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Littoral - Le magazine des gens de mer

Le dimanche à 12 h 55, rediffusé nationalement le vendredi à 8 h 10
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Jules Dupré, peintre océan, dans le Val d’Oise

© photo Henri Delage
© photo Henri Delage

« La nature n'est rien, l'homme est tout. »Nul n’ignore cette phrase célèbre, juste peut-être son auteur : le peintre Jules Dupré ,Nantais et mort à l’Isle-Adam, dans cette ville du Val d'Oise qui révèle la seconde nature de ce paysagiste reconnu avec l'expo La mer toujours recommencée.

Par Pascal Vannier

« La nature n'est rien, l'homme est tout. »Nul n’ignore cette phrase célèbre, juste peut-être son auteur : Jules Dupré , peintre originaire de Nantes et décédé à l’Isle-Adam, dans cette ville des bords de l’Oise où le musée d’Art et d’Histoire Louis-Senlecq nous remet en mémoire que Jules Dupré ne fut pas seulement un grand paysagiste dont Eugène Delacroix admirait les ciels, mais un superbe zélateur du rivage.
En ce sens, La mer toujours recommencée, esprit de l’exposition ouverte jusqu’au 13 avril 2014, est beaucoup plus qu’un rappel. C’est une véritable révélation à partager et à comprendre. Les spécialistes de Jules Dupré pensent qu’elle est née, chez lui, grâce à un artiste des Pays-Bas, reconnu au XVIIème siècle, Jan Van Goyen, auteur notamment d’une Marine par temps orageux, que Dupré avait « sans doute remarquée au musée des Beaux-Arts de Rouen », pendant sa période d’étude de la peinture hollandaise.
L’analogie, un peu plus tard, avec l’influence du maître anglaise John Constable sur le Dupré des paysages campagnards est inévitable. Voilà donc bien un artiste total, ému de la terre et de la mer. Ci-dessous, Orage en mer a été peint vers 1880 (photo Henri Delage).
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150 tableaux d’inspiration maritime c’est le volume du catalogue raisonné de Jules Dupré, autrement-dit de l’inventaire le plus complet possible de ses œuvres et leur localisation. C’est également le socle d’une interrogation au cœur de cette exposition : La mer comme autoportrait ? L’argumentation qui offre des éléments de réponse doit être donnée dans son intégralité :
« Ces marines mélancoliques où Jules Dupré cherche à saisir le mouvement précisément insaisissable des vagues et des nuages sont traversées par la même inquiétude  métaphysique que les vues de sous-bois qui l’ont rendu célèbre. Le traitement de cette série d’œuvres tardives dans la carrière du peintre est empreint de la touche romantique qui caractérise ses débuts au Salon. »
Sublime illustration : Environs de Southampton réalisé en 1835 et considéré comme le chef-d’œuvre de sa période anglaise. Le tableau a d’ailleurs été  acquis en 2011 par le musée d’Art et d’Histoire Louis-Senlecq.
Jules Dupré passa 45 ans de son existence à l’Isle-Adam et il possédait une maison à Cayeux-sur-Mer, dans la baie de Somme, acquise en 1865. De ses séjours estivaux, naîtront des séries de marines d’une grande sensibilité. 
Si l’Isle-Adam salue ainsi l’un de ses plus brillants concitoyens, c’est également l’occasion, pour la ville du Val d’Oise située à la croisée des chemins entre les ports maritimes de la façade atlantique et Paris de perpétuer ses liens étroits avec la mer. Et la manifestation Val d’Oise Océan de choisir cette exposition parmi ses découvertes culturelles inédites.