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Littoral - Le magazine des gens de mer

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L'amiral Yves Lagane: « la mer, un monde qui ne triche pas, avec de l’engagement et des vraies valeurs»

Yves Lagane, président du jury 2014 des Ecrans de la Mer
Yves Lagane, président du jury 2014 des Ecrans de la Mer

Président du jury des Ecrans de la mer 2014 à Dunkerque, l'amiral Yves Lagane est resté très impliqué dans le monde maritime, après plus de trente ans au service de la Marine nationale. Il a notamment assumé la présidence de l’association SNSM pendant huit ans. Entretien en exclusivité.

Par Aline Mortamet

Yves Lagane est un marin professionnel, doublé d’un plaisancier averti. Après une longue et brillante carrière militaire, il n'a cessé de poursuivre son investissement maritime dans le bénévolat. Jusqu'en 2013, il était président de la Société Nationale des Sauveteurs en Mer. Depuis, il est aussi vice-président de l'association Eric Tabarly, et président du Yacht Club de France.
Cette année, il s'apprête à découvrir de l'intérieur tout l'univers du documentaire et du film de mer... grâce au festival de Dunkerque, qui aura lieu du 15 au 17 mai 2014.

Pourquoi avez-vous accepté de présider le jury des Ecrans de la mer ?

J’ai dit oui à cause de Dunkerque, qui est une ville que j’aime bien. Je n’en suis pas du tout originaire, mais j’ai eu l’occasion de la découvrir à deux titres, comme préfet maritime et comme président des sauveteurs en mer. C’est une ville sympa, très accueillante où on fait la fête. Je ne suis pas un grand spécialiste de cinéma, mais j’aime la mer. Et c’est la raison pour laquelle j’ai accepté.

Le festival met en avant trois grands thèmes : l’écologie, l’aventure et les sports nautiques, et les métiers de la mer. Qu’est ce qui compte le plus à vos yeux ?

Un peu les trois sujets, mais s’il faut mettre des priorités, je mettrais en avant l’aventure et les métiers de la mer. Pour moi, c’est un milieu superbe, qui est une école de vie, qui nous apprend à nous coltiner avec un monde qui ne triche pas, un monde où on s’engage vraiment, et qui est porteur de valeurs qui doivent dominer dans la société de demain : la responsabilité, l’engagement, la solidarité, et le respect.

Là, on entend l’amiral quand vous parlez ainsi…

Oui, mais c’est un amiral qui a été reformaté par huit années de responsabilité d’une association bénévole comme la SNSM, et je peux vous dire que le sauveteur en mer, ce n’est pas du tout le marin de la Marine nationale. Et puis c’est un amiral qui est aussi reformaté par un monde plus soft, qui est celui du Yachting. C’est donc un amiral qui a été sacrément transformé, quand même…

Est-ce que vous croyez que la France a acquis aujourd’hui une culture maritime ?

Les choses ont beaucoup changé ces dernières années. D’abord, il y a eu une explosion des loisirs maritimes. Des centaines de milliers d’enfants qui vont dans des écoles de voile, ce n’est pas anodin ! Eric Tabarly a sûrement eu un rôle très important là dedans, et il faudra l’analyser.
Après, c’est vrai que les métiers de la mer traditionnels comme la pêche ont souffert. Mais à côté de ça, il y a eu une prise de conscience assez récente. Et le grand événement pour moi, c’est le Grenelle de la Mer, une occasion de partage d’idées et d’analyses sur la mer, la création d’un réseau qui a eu des suites concrètes, comme les parlements de la mer par exemple. Avant, quand on parlait de la mer, on parlait de la qualité des eaux de baignade. Aujourd’hui, on parle de parc marin, de développement durable, de modèle équilibré, etc.
Enfin, il y a une autre dynamique, celle du Cluster maritime français. Là aussi, on a développé des problématiques transverses, et on a réussi à imposer aux politiques de penser la mer autrement.

Quel est le rôle d’un festival comme les Ecrans de la mer pour le grand public ?

Des événements comme ça ne peuvent que contribuer à mieux faire connaître notre culture maritime. Le but d’un festival, c’est de donner un coup de projecteur sur des documentaires de qualité, et donc les aider à se commercialiser, et être diffusés. C’est un média complémentaire. Je ne connais pas bien ce monde là, mais cette expérience m’intéresse au plus haut point !

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