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Littoral - Le magazine des gens de mer

Le dimanche à 12 h 55, rediffusé nationalement le vendredi à 8 h 10
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Jacques Gamblin : « Je me sens encore mieux sur la mer que sur un plateau de théâtre »

Un comédien qui aime la mer, et le sens de l'amitié / © Littoral
Un comédien qui aime la mer, et le sens de l'amitié / © Littoral

A l’ occasion d’un tournage dans le golfe du Morbihan, une équipe de Littoral a rencontré Jacques Gamblin. Le comédien a raconté son goût de la mer et son sens de l’amitié. Derrière l'acteur se cache un amoureux des bateaux et de la navigation. Un entretien exclusif à découvrir.

Par Aline Mortamet

Né à Granville dans la Manche, Jacques Gamblin a fait ses premiers pas de comédien sur les planches de Bretagne (Rennes et Saint-Brieuc). Au cinéma, c'est Claude Lelouch qui le révèlera au grand public avec Tout ça pour ça !. Il enchaînera ensuite quelques très grands succès publics, comme Pédale Douce (1995), Les Enfants du Marais (1998), Le Premier Jour du reste de ta vie (2008) et tout récemment, en 2014, De toutes nos forces et Week-endsRevoir l’émission Quatre garçons dans le vent. Mais derrière le comédien, il y a aussi le navigateur, et c’est vers celui-là que nous avons re-tendu nos micros… 

La Bretagne et la mer

J'ai commencé à faire ce métier en Bretagne, avec le théâtre du Totem à Saint-Brieuc. J'avais 17 ans, 18 ans. J'ai vécu en Bretagne Nord pendant plusieurs années, dans différents endroits et puis maintenant je rejoins plutôt le Sud. Peu à peu, je pose un peu mes valises par ici. Et c'est le bon endroit. Je ne sais pas comment dire ça, c'est simple.
Et la mer, parce que c'est l'endroit où je me sens le mieux, je me sens encore mieux sur l'eau que sur un plateau de théâtre. Ca aussi, c'est une sensation incroyable et toujours pareille. Dès que je me sépare même à un mètre de la terre, tout de suite il y a quelque chose qui se passe. Je ne sais pas si c'est la sensation d'être flottant, d'être nulle part. C'est tout le temps en mouvement, il n'y a plus que ça, tout le reste se barre. Je ne pense plus qu'à une seule chose et cette chose là me remplit alors c'est bien.
Je suis né à Granville et je ne sais pas voilà, oui. J'ai toujours un peu de mal à chercher des adjectifs pour essayer de décrire au plus précis les sensations qu'on a parce qu'à un moment donné j'ai toujours envie de me taire.

Le corps, le spectacle et les sensations

A l'arrivée c'est des sensations qu'on doit provoquer. Le public ne vient pas pour entre guillemets réfléchir, il vient pour que son corps lui offre des frissons, pour rire, être ému, avoir envie de bouger. Je trouve qu'un spectacle, si ça ne se traduit pas par une réaction physique, organique, c'est raté pour moi.
Quand je pense aux spectacles que j'ai envie de faire, j'essaie de penser à ça, dans quel état je sortirai de la salle après le spectacle, l'état dans lequel se trouve le public quand il est là et qu'il s'en va, qu'est-ce que son corps a comme mémoire après coup. C'est ça qui fait qu'un spectacle a de la résonance. Pour moi tout est lié, la tête et les jambes ça fonctionne ensemble, si c'est trop dans la tête il se passe rien dans le corps… Tout ça est un équilibre assez savant, qu'on découvre au jour le jour.
Et le bateau c'est pareil, c'est des sensations. Quand il règle des voiles, Thomas Coville le dit très bien, c'est à l'oreille : il peut fermer les yeux, il sait si ses voiles sont bien ou mal réglées. Et c'est vrai aussi pour les relations humaines. Qu'est-ce qui fait qu'on est proche ou en affinités avec quelqu'un, c'est chimique.

La dernière création : 1h 23' 14'' et 7 centièmes

(Une création avec le danseur Bastien Lefèvre, et le théâtre Anne de Bretagne de Vannes)
C'est vrai que le temps, là aussi on est vraiment dans quelque chose d'universel, que ce soit pour battre un record ou le temps d'une vie. Ça démarre de zéro et à un moment donné paf ça s'arrête, donc soit on le vit dans l'urgence et si c'est trop dans l'urgence, on ne profite plus de rien.
Qu'est-ce que c'est, qu'est-ce qu'on fait de ce temps ? C'est la question, tous les matins, tous les jours, c'est la question. Le temps qu'on gagne, le temps qu'on croit qu'on perd, toutes ces notions je trouve ça passionnant. Le temps de l'amitié, aussi. Si on n'a pas le temps pour ça, on rate des choses. On ne met pas toujours les choses au bon endroit.

Le temps de l'amitié, du temps de gagné

L'amitié, c'est du temps de gagné ! Avec Thomas Coville, Alex Tassel, et Damien Grimont, on ne se connaît pas depuis très longtemps mais c'est une très très belle chose qui arrive dans ma vie. Il y a eu dans ma vie des moments de ruptures, des amitiés qui s'envolent, comme disait Jacques Bertin, l'écharpe nouée des amitiés qui s'envolent ", une très belle chanson. 
Tous ces gens-là sont dans la passion et dans la passion, on peut oublier l'autre, parce que… ça va vite, on est dans son truc quoi. On a des métiers qui vous prennent complètement la tête, Et assister à la passion des autres et aux différentes étapes de la construction de ce que chacun fait, c'est très reposant aussi, et puis c'est être là… Etre là, avoir du temps pour être là. Pour pouvoir communiquer, faut être là, pour savoir de quoi on parle.
Les spectacles, les bateaux, ils se construisent, c'est merveilleux, le plaisir que les gens prennent à les voir, c'est immense… Mais ça s'envole. Alors que les gens autour de soi, peu à peu qui trouvent de la place, que ce soit de la place en amour, en amitié, à qui on laisse de la place, ça, ça peut rester

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