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Assises de la mer: L'édito

Les acteurs attendaient que Jean-Marc Ayrault fixe des échéances claires et rapides. Les congressistes ont retenu un résultat en demi-teinte. Quant au ministre de la Mer Frédéric Cuvillier, il a répondu croissance bleue. Un édito de Pascal Vannier.

Par Aline Mortamet

« Je veux une ambition maritime pour la France ». En rappelant les engagements publics de François Hollande, Francis Vallat, le patron des acteurs de l’activité maritime française a donné le ton des 9èmes assises de la mer, avant que le Premier Ministre rejoigne l’assemblée.
« On attend le soleil d’Austerlitz » a-t-il ajouté signifiant combien la communauté des gens de mer souhaitait retrouver une considération, parfois même refusée au ministre de tutelle Frédéric Cuvillier au sein de son propre gouvernement. Combien elle souhaitait aussi des décisions aux échéances rapides pour assurer sa sécurité et sa compétitivité. Raymond Vidil, le président des armateurs, l’a rappelé quand il s’agit d’embarquer des équipes de sûreté car rappelle-t-il « des raisons diplomatiques et logistiques interdisent à la Marine Nationale de supporter l’intégralité de ces missions contre la piraterie. ». Accélérer la mise en forme, autrement-dit  encore et notamment sur le programme innovant des E.M.R, les énergies marines renouvelables. La satisfaction sur un nouvel appel d’offres n’a de frein que l’absence d’échéances précises le concernant, a regretté Jean-Marie Poimboeuf, l’homme fort du Groupement d’Intérêt des Industries de Construction et d’Activités Navales : « Il nous faut des calendriers de projets.» demande-t-il. Et si le Premier Ministre a bien précisé que le travail sur les schémas des plans Etat-régions avait démarré, notamment dans la région Languedoc-Roussillon, lieu de déroulement des assises, il apparaît que le temps presse avec un rendu de copie courant du premier trimestre 2014.   

Mais, un vent de déception a enveloppé une partie des participants aux assises, sur la rapide intervention du Premier Ministre à propos de la pêche. Le secteur emploie 24 000 marins embarqués. Jean-Marc Ayrault a souhaité que la pêche « soit abordée au niveau communautaire dans toutes ses dimensions sociales, environnementales et économiques…Nous plaidons pour une approche équilibrée en la matière. » Georges Dachicourt, qui a porté le Comité National des Pêches dans tous ses combats des dernières années, regrette de « n’avoir rien entendu sur l’aquaculture, ni sur la conchyliculture. Rien non plus sur le débat du moment autour de la pêche des grands fonds ».

Alors, finalement Frédéric Cuvillier, le ministre des Transports en charge de la mer, aura sans doute apporté la synthèse attendue en harmonisant l’intervention de Jean Marc Ayrault sur deux volets, socles de la « croissance bleue ». La formation maritime, clé du dynamisme du secteur et emplois de demain. Et un deuxième volet, visant à combler le retard de la France en termes de politique maritime intégrée européenne. Jamais cette feuille de route n’avait été écrite. Le défi maritime est bien un enjeu de demain. Les congressistes avaient tous envie de l’entendre.
Pascal Vannier