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Des hommes de défis, le Français de Forfar Beer

Seul tête nue , au premier rang, Laurent Casalonga au milieu de ses camarades, lors de la campoagne de Hollande. / © Rita Casalonga
Seul tête nue , au premier rang, Laurent Casalonga au milieu de ses camarades, lors de la campoagne de Hollande. / © Rita Casalonga

Ce samedi 14 juin, nouvel épisode de des Hommes de Défis avec le raid Forfar Beer, lancé sur la plage de St-Pierre-en-Port en Haute-Normandie. Un raid qui montre que les fusiliers marins du Commando Kieffer ont , aussi et activement participé à la préparation du Débarquement avec les Britanniques. 

Par Pascal Vannier

Sur la côte d'Albâtre, Saint-Pierre-en-Port est une jolie petite échancrure dans ces falaises de calcaire qui domine la Manche. Dès 1942 des reconnaissances photographiques, cible cette plage, célèbre pour son casino et sa promenade. Les Allemands ont des positions de défense intéressantes à connaitre. Et les commandos britanniques aux ordres des Opérations Combinées de Winston Churchill et Lord Moutbatten vont aller faire un tour sur les galets haut-normands. 10 hommes dont un Français, Laurent Casalonga, venu rejoindre Philippe Kieffer en Écosse pour y intégrer le commando des Français Libres, qui ne va pas seulement se contenter de débarquer aux côtés des unités de Lord Lovat le 6 juin 1944, sur la plage de Sword Beach, devant Ouistreham, mais aider à la réussite du Jour J.

Pour la première fois, une opération coup de poing de ce type va durer plus de quelques heures. Les hommes vont rester à terre trois jours et avoir la chance de rencontrer,Romain Lavenu qui va assurer la sécurité du Français et de deux de ses camarades britanniques, au creux de la falaise.

Dans un rapport tenu longtemps secret et conservé dans la banlieue de Londres, à Kew, aux archives nationales anglaises, Laurent Casalonga, raconte ses échanges avec ce pêcheur autochtone, d'abord surpris de cette visite qui aurait pu lui coûter cher, dans ces temps d'occupation. Extrait de ce rapport- dans ses mots- et de sa rencontre avec Romain Lavenu sur la plage même :

"On se salue et la première des choses qu'il me dit c'est que de vite qu'il a su qu'on était là il est venu parcequ'il veut nous donner un coup de main. De sa poche il sort des cartes postales, où on distingue très nettement St-Pierre vu de la mer....Il nous explique avec un vif intérêt où sont postés les mitrailleuses boches, où sont les canons, les mines, les baraques, le HQ - enfin il nous donne tous les renseignements possibles.
Il y a 40 hommes qui occupent le village.....On continue à discuter, ils me montrent (son frère surtout. Ndlr : venu rejoindre les deux hommes) les cartes de ration pour le tabac, pour les pommes de terre etc, les nouveaux billets de 20 francs, etc...Ils me disent que les boches sont démoralisés et que le matin même un Allemand qui était retourné de Berlin, de permission, lui a dit :" Germany Kapout ! Germany Kapout". Eux Français sont contents de voir cela mais il ne faut pas qu'ils le montrent car il se font arrêter, même s'ils regardent un avion britannique passer."



Eric Lavenu, au premier plan, ne s'attendait pas à la visite de l'historien Stéphane Simonnet, grâce à qui, une partie de l'histoire de son père lui est revenue. / ©
Eric Lavenu, au premier plan, ne s'attendait pas à la visite de l'historien Stéphane Simonnet, grâce à qui, une partie de l'histoire de son père lui est revenue. / ©


Ce travail autour des raids avant le Débarquement permet, un vrai moment d'émotion, quand Stéphane Simonnet, le spécialiste du Commando Kieffer rencontre pour la première fois le fils de Romain Lavenu, Eric qui raconte l'histoire de ce père taiseux qui avait tenu secret son rôle dans la réusite de Forfar Beer, pratiquement jusqu'à la fin de ses jours.


Fabrice Hacout, à la caméra et Jean-François Claire, réalisateur, là où les commandos britanniques et Laurent Casalonga ont débarqué en septembre 1943. La météo n'était pas tout à fait la même ! / ©
Fabrice Hacout, à la caméra et Jean-François Claire, réalisateur, là où les commandos britanniques et Laurent Casalonga ont débarqué en septembre 1943. La météo n'était pas tout à fait la même ! / ©