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Littoral - Le magazine des gens de mer

Le dimanche à 12 h 55, rediffusé nationalement le vendredi à 8 h 10
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L'homme de Marmara

Le roman d'une escale et le parcours de cinq hommes, du temps où l'on traçait la route sur des cartes, et où l'on profitait de la vue de la passerelle, avec Istanbul à l'horizon... Un livre d'Olivier Bass, chroniqué par Nolwenn Jacob.

Par Aline Mortamet

Plus qu'un récit maritime, L'homme de Marmara est le roman d'une escale, le cheminement de cinq hommes qui apprennent, au travers de l'autre, à se connaître eux-mêmes. Escale à Istanbul en 1961, dans un moment de troubles et de changement de régime en Turquie, escale imprévue au moment de rentrer au port, à Marseille,  après des mois en mer.

Destins croisés de marins aux origines diverses, Charles Keller, l'opérateur radio alsacien hanté par l'image d'un père disparu au front, enrôlé dans la Wehrmacht, et dont il n'y plus jamais eu de nouvelles, Erwann Abgrall, le finistérien pragmatique, Marcel Janvier, le Chef Mécanicien, l'autre alsacien du bord, le vieux Guillemot, commandant du navire, dont c'est le dernier embarquement, et leur rencontre en mer de Marmara avec un homme noyé, recueilli et soigné à bord, qui porte en lui les souvenirs d'un pays disparu, la Géorgie, englobée dans l'Union Soviétique triomphante.

L'homme de Marmara est le temps des hommes en escale, le temps de tracer la route sur les cartes, de réparer des machines, d'écouter de la musique ou de profiter de la vue de la passerelle sur la ville, le temps d'attente de l'ordre d'appareiller à nouveau, une escale ayant pour décor la ville antique coupée par le détroit du Bosphore, une escale traversée par le récit d'une Géorgie mythique plus qu'historique, et de la poésie de Heredia.

Un livre de recul sur soi et sur son histoire à travers de celle d'une partie du monde dont on dit qu'elle a vu naître notre civilisation. Un extrait :
« Guillemot sortit sur l'aileron bâbord. Istanbul, minute après minute, se profilait. Dans la tiédeur du matin, l'odeur d'amande douce mélangée à celle du poisson et des algues monta de la mer jusqu'à lui. Ces effluves entêtants, qu'il avait déjà décelés la veille au matin devant l'île d'Imrali, il devait ne  jamais les oublier. C'était le parfum de la mer de Marmara. Il comprit, ce matin-là, qu'il reconnaîtrait à jamais cette mer intérieure les yeux fermés, comme il était capable d'identifier Singapour, Djakarta ou Tokyo seulement à l'odeur de leurs eaux.»

Editions La Découvrance
19 euros




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