Littoral - Le magazine des gens de mer

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Anne Quéméré et son enfance en voyage

La personnalité d'Anne Quéméré est d'un grand soutien pour la recherche, toujours active, du voilier Grain de Soleil. Lorient, 2013
La personnalité d'Anne Quéméré est d'un grand soutien pour la recherche, toujours active, du voilier Grain de Soleil. Lorient, 2013

La passion d'Anne Quéméré pour le voyage est ancrée dans son enfance. De ses petites rencontres, elle en retire de grands rêves. Devenue navigatrice, elle relève des défis fous, se frayant le chemin des possibles dans le vague de l'impossible.

Par Violette Goarant

Le terrain s'y prêtait pour qu'elle se donne toute entière : « Mes parents nous ont ouvert l'esprit à la navigation. Ils nous montraient qu'il y avait toujours plus loin. Lorsqu'on naviguait, on partait de la Forêt-Fouesnant ou de Bénodet pour aller aux Glénan. Puis, on allait plus loin, vers d'autres îles, puis, plus loin et encore plus loin ! Dans nos têtes d'enfants, petit à petit, on se rend compte que l'horizon n'a pas cette limite qu'on veut bien lui donner. A partir de là, tout est possible, » sourit-elle.

Le moment fort de son enfance

Un petit événement fait grand effet sur l'enfant qu'elle fut : « Quand j'étais en CP, je me souviens d'une petite fille qui nous a rejoint en cours d'année. Elle venait de Casablanca. Moi, je n'avais jamais quitté Quimper. J'imaginais le lointain vers les îles mais c'était par la mer ! La carte de géographie ne voulait absolument rien dire pour moi. On nous a montré où était Casablanca. Subitement, ça a rendu réel un lieu où je n'imaginais pas que des gens y habitaient. Des gens qui parlaient ma langue, en plus ! Ça m'a beaucoup interpellée. J'ai eu la chance de l'avoir à côté de moi, et elle est devenue ma meilleure amie. J'ai eu une fascination pour la vie dont elle me parlait. Je m'en souviens comme d'un moment fort. A partir de là, j'ai toujours voulu voyager».

Adolescente à la bougeotte

Anne a dix-sept ans lorsqu'elle part pour son premier voyage : « J'ai réussi à soudoyer une autorisation de quitter le territoire signée par mes parents, pour partir en stop en Suède. Je suis partie me promener pendant les vacances d'été. Je n'avais aucune notion du risque ! Pourquoi la Suède ? Je n'en sais rien. Peut-être parce que j'avais déjà une attirance pour le froid... »

« Il y a longtemps que je voulais rencontrer les glaces » 

En 2010, Anne est partie au Groenland pour huit semaines : « C'était une vraie découverte, il y a longtemps que je voulais rencontrer les glaces. Je préférais d'abord y aller avec des gens qui ont la connaissance, afin d'écouter, apprendre et sentir aussi. Je voulais voir si, entre le rêve et la réalité, il y avait un gouffre ou une réelle envie. » Quand le rêve tutoie l'action, Anne se jette à l'eau : « Mes projets sont d'abord travaillés dans ma tête et puis, il y a ce déclic qui arrive ! C'est à partir de là que j'ai envie de le faire. » Puisqu'à cœur voyant, rien n'est impossible.