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Bugaled, 10 ans déjà, et une enquête qui ne refait toujours pas surface

© AFP - Marcel Mochet
© AFP - Marcel Mochet

Les juges d’instruction souhaitent que le dossier soit refermé. Les familles ne comptent pas se laisser faire… Aujourd'hui, cela fait 10 ans que l'enquête est ouverte; aucune vérité ne s'est imposée officiellement sur le dossier. Revue de presse sur le ras le bol des parties civiles.

Par Aline Mortamet

Hier, les juges ont considéré qu’il n’y avait pas d’éléments suffisamment nouveaux pour rouvrir l’enquête. Au contraire, ils ont estimé que les neuf années d’instruction avaient fait le tour de la question, et qu’il n’y avait plus lieu de poursuivre l’enquête.
A ce jour, l’enquête s’arrête donc sur la responsabilité "hautement probable" d’un submersible dans l’origine du drame : un sous-marin aurait croché les funes du Bugaled, et envoyé le chalutier par le fond.

L’éditorialiste du Télégramme Pascal Bodéré revient sur les atermoiements de cette justice qui ne sait plus où donner de la tête, avec ce titre : Quand le juge coule l’instruction. Les juges, finalement délocalisés à Nantes depuis 2010, ont retoqué toutes les demandes d’investigation complémentaires. Les avocats des parties civiles sont unanimes pour dénoncer l’inversion de la charge de la preuve : " Ils nous ont demandé d’apporter des motifs d’investigation. Ils ont oublié que c’était aux juges d’enquêter, et pas aux parties civiles d’apporter des preuves ".

L’armateur Michel Douce a jugé "scandaleuse" cette décision. "Cette affaire doit vraiment gêner du monde, pour qu’ils en arrivent là". Jacques Losay, réalisateur du film The silent killer dénonce le "mépris des juges".

Les parties civiles ont donc annoncé qu’elles feraient appel de cette décision ; puis, qu’elles envisageraient un pourvoi en cassation, voire en cour européenne de justice. Et une enquête en Angleterre va également s’ouvrir…

Rappel des faits

Le drame eut lieu le 15 janvier 2004 : le chalutier, immatriculé à Loctudy (Finistère), sombre dans les eaux internationales au large du cap Lizard, en Cornouailles britanniques. Cinq marins ont péri. Des exercices militaires de l’OTAN avaient lieu sur zone avec des sous-marins de diverses nationalités : le hollandais Dolfijn, officiellement le plus près du lieu du drame, l’anglais Turbulent autour duquel persistent des zones d’ombre, le français Rubis, et l’espion américain.
Les avocats des parties civiles réclamaient notamment l’audition du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian
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