947 placent en tête une majorité de gauche de 13 conseillers pour 4 de droite. Yvonne Hellou, chrétienne pratiquante, est sur la liste des Gauches, mais elle n’est pas élue. Elle prend la direction du Bureau de bienfaisance.

Le nouveau maire, Jean Cadic, décide une forte augmentation du loyer du curé, l’abbé Le Bris, qui en réfère à sa hiérarchie. Au nom de la tradition établie, Mgr Le Bellec, évêque de Vannes, oppose un refus catégorique. Jusqu’à ce jour, l’Église s’acquitte d’une somme dérisoire pour les quatre hectares de terres qu’elle cultive et les quelques vaches qui y paissent. Le maire rappelle le caractère « républicain et laïque » de sa commune et fait valoir que les bâtiments religieux – l’église, les chapelles et le presbytère – ont été bâtis par des gens de la commune. Il précise que l’argent du fermage ira au Bureau de bienfaisance. Le ton monte. L’Église et l’État sont ici représentés par de fortes personnalités.

Cette dispute ravive un affrontement idéologique jusque là principalement focalisé sur l’enjeu scolaire, entre l’école du « Bon Dieu » et celle du « Diable ». Pour des raisons d’éducation, de foi, ou encore d’organisation de société, les enfants d’une même fratrie sont parfois séparés par l’une et l’autre des écoles. Le fils aîné d’Yvonne Hellou apprend à l’école laïque, tandis que sa sœur jumelle emprunte le chemin près de l’atelier de couture pour rejoindre l’école des religieuses avec sa sœur cadette. La séparation se fait souvent par sexe, et à l’éducation s’ajoutent les enjeux politiques : « rouges » contre « blancs », ou « républicains » contre « calotins ».

Le 6 novembre 1949, à l’issue d’une brève cérémonie religieuse et en présence d’une très nombreuse assistance, Mgr Le Baron donne lecture d’une ordonnance de l’évêque de Vannes annonçant « la sanction la plus grave qu’on puisse prendre à l’encontre d’une paroisse : l’Interdit ». L’église est close, le culte supprimé. Les cordes servant à sonner les cloches sont retirées. Le silence enveloppe la cité et les hirondelles peinent à donner le change. Le recteur fait ses valises, ne laissant sur place que le vicaire instituteur.

Le village perd son dimanche 

Ce jour était le seul, où les paysans affluaient des alentours pour rencontrer leurs congénères, échanger les nouvelles, raconter leurs joies et leurs misères. Les croyants s’en vont désormais par le car, à vélo ou à pied, à la messe dans les communes alentour. L’église est fermée et les commerces se vident.

Durant l’été 1950, sous la pression des paroissiens qui souhaitent la réouverture de l’église, Mgr Le Bellec change de stratégie et décide de transformer l’Interdit collectif en interdits particuliers à l’encontre des 13 conseillers municipaux de gauche et des 2 membres du Bureau de bienfaisance. Le 19 juillet, Yvonne Hellou reçoit un courrier lui annonçant qu’à moins de se rétracter, elle sera excommuniée…

"Un village sans dimanche", un film de Philippe Baron et Corinne Jacob
Une co-production France Télévisions / Vivement Lundi
BA Un village sans dimanche
Ce film sera rediffusé le lundi 2 décembre 2013, à 8h50, dans la case horaire "Des histoires et des vies".

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