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HD, l'heure du débat

Heure de l’échange, de la réflexion autour de questions de société, pause nécessaire pour prendre du recul sur l’actualité, mais aussi mettre l’accent une fois par mois (le dimanche à 11 h ) sur un sujet qui vous concerne.
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La viande fait-elle toujours recette ?

La viande a t-elle encore sa place dans nos assiettes ? / © MaxPPP
La viande a t-elle encore sa place dans nos assiettes ? / © MaxPPP

Crise de la vache folle, scandale des lasagnes à la viande de cheval, vidéos d’animaux maltraités dans des abattoirs ou des élevages, crises sanitaires, depuis plusieurs années, la filière viande est à la peine. L'émission l'Heure du débat fait le point dimanche 2 avril à 11 h. 

Par Isabelle Rettig avec E.C

Alors que plusieurs scandales ternissent la filière viande, de plus en plus de consommateurs choisissent de réduire leur consommation quand ils ne deviennent pas "vegan" .  Pourtant en France, cette filière fait vivre 800 000 personnes. De plus, la Bretagne est la première région d’élevage du pays. Dans ces conditions, comment parvenir à concilier enjeux sociétaux, environnementaux et économique ? 

Dimanche 2 avril, à 11 h, l'Heure du débat fera le point avec ses invités : Paul Auffray, éleveur de porcs dans les Côtes-d'Armor et Président de la Fédération Nationale Porcine (en duplex de Brest), Isabelle Dudouet-Bercegeay, ancienne présidente de l’Association des végétariens de France, déléguée de l’AVF en Loire Atlantique et co-fondatrice du Parti Animaliste, Geoffrey Le Guilcher, journaliste, auteur de "Steak Machine", Jean-Louis Peyraud, directeur scientifique adjoint agriculture INRA, Docteur Jérome Bernard-Pellet, médecin nutritionniste et spécialiste du végétarisme et végétalisme

Pression des associations de la cause animale


L’association L214 fait beaucoup parler d'elle. Dans l'une des ses dernières vidéos, on y découvre un élevage de porcs ou les animaux sont élevés dans des conditions déplorables : porcelets vivants qui côtoient les morts, hygiène douteuse. L’association n’en est pas à son coup d’essai. C’est à elle que l’on doit ces images de poussins mâles broyés dès la naissance, là encore en Bretagne, car inutiles pour les éleveurs de poules pondeuses.  

C’est elle, enfin qui a révélé les mauvais traitements dont sont victimes vaches, porcs, moutons lorsqu’ils arrivent dans certains abattoirs. Le Vigan, Mauléon, Limoges, près d’une dizaine d’établissements  ont ainsi été pointés du doigt. Le procès des salariés de l’abattoir du Vigan et de leur employeur s’est ouvert le 22 mars. La décision du Tribunal Correctionnel d’Alès pourrait faire jurisprudence. 

D'autres images ont eu aussi le mérite de mettre en lumière le travail qu’effectuent dans l’ombre les salariés du secteur. Hommes et femmes, obligés de tenir des cadences infernales sans pouvoir toujours bien faire leur travail. Des conditions que dénonce le journaliste Geoffrey Le Guilcher dans Steak Machine. Pendant 6 semaines, il a travaillé incognito dans un abattoir breton des Côtes-d’Armor. A l’un des postes les plus difficiles : le dégraissage. Entre 55 et 63 vaches et veaux  l’heure défilent devant les ouvriers qui n’ont ni  le temps de chômer ni le droit à l’erreur. Et tant pis pour les corps endoloris, les dos et les bras qui font mal. 


Consommation en chute mais…


Depuis 20 ans, en France, la consommation de viande n’a cessé de chuter.  En moyenne, nous mangeons 86 kg de viande par an et par habitant,  avec une préférence affichée pour la volaille et le porc, au détriment du bœuf. Une consommation qui reste néanmoins élevée au regard de celle de certains pays émergents même si le Brésil ou la Chine sont en train de nous rattraper (en Chine, la consommation est passée de 3Kg en 1961 à 63 kg aujourd’hui). Aujourd’hui, les 7 milliards et demi d’humains que nous sommes engloutissent 311 millions de tonnes de viande par an soit 10 000 kg à la seconde. Et au train où vont les choses, il faudra 142 milliards d’animaux en 2050 pour nourrir la planète.

Alors ne serait-il pas temps nous aussi, de ralentir la cadence ? C’est ce que se disent vegan et flexitariens (ceux qui mangent encore de la viande mais en plus faible quantité) qui militent pour un élevage plus raisonné, voire même dans les cas extrêmes, pour  la suppression pure et simple des élevages.

Une filière en danger


En Bretagne, première région d’élevage française qui produit à elle seule quasiment la moitié des porcs et des volailles de l’hexagone et un tiers des bovins, c’est 55 000 personnes qui dépendent des vaches, cochons et autres poules, de batteries essentiellement ! La filière est déjà durement touchée par les baisses de prix, les hausses des matières premières, la crise du lait, étranglée par les grandes surfaces et les industriels de l’agro-alimentaire.

Un enjeu environnemental ? 


Parmi les arguments qui jouent aujourd’hui contre l’élevage, il y a aussi les arguments environnementaux. L’agriculture en général et l’élevage en particulier produit du CO2, du méthane qui favorisent le réchauffement climatique. Sans parler de l’azote, du phosphore ou de l’ammoniac qui provoquent pluies acides et marées vertes. Mais il y a le revers de la médaille. Sans animaux dans les prés, quid de nos paysages, de l’entretien de nos campagnes, du maintien de la biodiversité?

Un enjeu de santé ? 


La viande plus très bonne pour la santé ? C'est ce que dit un rapport de l’OMS en 2015 qui accuse certaines viandes rouges, viandes transformées et charcuteries de favoriser certaines pathologies comme les maladies cardio-vasculaires ou certains cancers. Même l’ANSES a conseillé cette année de réduire sa consommation de viande et de charcuterie et d’augmenter les légumineuses et les céréales complètes.

Alors, faut-il éradiquer la viande de nos repas ? Faut-il, comme commencent à le faire les américains, nous tourner vers des viandes in vitro, entièrement conçues dans des éprouvettes, ou vers ce que l’on appelle de la viande végétale, fabriquée  avec du soja ou du blé ? 

En France déjà, les industriels de l’agro-alimentaire ont bien compris tout l’intérêt que représentaient ces viandes sans viande qui valent de l’or. Ou faut-il plus simplement diminuer notre consommation tout en privilégiant des viandes plus saines, issus d’élevages responsables, abattus dans des établissements soucieux du bien-être animal ?

La viande, toujours dans votre assiette ?


Répondez à notre questionnaire et donnez-nous votre avis sur votre consommation de viande. 






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