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Littoral - Le magazine des gens de mer

Le dimanche à 12 h 55, rediffusé nationalement le mardi à 9 h 20
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Gwen Pennarun, un ligneur de bar en accord avec Bruxelles

Gwen Pennarun, un ligneur de bar en accord avec Bruxelles / © France 3
Gwen Pennarun, un ligneur de bar en accord avec Bruxelles / © France 3

La commission européenne a décidé d'interdire la pêche au bar aux chalutiers pélagiques jusqu'au 20 avril. Les ligneurs se réjouissent de voir leurs revendications enfin satisfaites: le repos biologique du poisson sera bien respecté ! Un entretien inédit mené par Claire Louet. 

Par Aline Mortamet

Gwenn Pannarun est l'invité du magazine Littoral cette semaine. C'est un un pêcheur artisan de Sainte Marine, et par ailleurs, président de l’association des ligneurs de la pointe de Bretagne. En exclusivité pour France 3, il évoque l'importance de respecter la période de fraie du bar, et la nécessité absolue de suivre le repos biologique du poisson. Dans un contexte où Bruxelles vient de décider d'interdire la pêche du bar aux chalutiers pélagiques jusqu'au 20 avril, inutile de vous dire que le ligneur est un homme heureux... Un entretien mené par Claire Louet, de France 3 Iroise

La décision de la commission européenne vous réjouit-elle ?

Oui, ça fait des années et des années qu’on attend ça. Notre association est très contente de ce qui vient de se décider à Bruxelles. C’est une prise en considération de ce qu’on demande depuis 20 ans Ça va permettre au stock de bar de se requinquer, alors qu’il était en très mauvais état. C’est le résultat d’années de lutte contre ces pélagiques qui pêchent le poisson en période de fraie. Le gros hic, c’est vraiment qu’ils pêchent du poisson pendant qu’il se reproduit.

Du coup, le bar ne se reproduit plus, et ce sont des grands bans de poissons, très regroupés, donc les pélagiques profitent de les attraper à ce moment là… En très grosses quantités ! Pour nous, c’est du carnage.

Pourquoi l’interdiction ne concerne-t-elle que les pélagiques, et pas les ligneurs ?

Chacun défend son bifteck, mais après, nous, on n’a pas une pêche qui détruit grand-chose. Et puis, nous, on a fait des efforts, ça fait une quinzaine d’années qu’on arrête de pêcher le bar pendant cette période là. Et là, on n’est pas contre passer à de nouvelles propositions. On veut bien passer à quarante centimètres demain. On n’est pas bloqués, mais là effectivement, c’est une mesure d’urgence, et il semblerait que ce soient les pélagiques qui en fassent les frais, effectivement. Après il faudra que tout le monde fasse des efforts, mais eux (les pélagiques), c’était la première chose à aborder.

Pourquoi les zones d’interdiction sont-elles si importantes ?

C’est des zones où tout le poisson, des zones françaises et anglaises vient se reproduire. Et donc, ce sont des quantités phénoménales. Le poisson, sur ces zones, est apparemment assez figé. Et du coup, ils arrivent à les pêcher en très grosses quantités.

Gwen Pennarun, ligneur de bar, et les pélagiques

Qu’est ce que l'on connaît aujourd’hui du stock de bar ?

Pas grand chose en Atlantique. Mais on sait qu’il est très mauvais état sur la zone Manche.

Est-ce que, depuis que vous pratiquez le repos biologique (depuis 15 ans environ), ça a évolué ?

Pas énormément, malheureusement. Nous, on ne pêche pas de grandes quantités. Même si nos collègues bolincheurs nous ont suivi, et les pêcheurs de la plaisance aussi, on voit bien que le problème n’est pas là. Il y a d’autres prédateurs, bien plus importants que nous, et qui le ciblent, et qui lui mettent vraiment une claque.

Connaît-on les quantités de bar pêchées par an en France ?

Aujourd’hui, c’est un peu plus de 5000 tonnes. Les pélagiques doivent être à 1600. Nous à 6 ou 700. Et après, ça se répartit entre senne, fileyeurs, et chalut.
Donc il faut que ce soit l’ensemble des métiers qui fasse un effort, bien sûr… si l’on veut continuer à pêcher du bar demain. Si on avait géré ça entre pêcheurs français depuis 2006, on ne serait pas en train d’attendre des décisions de la commission européenne. Oui, la date du 20 avril, ça peut paraître démesuré, mais il fallait anticiper…

Gwen Pennarun, ligneur de bar

 

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