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Prospection minère en Bretagne : ce que vous en pensez

Le terril de Plélauff (22)
Le terril de Plélauff (22)

Pour enrichir les débats sur le plateau de « hd, l’heure du débat », nous avons sollicité vos commentaires. Quels risques, pour quels bénéfices ? Voici ce que vous nous avez répondu.

Par Stéphane Grammont

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De la prospection minière en Bretagne. Pour vous, quels sont les risques ? Pour quels bénéfices ?


« Il y a de multiples exemples dans d'autres pays.....quel est le bénéfice de détruire un site ? Remplir les poches des actionnaires ? »
Infirmière retraitée, Centre Bretagne

« La prospection minière engendre des perturbations des équilibres écologiques naturels, peut générer des effondrements de terrains, être source de pollution des eaux et des sols et de nuisances sonores. Mais elle peut aussi apporter un développement économique durable: formations, emplois, et donc dynamiser des régions »
Nathalie, Saint-Malo (35400)

« Pas de risques! Travaux à faibles impacts et suivi environnemental continu du projet. Réhabilitation obligatoire. Avant tout travaux d'exploration, l'entreprise se doit de fournir une notice d'impacts qui sera étudiée par la DREAL, les communes, le ministère de l'environnement qui délivreront alors leur accord ou non »
Benoît, 28 ans, géologue, Douarnenez (29).

« Les matières premières sont partout dans notre quotidien et en France on a la chance d'avoir une réglementation très encadrante, des industriels responsabilisés et accessibles à la discussion
soit on accepte de valoriser le sous sol, soit on vit tous nus »
Sandra de Paris

« Les chances que la prospection soit fructueuse, c'est à dire qu'elle mène à l'exploitation d'une mine est faible car elle dépend de nombreux facteurs qu'ils soient économiques mais aussi environnementaux et politiques »
Dennis, géologue spécialisé en exploration minérale,  région Auvergne/Rhône-Alpes.

« Les risques sont minimes à mon avis! Les bénéfices seront de l'emploi et un accès à des ressources rares et convoitées » *Alban, Loire (42)

« On ne peut pas se baser sur les anciennes mines qui étaient en activité en France dans les années 80 et 90, a cette époque l'environnement n'était pas pris en compte. »
Hugo, Saint Jean Le Blanc (Loiret), doctorant en métallogénie

« Pour le moment il n'y a pas de risque à prendre étant donné le cour des ces métaux (en particulier le tungstène, le zinc et le germanium), en effet, je pense que, actuellement, l'exploitation de ces derniers ne serait pas rentable »
Léo T.

« Risques sur la pollution des nappes phréatiques, risques sur la dégradation des sites (à la place des collines on aura des trous,  quel beau spectacle pour les riverains et les touristes) »
Elisabeth - Originaire et habitante de Caurel-22530

« Un système hydrologique breton particulier (sur un socle rocheux fracturé) qui mettront en péril une activité agricole qu'il faut encourager vers une reconversion plus raisonnée. Une activité minière industrielle incompatible avec un tourisme vert qui se développe en centre Bretagne. »
Douarre Samuel, membre du collectif Mines de rien (PER de Silfiac)

« A l'étape de la prospection minière les risques sont nuls pour l'environnement et les populations. Avant de s'affoler il faut voir si les réserves sont avérées ou non. Si elles le sont alors il faut se poser la question de savoir si la France veut à nouveau se positionner dans le domaine minier et retrouver un certain élan économique »

« La qualité de notre vie va en pâtir : trafic de camions démultiplié sur nos petites et étroites routes de campagne. Pour en retirer quoi : rien pour la population »
Véronique Bubry (Morbihan)

Un projet de prospection aura lieu près de chez vous, avec peut-être des retombées d’emploi. Comment réagissez-vous?


« Tout dépendra de la transparence du projet en matière de risques pour l'environnement et les populations, mais aussi des impacts positifs pour la région. Les personnes concertées pourront ainsi peser le pour et le contre »
Nathalie, Saint-Malo (35400)

« On ne parle ici que d'emploi très spécialisés, aucun ouvrier non qualifié habitant les zones concernées »
Anton, Montfort sur Meu

« Favorablement ce n'est que de la prospection, s'il y a une suite, demander de la concertation et connaitre le projet »
Sandra de Paris

« Personne n'est enchanté à l'idée de voir un hypermarché, une zone industrielle, une station service ou un fast food s'installer devant chez soi pour les nuisances visuelles, sonores ou olfactives que cela génère. La mine, qu'elle soit à ciel ouvert ou en souterrain (associée la plupart du temps à une usine de traitement sur site) ne déroge pas à la règle mais souffre d'une vision biaisée de cette activité qui date des gueules noires. »
Bruno Rosso, Saone et Loire


« Tout dépends des conditions d'exploitations du gisement. Sans revenir sur les normes environnementales : Quel est la durabilité du projet (une mine exploite des ressources finies donc n'est pas éternelle)? Quels sont les plans de réinsertions professionnels des employés à la fermeture du site? Comment la mine va s'impliquer dans l'activité locale (juste un rôle d'employeur ou investissement dans les activités associatives locales par exemple) ? »
Hugo, Saint Jean Le Blanc (Loiret), doctorant en métallogénie

« Un projet d'exploration est situé à proximité de chez mes parents dans une région qui manque d'activité. les emplois, même peu nombreux sont les bienvenus dans cette zone et les populations et élus locaux l'ont bien compris. de mon côté je ne peux qu'être favorable. »

« Vous dites bien " peut être", en effet, les techniciens ne seront pas issus des locaux au chômage, et nous pouvons tout à fait générer des emplois notamment dans le tourisme et les énergies "vertes". Certainement pas avec les mines »
Elisabeth - Originaire et habitante de Caurel-22530

« Super! Je postule, je suis même prêt à déménager, si c'est trop loin de chez moi. »
Peio. J'habite à la campagne.

« Ma priorité, si un projet de prospection a lieu près de chez moi sera de me renseigner au mieux sur les objectifs et les méthodes de la compagnie qui explore. Il est important de la part de ces compagnies d'être le plus accessible et transparent possible avec la population locale. C'est l'unique moyen que le projet puisse réussir, établir une confiance mutuelle. Sachant cela, j'en serai ravi. »
Guillaume, géologue,Toulouse

« Je suis aujourd'hui riverain d'un Permis Exclusif de Recherche minière. Je n'utiliserai donc pas le conditionnel pour répondre à cette question : il n'y a aucune retombée sur l'emploi. Sur 3 ans de recherche, 2 contrats CDI de jeunes précaires non qualifiés ont été signés sur 4 mois pour des temps partiels payés au SMIG. Cela n'a en rien pérennisé leur situation. »
Marc EDELINE, Lussat (23170)


Des métaux rares recherchés pour nos téléphones, nos ordi, nos télé…stop ou encore ? Chez les autres, pas chez moi ?


« Stop, il faudrait réduire nos équipements. Pas besoin de plusieurs téléphones, télévisions, etc par famille ! » Centre Bretagne, infirmière retraitée

« Les métaux rares il y en a déjà beaucoup sur le marché, un meilleur recyclage des appareils informatiques usagés permettraient de compenser la fermeture des mines sauf que ce recyclage est anecdotique. » Anton, Montfort sur Meu

« Pour développer l'énergie de demain, nous avons besoin des gisements de métaux d'aujourd'hui!!! Il faudra apprendre à moins consommer mais aussi à mieux recycler dans le futur. » Benoît, 28 ans, géologue, Douarnenez (29).

« Les métaux rares (pas si rares que ça d'ailleurs) sont utilisés dans d'autres industries de pointe tel que les énergies décarbonnées et leur consommation ne cessera d'augmenter. Leur importance est selon, soit stratégiques soit critiques. Les principaux producteurs à l'heure actuelle se situent en Chine et dans la Régions des Grands Lacs Africains. » Dennis, géologue spécialisé en exploration minérale,  région Auvergne/Rhône-Alpes.

« Nous avons besoin et nous allons avoir de plus en plus besoin des métaux rares et stratégiques car ils sont, au delà des biens de consommation courante, indispensables à la transition énergétique et à la plupart de nos industries. » Lucien, originaire de la région nantaise, enseignant chercheur en géologie à l'Institut Polytechnique Lasalle Beauvais

« Je ne connais personne dans mon entourage qui ai dit non à internet, aux téléphones portables. Alors plutôt que d'acheter les ressources à l'étranger produire nos biens de consommation, c'est peut être l'occasion de produire nous même les ressources de nos "Fairphones" (http://www.fairphone.com/). » Léo T.

« Assumons nos besoins, exploitons chez nous les matériaux que nous possédons. Il y aura une meilleure maîtrise des paramètres environnementaux, sociaux et sociétaires. » Thierry, Rhône Alpes

« Pour les Terres Rares il y a peu de chances en Bretagne. Mais pour des métaux stratégiques comme le Tungstène ou le Germanium, ou L’Étain, etc., pourquoi pas, y compris chez moi... » Michel, résidant en Ile de France, avec ascendance et intérêts bretons en Côtes d'Armor.

« Sans approvisionnement suffisant, c'est une grande partie de notre industrie qui peut s’effondrer comme l'aéronautique ou l'armement. Il est donc important de pouvoir être en partie autonome sur ces métaux en les exploitant nous même ou en collaboration avec des pays dit "amis" tels que nos voisins européens. »

« Je serai contente de dire stop le jour où les populations ne consommeront plus de métaux rares... Le syndrome NIMBY (Not In My BackYard) est trop facile; on en veut pas chez nous mais cela ne nous dérange pas d'utiliser tous ces métaux dans tous nos appareils aux détriments des populations le plus souvent les plus démunies » Floriane, originaire de Bourgogne, géologue dans les mines de Nouvelle Calédonie.

« L'attitude qu'il faut avoir c'est chercher autrement des métaux qui existent ailleurs et tout près de chez nous : dans le recyclage par exemple : il y a tant de téléphones portables, téléviseurs et autre électroménagers qui contiennent des métaux rares... » Véronique Bubry (Morbihan)

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