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Littoral

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GI's noirs et oubliés

Des fossoyeurs du cimetière provisoire de Sainte-Mère-Eglise.Juin 1944. / © NARA -Washington
Des fossoyeurs du cimetière provisoire de Sainte-Mère-Eglise.Juin 1944. / © NARA -Washington

Ce samedi 7 juin Littoral s'arrête sur les troupes de couleur qui ont assuré une grande partie de la logistique nécessaire à la progression du front, depuis le port de Cherbourg. L'histoire n'a retenu que les exactions de ces soldats noirs et oublié leur contribution à la victoire sur le Reich.  

Par Pascal Vannier

En 1944, l'armée américaine ne compte q'un seul officier supérieur noir dans ses rangs, le Brigadier Général Benjamin O'Davis Senior.
Après la libération du port de Cherbourg les 26 et 27 juin 1944, il aura un rôle déterminant auprès des 8000 hommes de couleur qui composent les bataillons portuaires pour leur redonner confiance au regard du rôle qu'ils jouent au coeur de la logistique américaine. Ces hommes sont interdits de combat dans une armée qui pratique la ségrégation. A l'exception d'une escadrille de chasseurs et d'un bataillon de tanks, les soldats noirs sont affectés uniquement aux transports. 

GI's noirs et oubliés



En France, rares sont les historiens qui s'intéressent à cette partie de la présence américaine dans le grand port du Nord-Cotentin. Le film de Pascal Vannier et Jean-François Claire s'est charpenté autour de la thèse réalisée par Stéphane Lamache, docteur en Histoire et Cherbourgeois de naissance. Seul Stéphane Lamache en a étudié tous les aspects, y compris ceux qui, de manière cyclique, reviennent au devant de la scène, à savoir les viols dont les Noirs sont accusés. Les rumeurs sur des exécutions expéditives de coupables noirs autour de Cherbourg sont encore présentes. Et ceux qui les portent, décrivent aussi la peur qu'avaient les femmes dans leurs familles, tout en refusant d'en témoigner publiquement.  

Neuf bataillons portuaires sont affectés à une tâche quotidienne éreintante, jamais en dessous de douze heures d'astreinte quotidienne. Et comme l'écrit Stéphane Lamache le sacrifice de ces hommes ne se traduit pas par le sang versé mais plutôt par l’abnégation et la ténacité dont ils font montre.
A l’automne 1944, Cherbourg est devenu le premier port du monde, là où le travail des bataillons portuaires se traduit aussi en chiffres impressionnants : 270 000 tonnes de matériel manutentionné en deux mois.
Cherbourg restera sous tutelle américaine jusqu’au 17 octobre 1945, date officielle de sa restitution aux autorités françaises.

DES CROQUIS DU PORT DE CHERBOURG

De Cherbourg premier port du monde à l'automne 1944, le second diaporama que vous propose Littoral est fait de quelques images inédites et originales. A la Librairie du Congrès de Washington figurent les carnets de Victor Alfred Lundy, soldat artiste de la 26ème division d'infanterie américaine. Il se trouve à Cherbourg en septembre et consacre une partie de ses dessins à l'activité générale qui règne au port à ce moment. Victor Alfred Lundy a consigné aussi toute sa campagne de Normandie ainsi que la progression de sa division vers le Nord.

Victor Alfred Lundy